Fermeture des marchés : colère et inquiétude chez les syndicats agricoles de la région Centre-Val de Loire

Les syndicats agricoles de la région n'ont guère tardé à réagir après l'annonce par le Premier ministre de la fermeture des marchés de plein air. Cette mesure fait l'unanimité contre elle et ils en redoutent les conséquences, pour les producteurs locaux mais également pour les consommateurs.

A Tours ce mercredi 25 mars au matin. Le marché fonctionnait normalement.
A Tours ce mercredi 25 mars au matin. Le marché fonctionnait normalement. © Marine Rondonnier / France Télévisions

Maintenir les marchés, c'est aider les populations les plus fragiles, les plus démunies, les plus isolées.

C'est le cri de colère de la FNSEA, après l'annonce d'Edouard Philippe.

Mais c'est aussi maintenir l'activité des filières alimentaires de produits frais et la dynamique des territoires. Maintenir les marchés, c'est conserver ce lien de confiance entre les producteurs et les consommateurs, ajoute le syndicat agricole.

Ces derniers doivent pouvoir continuer à s'approvisionner en produits frais au plus près de chez eux. À cette heure grave, ce lien de confiance nous paraît essentiel.

Une décision dangereuse ?

Une fois n'est pas coutume, la Confédération paysanne, partage le même avis :

La décision du Premier ministre de supprimer de manière unilatérale les marchés de plein vent sur l'ensemble du territoire est inadaptée à la situation et potentiellement dangereuse.

Nous ne pouvons accepter qu'à cause de quelques marchés trop fréquentés, dans lesquels les restrictions sanitaires n'ont pas été appliquées de manière conséquente, l'ensemble de la poulation soit privée d'un mode d'approvisionnement fondamental, a dénoncé le syndicat agricole.

Ruée vers les grandes surfaces

La Confédération paysanne poursuit : "ce serait malencontreux et dangereux de voir les gens se ruer dans les supermarchés parce qu'il n'y a plus de marchés ouverts".

Même analyse, enfin, pour la Coordination rurale :

Il faut manger des produits frais et locaux ! Tel était le cri d'alarme du ministre de l'Agriculture il y a quelques jours. Et aujourd'hui le gouvernement interdit les marchés alimentaires..

En parallèle, les étals des grandes surfaces continuent de proposer des aliments d'importation qui concurrencent déloyalement les productions locales, pointe du doigt le syndicat.


Et conclure : "on ne peut pas nous demander de continuer à produire pour nourrir les gens et ensuite nous interdire de vendre ces productions".

 

"Les petits marchés pourront perdurer"

Henri Frémont, président de la chambre d’agriculture d’Indre-et-Loire, se montre, lui, plutôt rassurant. Il est persuadé que la mesure va être assouplie : "la préfète va faire jouer la clause de dérogation, donc on peut penser que les marchés dans les zones rurales seront plutôt acceptés. Dans les grandes villes c’est un peu plus compliqué." 

Concrètement, "les marchés avec moins de cinq producteurs pourront perdurer, et on en a pas mal dans les petites communes."

Quant à ceux de taille plus importante, Henri Frémont avance la possibilité de mettre en place de nouvelles mesures de barrières sanitaires :"sur un marché, c’est plus compliqué que pour une grande surface, souligne-t-il. Je pense que c’est là-dessus qu’il faut qu’on travaille, pour s’assurer que sur un marché, il y ait quelqu’un qui s’occupe de faire respecter les règles sanitaires."
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