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Elections municipales 2020 : la rentrée des maires et conseils municipaux élus au 1er tour, entre joie et frustration

Du 23 au 28 mai, les conseils municipaux élus dès le 1er tour des élections peuvent enfin s’installer, après plus de deux mois d’attente. Focus sur deux villes, Châteauroux (Indre) et Lèves (Eure-et-Loir), qui ont choisi de faire leur rentrée respectivement en public et à huis clos.

Installation du conseil municipal de Châteauroux le 23 mai 2020. Une fois à leur place, les élus ont eu l'autorisation d'ôter leur masque pour s’exprimer plus librement.
Installation du conseil municipal de Châteauroux le 23 mai 2020. Une fois à leur place, les élus ont eu l'autorisation d'ôter leur masque pour s’exprimer plus librement. © Châteauroux Métropole
En temps normal, les conseils municipaux et les maires élus s’installent officiellement quelques jours après le scrutin. En temps normal. A cause du confinement, sur 121 communes de plus de 3.500 habitants en région Centre-Val de Loire, 76 % des édiles élus dès le 1er tour ont dû attendre plus de deux mois.
Ils peuvent désormais faire officiellement leur rentrée entre le 23 et le 28 mai. Mais encore une fois à cause de la crise sanitaire du coronavirus, les conditions d’installation s’avèrent inédites, avec la distance physique d’un mètre, le gel hydro-alcoolique et les masques, mais aussi beaucoup de questions : la salle du conseil municipal permet-elle d’accueillir tous les élus en respectant la distanciation physique ? Faut-il le faire en public ou à huis-clos ? 

A Châteauroux, l’installation s’est faite ce samedi 23 mai au matin, avec un public très restreint.

On voulait vraiment du public et je tenais à ce que cela se fasse dans la salle du conseil municipal, c’est une symbolique forte, et l’ensemble de l’équipe était partante là-dessus,

explique Gil Avérous, maire (LR) sortant réélu le 15 mars dernier avec 70,06 % des voix. Un besoin collectif de se retrouver après plusieurs déconvenues : “On a déjà eu la fête gâchée le soir du 1er tour où on était à moins de 48 heures du confinement. Notre grand meeting trois jours avant avait été annulé car on ne pouvait plus faire de rassemblement. On avait déjà eu pas mal d’événements, de moments de joie et de partage qui n’ont pas eu lieu.” Un “pas mal” qui résonne comme un “trop”.


Joie et tristesse

Mais la présence du public n’est pas pour autant synonyme de foule. En plus d’un siège sur deux condamné dans la salle du conseil municipal, “on a calculé la surface disponible et le nombre de personnes qu’on pouvait accueillir en plus des élus”, explique le maire. La taille du lieu leur a permis de recevoir 16 personnes, “8 invitées par la majorité, 8 par les groupes d’opposition”. 

Ils étaient donc une soixantaine à vivre officiellement l’installation du conseil de Châteauroux, un nombre bien en-deçà de la normale qui rend l’ambiance plus austère qu’à l’accoutumée.
Je l’ai vécu très différemment de ma 1ère élection, raconte Gil Avérous. En 2014, il y avait un public nombreux, l’installation avait eu lieu six jours après le 2d tour, on était encore dans l’effervescence de la victoire, alors que là, avec les deux mois de confinement, l’enthousiasme est retombé."

Il y avait de la joie, de l’émotion mais pas le plaisir d’avoir ses supporters autour de soi.

De la joie notamment pour les nouveaux adjoints et élus qui attendaient ce moment, et de l’émotion aussi à cause d’un drame. "Une jeune adjointe réélue le 15 mars est décédée, souffle le maire. On a commencé par une minute de silence en sa mémoire et il y a eu des larmes. Cet élément particulier a rendu cette installation encore plus atypique”.


En direct sur YouTube et Facebook

Une installation atypique, c’est aussi ce que vont vivre les conseils qui vont prendre leurs fonctions dans les prochaines heures, comme Blois (Loir-et-Cher), Olivet (Loiret), Saran (Loiret) ou Vierzon (Cher). Ces derniers ont opté pour le huis clos avec une diffusion en simultané sur le site internet de la ville ou la page Facebook de la mairie. 

Une expérience que va aussi connaître Rémi Martial, maire (LR) sortant réélu de Lèves (Eure-et-Loir) avec 71,41 % des suffrages. Ce lundi 25 mai à 20h30, l’installation sera retransmise en direct sur la chaîne YouTube de la commune
 
On sait que les conseils d’installation attirent du monde, constate le maire. C’était plus simple de faire une diffusion internet que d’être dans une salle pour essayer d’avoir péniblement 10 personnes.

Il faut dire que si la salle est assez grande pour accueillir les élus en respectant la distance physique recommandée d’un mètre, elle ne permet pas de recevoir davantage de monde. “La salle du conseil municipal fait 128m2, on sera 29 élus, il y aura trois autres personnes (deux administratifs et le cadreur pour le direct), on sera 32, soit pile 4m2 chacun", calcule-t-il.

Dans les cas où la salle du conseil est trop petite, les municipalités ont la possibilité de se réunir dans un autre lieu. Mais pour Rémi Martial, “la salle du conseil reste le lieu le plus symbolique. Comme il y a l’espace suffisant, on a pris ce parti.”


Empressement et frustration

Ce moment de la prise de fonctions officielle, lui et son équipe l’attendent avec empressement. “On est très contents, on a envie de s’attaquer à nos projets, d’avancer. II y a une impatience notamment des nouveaux élus, raconte Rémi Martial. Mais il y a aussi un peu de frustration du fait qu’on ne soit pas avec du public. En 2014, lors de la première installation, il y avait beaucoup de monde, et on sait qu’un grand nombre de personnes aurait aimé y assister cette année.”

Ces dernières pourront suivre le déroulé sur YouTube, un outil que le maire utilise depuis la campagne électorale. “Pendant le confinement, on a fait quatre sessions d’échanges de 2 heures, les deux dernières portaient sur la réouverture des services et des écoles. C’est pas mal, c’est un moyen supplémentaire de maintenir un contact avec les habitants. Mais cela ne remplacera jamais le contact physique”, nuance-t-il.
 

Préparation d'un plan de crise

Il réfléchit déjà à d’autres échanges à venir, même si sa priorité reste les conséquences de la crise sanitaire sur sa commune. “Mon inquiétude, c’est l’impact économique, les trois à quatre ans qui viennent risquent d’être très durs pour les collectivités, prédit-il. J’ai demandé à ma nouvelle équipe de réfléchir à un petit plan de crise et d’économie pour voir quel type de décision on peut prendre rapidement pour anticiper la crise.” 

Les nouveaux élus devoir aussi rapidement plancher sur le coût des investissements de la commune. Quels investissements maintenir, quels travaux repousser, ou encore vont-ils être obligés d’en annuler ? Autant de questions qui occuperont le début de mandat du conseil municipal.
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