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Les candidats de la quadrangulaire d'Orléans divisés sur le second tour des municipales en juin

Le gouvermement a finalement fixé une date, réversible, pour le second tour des élections municipales. Cette campagne en pleine période de pandémie divise les candidats à la quadrangulaire d'Orléans.

Le fronton de la mairie d'Orléans
Le fronton de la mairie d'Orléans © GUILLAUME SOUVANT / AFP
Ce vendredi 22 mars, Edouard Philippe a annoncé que le second tour des municipales se tiendrait le 28 juin. "Après avoir pesé le pour et le contre, nous pensons que la vie démocratique doit reprendre ses droits", a expliqué le Premier ministre, lors d’une conférence de presse à Matignon.

Précisant que cette décision était "réversible" si la situation sanitaire devait se dégrader, le chef de l’exécutif a ainsi annoncé qu’une "clause de revoyure" était prévue avec le Conseil scientifique et interviendra d’ici deux semaines afin d’envisager un nouveau report, au plus tard en janvier 2021.

Mesures sanitaires et vote par procuration : les conditions du scrutin

Le ministre de l’Intérieur a ensuite précisé les mesures à mettre en place pour le vote. Certaines sont identiques au premier tour: marquage au sol dans les bureaux de vote afin de faire respecter la distanciation physique, gel hydroalcoolique ou accès à un point d’eau pour se laver les mains, utilisation d’un stylo personnel…

Christophe Castaner a cependant ajouté le port du masque obligatoire (à minima grand public) pour les votants, ainsi que le port de masques chirurgicaux pour les membres des bureaux et les scrutateurs lors du dépouillement. Ces masques seront financés par les communes "avec le soutien plein et entier du gouvernement", a-t-il précisé.

Le ministre de l’Intérieur a par ailleurs évoqué des pistes afin d’assouplir les règles du vote par procuration, en particulier pour les résidents des Ehpad. "Pour les personnes fragiles vivant à leur domicile, un officier pourra aussi se rendre chez elles pour recueillir les demandes de procuration". Fait exceptionnel, Christophe Castaner a également allongé la durée de la campagne électorale à un mois au lieu de 5 jours habituellement, précisant que cette dernière ne devait pas devenir "un facteur du virus". Les candidats devront donc faire "campagne différemment", at-il expliqué, en privilégiant notamment le numérique et les débats dans les médias.
 

La réaction de Baptiste Chapuis, candidat PS-PCF


France 3 : La date des élections a été fixée au 28 juin. Est-ce que vous souhaitiez ?

On n'est pas décisionnaire, c'est le gouvernement qui décide. Sur l'organisation du vote, je n'ai pas trop d'inquiétude sur le fait qu'on puisse l'organiser dans le respect des règles sanitaires. Après, on nous dit oui pour le 28 juin, mais avec des conditions assez contraignantes. On saura le 17 juin si on vote le 28, en gros. C'est compliqué de mobiliser nos équipes, qui sont bénévoles. On n'a toujours pas été remboursés du 1er tour, aussi, nous avons des emprunts personnels. 

Comment faire campagne en cette période de pandémie ?

Comment on fait une élection sans campagne ? Aujourd'hui, Edouard Philippe a été dans un flou total, une impréparation totale. Notre recette, qui a fait à Orléans la surprise de notre résultat, c'est un porte-à-porte méticuleux dans les bureaux de vote où la gauche pouvait être présente. Et ça aujourd'hui, on ne peut plus le faire. Plus de marché, plus de café-débat, de meeting...

Oui, on a un mois, contre une semaine habituellement entre le premier et le second tour. Mais quand il n'y a qu'une semaine, les gens sont toujours très sensibilisés à cette campagne, avec un traitement médiatique. Là, moi je suis très inquiet.

On anticipe un faible taux de participation, cela pose-t-il des problèmes de légitimité ?

Ah, complètement ! Quand on parle de porte-à-porte, le nombre de gens à qui on a appris qu'il y avait une élection est considérable. Faire campagne dynamise le scrutin.
 

La réaction d'Olivier Carré, candidat LREM-MoDem et actuel maire


France 3 : La date des élections a été fixée au 28 juin. Est-ce que vous souhaitiez ?

Ça courait déjà beaucoup, ce n'est pas une grande surprise.

Comment faire campagne en cette période de pandémie ?

Pour l'instant, je ne suis pas du tout dans la campagne, je suis dans la gestion de crise, c'est ça le plus important. Jusqu'au 2 juin au moins, il faut rester concentré ne serait-ce que sur les enfants qui vont retourner à l'école en plus grand nombre, l'ouverture des cafés et des restaurants, le respect des gestes barrières...

Nous sommes sur le pont en permanence pour essayer d'aider les Orléanais, les élections viendront en leur temps. Nous verrons plus tard comment faire valoir au mieux notre projet.

On anticipe un faible taux de participation, cela pose-t-il des problèmes de légitimité ?

C'est sûr, on se pose des questions. Maintenant, voilà, il faut que les conditions soient réunies pour que les gens soient le plus rassurés possible. On a cette clause de revoyure, il faut bien s'assurer que les choses se passent dans un climat de sérénité. Elle peut exister même en cette période, il faut qu'elle s'installe progressivement. Les Français et les Orléanais parmi eux doivent d'abord se protéger eux-mêmes, c'est ça la priorité.
 

La réaction de Jean-Philippe, candidat EELV


France 3 : La date des élections a été fixée au 28 juin. Est-ce que vous souhaitiez ?

Le 28 juin me paraît un peu tôt, on va avoir des conditions de vote qui vont ressembler fortement à celles du 15 mars. On aura donc certainement un taux d'abstention fort également. C'est la raison pour laquelle j'aurais voulu organiser ce scrutin un peu plus tard, être sûr qu'il n'y ait plus de souci.

Un fonctionnement démocratique, pour moi, c'est quand on va voter en se disant qu'on ne risque pas sa santé. Maintenant, la campagne arrive, et on va tout de même s'y préparer.

On anticipe ce faible taux de participation, cela pose-t-il des problèmes de légitimité ?

Notre fonctionnement démocratique aujourd'hui a considéré qu'avec 36% des électeurs, le vote était clos et le scrutin valable. Je trouvais déjà que 54%, en 2014, c'était assez faible, mais aujourd'hui j'espère qu'on y reviendra. C'est l'enjeu, en tout cas.

Comment faire campagne en cette période de pandémie ?

J'espère que les médias vont relayer des informations, des idées, et les propositions que nous faisons. Il faut qu'on trouve des moyens de dialoguer. Il y a notamment une grande différence avec celles de Serge Grouard, qui est notre principal adversaire aujourd'hui.

L'objectif, c'est aussi de faire connaître ce qui a changé avec cette crise du Covid. Il y a un certain nombre d'enjeux environnementaux, sanitaires, de relocalisation de nos produits pharmaceutiques, par exemple. Il y a la question des circuits locaux, où l'on s'est beaucoup approvisionnés pendant cette période. Et puis il y a l'enjeu social, il ne sera pas question de laisser des gens tomber dans la précarité.

On est en train de réfléchir à un autre moyen de faire connaître les idées majeures que l'on souhaite proposer aux Orléanais.
 
Information au lecteur
Nous avons tenté de contacter Serge Grouard, qui n'a pas pu ou pas souhaité répondre à nos sollicitations.
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