"On va tout casser" : au collège de Malesherbes, un rap pour aider les 3e à réviser le brevet

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Écrit par Perrine Roguet

À quelques jours du brevet, cette chanson pourrait en aider quelques uns. C'est une professeure d'histoire qui a lancé l'idée il y a trois ans : rapper le programme pour mieux l'apprendre. A la clé, un clip et un refrain qui reste en tête.

"L'épreuve d'histoire te fait stresser, écoute ce son pour tout casser", un refrain comme encouragement pour leurs camarades de 3e. Dix-huit élèves de 5e du collège Gutenberg de Malesherbes se sont attelés à aider leurs aînés à réviser le brevet.

Une idée qui n'est pas nouvelle : Océanne De Barros, professeure d'histoire-géographie, l'a lancée il y a trois ans. Deux raps ont déjà été produits en 2019 avant la crise du Covid-19, puis le projet a repris avec le déclin des risques sanitaires. 

Le rap, c'est le point commun entre la professeure et ses élèves : "J'accorde une grande importance à la musique" affirme-t-elle. Nombreux sont les parents à avoir déjà remarqué la facilité de leurs enfants à retenir des paroles de chansons. Des enseignants, sur les réseaux sociaux, se sont déjà prêtés à l'exercice avec, parfois, du succès. 

"1917 : révolution russe"

Au collège Gutenberg, les 5e se sont complètement approprié la mission. Océanne De Barros et la quinzaine de volontaires ont pris une heure par semaine, en dehors de leur emploi du temps, pour mener le projet à bien, que la fonctionnaire dirige bénévolement.

"Je n'ai fait que les encadrer", insiste Océanne De Barros. "Je leur ai donné la liste des repères de 3e qui doivent être appris, et ils ont fait eux-mêmes les paroles, refrain y compris". Une date et une courte explication des évènements historiques sont donc données comme base aux élèves. À eux de les condenser pour que les informations entrent en mémoire. "1917 : révolution russe" ou encore "11 novembre 18, c'est l'armistice", des formules faciles à retenir. 

Une liberté qui a plu à Lucie, l'une des élèves volontaires : "On n'avait pas d'ordre", se souvient-elle. Le regard des autres a pu être difficile à affronter, mais l'adolescente a réussi à dépasser cette peur. Aujourd'hui elle se sent plus en confiance face aux autres. Pourtant, au début, elle venait juste par solidarité : "Je ne voulais pas participer, j'accompagnais une copine pour qu'elle ne soit pas toute seule et puis je suis restée". 

Une pédagogie qui doit changer

"Le monde évolue, il faut que l'on s'adapte à nos élèves", affirme Océanne De Barros. Une vision de la pédagogie qui ne s'arrête pas à cette initiative : "Toute l'année, je travaille en mêlant le jeu à l'apprentissage". Elle évoque des escape games, des sorties scolaires : "il faut créer des situations qui changent et sortir des cours magistraux". Sa salle de classe en témoigne, puisque régulièrement, elle change les tables de place afin de permettre aux élèves de se mélanger, ou de travailler différemment. 

Les amis de Lucie, en 3e, ont en tout cas écouté la chanson : "Elle rentre en tête", assure la collégienne, qui espère les avoir aidés. Elle-même connaît désormais les dates sur le bout des doigts. Une chose qu'Océanne De Barros, l'enseignante, avait déjà remarquée chez les élèves qui ont participé. 

Un prochain clip est déjà prévu : cette fois-ci, seront concernés les repères historiques du programme de 6e. En tout cas, pour l'édition 2022 du diplôme national du brevet, il reste six jours avant les épreuves. Comme ultime révision, pourquoi ne pas écouter un rap ?