Les "oubliés du Ségur" se rassemblent à Chartres pour demander la prime de 183 euros

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Écrit par Bertrand Mallen

Des travailleurs sociaux, éducateurs spécialisés et animateurs ont appelé au rassemblement ce 31 mai à Chartres, pour élargir les primes du Ségur de la santé à l'ensemble des travailleurs du secteur. D'autres rassemblements ont eu lieu dans plusieurs villes.

Le rendez-vous a été donné devant le centre départemental de l'enfance (CDEF) à Champhol, près de Chartres. Continuité de service oblige, les quelque 186 salariés ont été invités par la CGT et le FO à se rassembler au moment de la pause déjeuner, à la mi-journée. L'objectif : demander à ce que les primes temporaires du Ségur de la santé soient élargies à tous les personnels de la filière médico-sociale.

Des personnels privés de prime

En effet, depuis le 10 mai, le ministère des Solidarités et de la Santé a annoncé que la prime de 183 euros par mois accordée par le Ségur en juillet 2020 serait accordée à "certains agents exerçant au sein de services et établissements sociaux et médico-sociaux".

Or, explique Éric d'Hervilley, qui coordonne le rassemblement pour la CGT, certains employés, en particulier ceux des services "techniques et administratifs", sont exclus de cette mesure. Plus précisément, cet élargissement dépend de la volonté des collectivités, en l'occurrence le conseil départemental d'Eure-et-Loir.

"On a bien vu qu'au sein des hôpitaux, la prime a été généralisée à l'ensemble du personnel", appuie-t-il. "Dans le médico-social, on assiste à une distinction par corps de métier." Or, les maîtresses de maison, chargées du nettoyage et des tâches ménagères, ont été mises à contribution pour désinfecter et assainir les lieux où risquait de circulait le covid-19, insiste le syndicaliste. De même, les veilleurs de nuit qui garantissent la sécurité des locaux et des éducateurs, et font aussi du travail social, ne peuvent pas non plus prétendre à la prime. Une première mobilisation avait eu lieu, partout en France, le 1er février dernier.

Il s'agit de métiers exercées par des personnes pas forcément diplômées, souvent il s'agit de personnel recruté comme contractuels. Ceux qui sont privés de prime sont donc aussi ceux qui gagnent déjà les salaires les plus bas.

Eric d'Hervilley

Par solidarité avec les personnels administratifs et techniques, éducateurs et animateurs ont décidé de participer au mouvement. Au sein du CDEF, 60 salariés sur 186, soit un peu moins d'un tiers, sont pour l'instant privés de la prime du Ségur. D'autres mouvements de grève ont eu lieu, comme au Mans ou à Amiens.