CHRU de Tours : atteinte d'un cancer du poumon, elle participe à un clip pour dédramatiser la maladie

Après une récidive, en 2020, de son cancer pulmonaire, Marie Maquin, une saint-avertinoise, s'est inscrite sur le site créé par l'association Patients en Réseau. Avec ses nouveaux amis virtuels, elle s'est lancée dans la réalisation d'un clip, diffusé en cette journée mondiale sans tabac

© Capture d'écran Youtube

Le clip est diffusé à l'occasion de la Journée mondiale sans tabac, ce lundi 31 mai, mais Marie, à 62 ans, n'est pas atteinte du "cancer du fumeur". Elle a bien partagé quelques cigarettes dans son adolescence, mais s'en est vite désintéressée :

"En ce qui me concerne, il s'agit d'un cancer génétique, l'altération d'un gène qui développe notamment des cancers du sein. J'ai ainsi perdu ma soeur, ma mère et ma grand-mère. Et quand le cancer se développe, il peut muter ailleurs, ce qui est mon cas. De toutes façons, l'objectif du clip n'était pas de stigmatiser les fumeurs, de donner des leçons, mais au contraire de dire que ça peut toucher tout le monde."

Marie se bat aujourd'hui contre son quatrième cancer. Le premier, un cancer du sein, s'est développé en 2000, elle n'avait que 39 ans. Près de 15 ans plus tard, c'est un cancer pulmonaire, cette fois, qui va être détecté.

"J'ai pris ça comme une claque, le cancer du poumon avait pour moi une connotation très mortifère. Le ciel m'est tombé sur la tête, comme pour ma famille. A l'époque, l'immuno-thérapie n'existait pas encore. Mais j'ai pu bénéficier d'une chirurgie et d'un accompagnement en chimiothérapie qui m'ont permis de m'en sortir."

Une grande avancée avec l'immunothérapie

A peine un an plus tard, c'est le cancer du sein qui refait surface et aujourd'hui Marie se bat contre une récidive du cancer pulmonaire, apparue fin 2020. Toutes les trois semaines, elle doit se rendre au CHRU de Tours pour suivre un nouveau traitement :

"J'ai un traitement en doublon, on m'installe sous perfusion pour une chimiothérapie et une immunothérapie, qui me permettent de lutter et de ne pas laisser se réinstaller les cellules cancéreuses. On a aujourd'hui des malades en traitement sous immunothérapie depuis 5 ans, qui sont toujours là et qui vont bien. C'est une avancée considérable dans la recherche. Après l'injection des produits, je suis un peu KO pendant une semaine, mais les suivantes, je vais bien et je vis comme tout le monde. C'est très important de garder le moral, on est un peu des "warriors", même s'il y a des coups de blues."

Cette fois, tout de même, Marie a éprouvé le besoin de discuter avec d'autres malades et a fait quelques recherches sur internet.

"Je cherchais un peu d'appui, ce n'est pas toujours facile avec les proches. Les amis, la famille vivent dans la peur. Il est plus simple de partager les moments durs avec des gens qui vivent la même expérience. On se donne des tuyaux, et on rit beaucoup aussi! Je me suis inscrite sur patientsenréseau.fr, et dans le groupe cancer du poumon, j'ai rencontré des gens absolument formidables, tous des malades mais qui gardent la pêche, on peut échanger des infos et se soutenir."

Sur ce réseau a germé l'idée de réaliser un clip pour montrer qu'on peut vivre bien aujourd'hui avec un cancer du poumon, qu'il existe des traitements. Diffuser un message positif et lever des tabous...

Sur le clip, la tourangelle Marie s'est dissimulée derrière une carte "la vie est belle"
Sur le clip, la tourangelle Marie s'est dissimulée derrière une carte "la vie est belle" © Capture d'écran Youtube

"Parmi nous, il y a un musicien, Gérard, qui a pris la balle au bond en disant que c'était tout à fait faisable, reprend Marie. On s'est mis, à distance, à écrire collectivement les paroles et Gérard a composé la musique avec son équipe de musiciens. En trois mois, tout a été plié, on a chacun envoyé nos vidéos puis le clip a été mis en forme. Aujourd'hui on est fiers du résultat."

Le clip vient d'être mis en ligne à l'occasion de la journée mondiale sans tabac.

"On voulait cependant faire passer le message que le cancer du poumon n'est pas que le problème des fumeurs, même si, bien sûr, le tabac est un facteur aggravant. Aujourd'hui, la recherche est telle que ça avance bien, l'immunothérapie permet à nombre d'entre nous d'avoir une qualité de vie quasi-normale. Une maladie chronique plus qu'un cancer aggravé. Nous formons une bande de gens profondément joyeux, qui aiment la vie et profitent de leur famille".

Ancienne directrice de la Chambre d'Industrie et de Commerce d'Indre-et-Loire, Marie a pris une retraite légèrement anticipée pour pouvoir suivre ses traitements. Mais aujourd'hui, elle fait preuve d'une énergie et d'un optimisme impressionnants. Elle profite de la vie, de sa famille et notamment des ses deux fils, aujourd'hui dans la trentaine. Elle espère bien devenir très vite grand-mère...

 

 

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