L'Etat débloque 257 millions d'euros pour la modernisation de la ligne Paris-Orléans-Limoges

La ligne ferroviaire Paris-Toulouse, qui dessert Orléans, Vierzon, Châteauroux et Limoges, a déjà bénéficié de 2,2 milliards d'euros pour remplacer rames et rails. Ce 18 décembre, le gouvernement a confirmé que l'Etat prendrait en charge les deux tiers de la somme prévue pour sa modernisation.

Photo d'illustration d'un TER.
Photo d'illustration d'un TER. © Vincent Isore/MaxPPP

Le POLT est sur de bons rails. En déplacement à Limoges, le ministre des Transports Jean-Baptiste Djebbari a confirmé que 257 millions d'euros seraient alloués dans les prochaines années à un grand plan de modernisation de la ligne Paris-Orléans-Limoges-Toulouse, ou POLT.

257 millions qui correspondent aux deux tiers du plan de modernisation de la ligne, chiffré à 385 millions d'euros, inscrit au schéma directeur de la rénovation de la ligne. Le troisième tiers devrait retomber sur les bras des collectivités, dans un accord similaire à celui passé pour rénover la ligne Paris-Clermont Ferrand en septembre dernier.

La somme restante reviendrait ainsi aux quatre régions traversées par la ligne, à savoir l'Île-de-France, le Centre-Val de Loire, la Nouvelle-Aquitaine et l'Occitanie. "Ce qui leur reviendrait chacune à environ 10 millions d'euros par an pendant trois ans", calcule Jean-Claude Sandrier, ancien maire de Bourges et président de l'association Urgence Ligne POLT.

Paris-Limoges en 30 minutes de plus qu'en 1973

10 millions d'euros, c'est environ 0,7% du budget annuel de la région Centre-Val de Loire. Alors pour Jean-Claude Sandrier, "il n'y a aucune raison financière pour que les régions refusent" ce qui est, pour lui, une modernisation "très importante" :

Ca va ouvrir la perspective d'avoir des trains confortables et modernes, qui vont vite, et font gagner du temps sur le trajet Paris-Limoges, et sur toute la ligne.

Jean-Claude Sandrier, président d'Urgence Ligne POLT

Car la ligne POLT est vétuste. Depuis quarante ans, le temps de trajet Paris-Limoges a augmenté de presque 30 minutes. Alors, quand Emmanuel Macron a décidé le gel des projets LGV au début de son mandat en 2017, les sommes à investir ont été redirigées vers la rénovation des lignes existantes, dont le POLT.

Des rames plus confortables et plus rapides

Et depuis, le dossier a déjà bien avancé. SNCF Réseau doit investir 1,6 milliards jusqu'en 2025 pour la "régénération" de la ligne, soit le remplacement de l'intégralité des rails. L'Etat, lui, a entièrement financé le renouvellement complet du parc de trains, avec une commande de rames neuves et modernes passée en décembre 2019 pour 450 millions d'euros.

Ces nouvelles rames sont pleines de promesses : plus confortables et plus rapides, elles doivent permettre d'atteindre des pointes de vitesse à 220 km/h sur certaines portions.

Mais ces rames "n'atteindront leur plein rendement que lorsque la modernisation sera achevée", prévient Jean-Claude Sandrier, qui milite pour que "tous ces travaux soient réalisés en même temps". En accord avec la loi d'orientation des mobilités de 2019, qui impose de concentrer les travaux dans le temps "lorsque cela permet d'en limiter le coût, la durée et les nuisances pour les usagers".

La modernisation aura plusieurs objectifs : "le renouvellement de la signalétique et le renforcement de la puissance électrique", pour permettre aux trains d'atteindre leur pleine vitesse. Mais aussi le réhaussement de certains quais de gare, actuellement trop bas pour les portes des futures rames, sans marche afin d'en améliorer l'accès aux personnes à mobilité réduite.

"Ca peut changer la donne pour l'Indre et le Cher"

Ces modernisations doivent placer Limoges à 2h49 de Paris à la fin des travaux, soit le même temps de trajet qu'en 1973. Un gain de 13 minutes sur le trajet de référence en 2017, avant que les premiers travaux de régénération ne commencent et rallongent encore un peu plus le voyage.

Urgence Ligne POLT milite, de son côté, pour des ajustements supplémentaires, permettant de réduire le temps de trajet à 2h30.

"Un gain de 30 minutes à Limoges, ça veut dire 20 minutes de moins sur Paris-Châteauroux et 15 minutes de moins à Vierzon", espère le président de l'association, pour qui "pouvoir dire que Vierzon est à 1h15 de Paris est très important psychologiquement pour des entreprises qui voudraient venir s'y installer. Ca pourrait changer la donne pour l'Indre et le Cher."

Les premières rames neuves doivent arriver sur la ligne dès 2023, tandis que la fin des travaux de régénération et de modernisation est programmée pour 2025.

 

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