La députée Fabienne Colboc propose une cellule d'écoute en milieu scolaire pour les enfants victimes de violences

La députée LREM a soumis au ministère Blanquer sa proposition de cellule d'écoute spécialisée. Les syndicats de l'Education nationale, eux, la renvoient à une revendication de longue date : plus de moyens pour le social et la santé.

La députée Fabienne Colboc, lors d'une séance de Questions au gouvernement, à l'Assemblée Nationale.
La députée Fabienne Colboc, lors d'une séance de Questions au gouvernement, à l'Assemblée Nationale. © IP3 PRESS/MAXPPP
"Il faut une attention plus particulière pour ces enfants qui ont vécu l'enfer. Pendant 6 semaines, ils n'auront pas pu parler" alerte la députée LREM d'Indre-et-Loire, Fabienne Colboc. Il y a quelques jours, elle a proposé au ministre de l'Education nationale la mise en place de "cellules d'écoute" en milieu scolaire, à destination des enfants victimes de violences.

Selon le ministère de l'Intérieur, ces faits de violence intrafamiliale ont augmenté de plus de 30% depuis le début du confinement.
 

Les associations en renfort


"A la sortie du confinement, il faut faire au mieux pour ceux qui ont vécu le calvaire, aller vers eux" estime l'élue. Encore à l'état d'ébauche, cette cellule d'écoute se voudra "plus spécialisée, [et fonctionnera] avec les médecins scolaires, les infirmiers, mais aussi les associations comme la Maison des adolescents." Un dispositif que l'élue d'Indre-et-Loire souhaiterait à terme, rendre pérenne. Le processus pourrait passer par un premier "repérage" en classe par les professeurs, ou s'inscrire dans les créneaux réservés aux activités sportives et de santé, qui devraient être créés dans le cadre du déconfinement.
 

Assistants sociaux et infirmières scolaires : un manque de personnel


"Si certains ont un peu plus de temps pour regarder ce qu'il se passe vraiment, tant mieux, ironise poliment Marie-Paule Savajol, déléguée CGT de l'académie d'Orléans-Tours. Mais cette problématique n'est pas née avec le confinement, et la détection de ces problématiques ne devrait pas commencer avec le coronavirus. Il y a des gens dont c'est le métier, les assistantes sociales, les infirmières scolaires... Mais on n'a pas assez de personnel !"

En 2019, en France, près de 500 postes de médecins scolaires étaient vacants, selon le journal Le Monde. En cause majoritairement : le salaire réservé aux praticiens, moins bien doté qu'une dernière année d'internat de médecine. La perte d'attractivité est telle que "les syndicats de médecins scolaires n’hésitent plus [à parler de] "l’extinction programmée" de leur corps."Idem, du côté des assistants sociaux. "A temps plein, un·e AS scolaire couvre en moyenne entre 3 et 4 établissements : son temps de présence au sein des structures ne lui permet pas de pérenniser ses actions auprès des élèves" déplore le syndicat SGEN-CFDT. Par ailleurs, le budget 2020 de l'Education nationale ne prévoit aucune création de poste pour ces deux professions.

En revanche, pour la responsable syndicale, il serait intéressant que l'idée développée par la députée Fabienne Colboc puisse intégrer également les personnels victimes de violences. "Dans l'Education nationale, on n'est pas à l'abri", rappelle-t-elle.
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