Portrait. Un documentaire sur Hélène Boucher : la pilote la plus rapide du monde

Publié le Mis à jour le
Écrit par C. Mette et P. Ménard

Découvrez Hélène alias Léno dans un documentaire retraçant son parcours dans l'aviation ! Record de vitesse, de hauteur et de haute voltige, elle pilote comme aucun homme ne l'avait fait auparavant.

Tout a commencé en rencontrant les Gensbittel, un couple passionné d'histoire. Ils ont découvert un véritable trésor dans un recoin des caves de la mairie d’Yermenonville : des cartons oubliés contenant des objets, des lettres manuscrites et des photos personnelles d'Hélène Boucher.

Michel-Henri et Michèle Gensbittel ont travaillé pendant près de deux ans sur le contenu de ces cartons. Ils ont classé, trié et documenté chaque lettre, chaque objet. Ces documents inédits dévoilent les états d'âme et combats quotidiens d'une jeune femme singulière, en avance sur son époque.

Aviatrice, féministe, militante, passionnée de la mode et de la mécanique, Hélène Boucher est née avant le début de la Grande Guerre. C'est entourée de son père, Charles Léon, de sa mère Élisa Hélène et de son frère aîné Noël qu'elle grandit. Famille modeste parisienne elle ne s'ennuie jamais. 

Léno, comme le surnomme toute la famille, est décrite comme une jeune fille ayant un sacré caractère. En vacances dans leur maison de campagne en Eure-et-Loir elle découvre la motocyclette de son frère, les voitures de courses et la mécanique. 

La mode fait aussi partie de sa vie. Elle aime être chic et féminine. La machine à coudre de sa mère lui porte grand intérêt. Elle s'essaye a tout un tas de choses sans pour autant trouver sa voie. 

Un triste évènement révélateur

Avançant en âge ses parents pensent à la marier. Mais rien à faire, Hélène veut rester seule et indépendante. Cependant Jean-Hubert, un ami de son frère, a l'air de lui plaire. La veille de leurs retrouvailles un télégramme annonce son décès : 

Ai regret de vous annoncer le décès tragique de Jean Hubert.
Accident d'avion hier matin. Aéronef en flamme aucun survivant.
Veuillez présenter à famille mes sincères condoléances.

La nièce d'Hélène Boucher, Véronique Rose Boucher confie dans le documentaire : 

Dans les années trente, les jeunes filles ne parlaient pas trop de leurs états d'âme mais il a été sous-entendu dans la famille, que Hélène avait un attachement particulier avec ce garçon-là. Elle a été extrêmement triste et choquée. Il m'a été rapporté qu'à ce moment elle aurait dit "Je le vengerai. On ne peut pas mourir comme ça, je le vengerai !".

Véronique

Le samedi 4 juillet 1930, à Orly, Hélène fait son baptême de l'air. C'est le coup de foudre. À partir de ce moment là elle n'avait qu'une chose en tête : piloter. Le bruit, le vent, les paysages, c'étaient tout ce dont elle avait besoin pour stimuler ses sens.

Un palmarès de records qui vaut le détour

Empreinte d’un courage et une détermination hors du commun, elle a repoussé toutes les limites physiques et culturelles de son temps ; en transformant l'univers de l'aviation.

Les différents records d'Hélène :

  • 2 août 1933, record du monde féminin d'altitude sur avion léger à 5900m,
  • Record de vitesse féminin et masculin sur 1000km avec avion léger à 250km/h,
  • 8 aout 1934, record international de vitesse toutes catégories sur 1000km à 409km/h,
  • Record international féminin sur 100 km à 412 km/h,
  • 10 août 1934, record du monde féminin de vitesse à 428 km/h,
  • 11 août 1934, record du monde féminin de vitesse à 445 km/h.

3 bonnes raisons de voir "Léno, par Hélène Boucher"

La première bonne raison de regarder ce documentaire est d'entrer dans la lumière de cette jeune femme aventurière, bouillonnante, simple, loyale, déterminée, féminine, féministe, engagée, inventive, attachante et curieuse, singulière et courageuse, talentueuse, méritante, qui tient le coup dans l'échec, ne se laisse pas abattre, est en avance sur son temps et relève nombre de défis.

Les adjectifs positifs et descriptions pour qualifier le tempérament d'Hélène Boucher, enfant puis femme de caractère sont multiples, ils se précipitent dans une cascade de mots, dans un tourbillon de voltige aérienne.

La deuxième bonne raison est d'ouvrir au fil de ce film ce carton rempli de photographies, de correspondance et d'objets appartenant à Hélène découvert par le couple Gensibittel, passionné d'histoire dans une cave de la mairie de Yermenonville en Eure-et-Loir. Le trésor personnel d'une jeune aviatrice trop peu connue, envolée prématurément, en pleine ascension, mis en images sous forme d'animation, de fiction et d'archives.

Cette mise en scène nous met au contact d'Hélène Boucher, de Léno, qui devient de plus en plus intime et dont nous connaissons le destin dès les premiers mots du documentaire.

La troisième bonne raison est de sortir de l'ombre cette jeune femme qui a transformé l'univers de l'aviation, qui a battu des records et surpassé la vitesse des hommes.  Une courte vie que nous pouvons remettre dans la lumière en partageant ses exploits et son destin.

Talentueuse et aussi méritante que les grands noms masculins de l’aviation, elle a pourtant disparu de notre imaginaire collectif... En aurait-il été autrement si elle avait été un homme ?

► Première diffusion ce jeudi 12 mai, "Léno, l'as de l'aviation oubliée" à 23h38 réalisé par Mike Baudoncq et produit par Fanny Chrétien. Avec France Télévisions et BIPTV dans le cadre du COM de la Région Centre-Val de Loire coordonné par Ciclic.