Reprise des fouilles archéologiques autour de la sépulture de Ludovic Sforza à Loches

Après une première campagne de fouilles en avril 2019, les archéologues reprennent leurs recherches ce lundi 30 novembre 2020 pour définir si oui ou non, le mécène de Léonard de Vinci a bien été enterré dans la collégiale Saint-Ours de Loches.
 
Les fouilles archéologiques autour de la dépouille de Ludovic Sforza ont repris ce lundi 30 novembre dans la collégiale Saint-Ours de Loches.
Les fouilles archéologiques autour de la dépouille de Ludovic Sforza ont repris ce lundi 30 novembre dans la collégiale Saint-Ours de Loches. © X. Roche-Bayard/ MaxPPP
Sforza ou pas Sforza ? Aujourd’hui encore, le mystère reste entier autour de l’une des sépultures qu’abrite la nef de la collégiale Saint-Ours de Loches. Est-ce, comme l’affirment des témoignages manuscrits du XVIe siècle, la dépouille du duc de Milan Ludovic Sforza (1451-1508), grand mécène du célèbre Léonard de Vinci ?

C’est pour répondre à cette question qu’une dizaine d’archéologues avait effectué, avec l’accord de la DRAC et un soutien financier de 30 000 euros de la part du département d’Indre-et-Loire, une campagne de six semaines de fouilles au printemps 2019 dans l’église romane du XIIe siècle.  

Chaînon manquant

"Nous avions pu identifier cinq corps de religieux et de nobles du château de Loches datant du XIVe au XVIIIe siècle. En revanche nous n’avions pu dégager que le bas du corps de la sixième dépouille qui pourrait être celle de Ludovic Sforza", rappelle l’archéologue Pierre Papin.

Or pour en avoir le cœur net, les scientifiques ont besoin d’analyser le crâne et notamment les dents de ce sixième corps : "Tout comme les cernes des arbres, les cernes dentaires permettent d’identifier l’âge du défunt", précise l’archéologue.  

C’est donc pour dégager le haut de cette mystérieuse sépulture que les fouilles ont repris ce lundi 30 novembre 2020, pour une durée de 2 mois et un budget de 27 000 euros. Une nouvelle campagne de recherche donc, initialement prévue au début de l’année mais repoussée en raison de la crise sanitaire et des travaux de restauration en cours dans la collégiale.

Patience, patience…

Un projet de fouille qui s’est avéré au fil du temps, beaucoup plus global : "Ces recherches nous permettent aussi de retracer l’histoire de l’église. Pendant les premières fouilles en 2019, nous avions trouvé ses premières fondations datant du Xe siècle, mais également les fondations de la première église du Ve siècle", s’émerveille Pierre Papin.

Si l’issue de cette deuxième session de fouilles est prévue pour la fin du mois de janvier 2021, les résultats sur l’identité de ce sixième corps ne sont pas prévus pour tout de suite. "Analyser des prélèvements osseux en laboratoire, ça prend du temps et ça coûte de l’argent, surtout en pleine pandémie mondiale", explique l’archéologue.

Alors avis aux plus curieux, il va encore falloir s’armer de patience pour découvrir ce qui est réellement arrivé au célèbre guerrier mécène italien.
  
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