Elections régionales et départementales 2021 : report ou pas report ?

Le gouvernement a demandé ce vendredi 9 avril aux maires de France leur avis sur les préconisations du Conseil scientifique concernant le déroulement des élections départementales et régionales de juin 2021. En Centre-Val de Loire, les avis divergent entre maintien et report du double scrutin. 

 

En Centre-Val de Loire, la bataille fait rage autour du double scrutin. Certains militent pour son report, d'autres appellent au maintien du vote "pour" la démocratie.
En Centre-Val de Loire, la bataille fait rage autour du double scrutin. Certains militent pour son report, d'autres appellent au maintien du vote "pour" la démocratie. © Marc Ollivier/ MaxPPP

Depuis le début de la crise sanitaire, le calendrier politique se doit lui aussi de s'adapter. Dernier exemple en date : les élections régionales et départementales. Dans un courrier datant de ce vendredi 9 avril, le gouvernement a demandé aux 35 000 maires du territoire d'indiquer "par oui ou par non si les conditions préconisées par le comité scientifique [leur] semblent réunies pour tenir les deux scrutins". Si pour le moment l'Etat prévoit de les maintenir aux dates initiales des 13 et 20 juin prochain, il attend les retours de ses édiles pour ce lundi 12 mars midi au plus tard avant de lancer les débats parlementaires prévus dès le lendemain.  

L'Association des Maires de France pour le maintien du double scrutin    

Une consultation aux airs de "basse manœuvre" et de "parodie démocratique" dénonce sur son site internet André Laignel, maire socialiste d’Issoudun (Indre). "Le Gouvernement tente tout pour ne pas assumer ses responsabilités. Il a cherché à se défausser sur le Comité scientifique. Puis il a cherché à se défausser sur les parlementaires. Et, en dernier recours, le Gouvernement cherche à se défausser sur les maires de France parce qu’il n’a su ni gérer ni prévoir", poursuit l'élu, agacé également par le court délai laissé aux maires pour se prononcer. 

L'édile issoldunois milite pour un maintien de ces élections : "Alors que partout dans le monde (États-Unis, Israël, Allemagne, Portugal...) des élections se sont tenues, pourquoi la France ne serait-elle donc pas en capacité d’assurer la tenue de ces élections ?" Un avis qu'il partage avec ses collègues de l'Association des Maires de France (AMF), dont il est le vice-président. En effet, l'organisation a déclaré dans un communiqué qu'il serait inapproprié de reporter ce double scrutin : "Alors que l’augmentation continue du taux d’abstention préoccupe l’ensemble des responsables publics, il serait paradoxal d’envoyer aux électeurs un signal consistant à relativiser l’importance de deux élections de portée nationale, en les reportant pour la seconde fois. Les élections constituent un acte essentiel de la démocratie, dont le calendrier régulier garantit la sincérité."

Le MoDem favorable à un report 

Un avis que ne partage pas Nadia Essayan, députée MoDem de la 2e circonscription du Cher : "Le comité scientifique reste très prudent quant à la tenue des élections et impose des règles strictes telles que l'obligation pour les scrutateurs d'être vaccinés. Or parfois on embauche encore des personnes à la dernière minute, il est donc impossible de s'assurer de leur vaccination, précise-t-elle à France 3 Centre-Val de Loire. Et puis nous avons tous gardé un souvenir très lourd du premier tour de l’élection municipale de 2020, avec de nombreuses contaminations, il nous faut nous préserver de cela.

La députée ainsi que 75% des 3 000 maires que les députés MoDem ont interrogé dans leurs circonscriptions demandent ainsi le report des deux scrutins au-delà de l’été 2021, en octobre idéalement. "Le Conseil scientifique [lui-même] indique qu’un report serait à l’évidence plus sûr dans la mesure où plusieurs dizaines de millions de nos concitoyens pourraient être vaccinés à l’automne", explique Nadia Essayan. L'élue ajoute par ailleurs que le maintien de ces élections serait défavorable pour les nouveaux candidats qui avec la crise actuelle peuvent difficilement faire campagne : "C'est injuste pour eux, c'est là qu'on touche un point anti-démocratique", martèle-t-elle. La députée invite également le Premier ministre à envisager d’autres moyens de vote : soit par correspondance, soit par Internet, soit par anticipation.

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
region centre-val de loire politique élections départementales élections élections régionales