Projet éolien en Indre-et-Loire : les maires de Vou et de la Chapelle-Blanche-Saint-Martin “montent au combat”

Image d'illustration d'éoliennes / © SALESSE Florian / LA MONTAGNE / MAXPPP
Image d'illustration d'éoliennes / © SALESSE Florian / LA MONTAGNE / MAXPPP

La préfète d’Indre-et-Loire a autorisé la construction d’un parc de 5 éoliennes sur les communes de La Chapelle-Blanche-Saint-Martin et de Vou. Les maires vont attaquer les permis de construire et d’exploitation.

Par Amélie Rigodanzo

La nouvelle est tombée le 9 janvier au cours d’un rendez-vous entre Martine Tartarin, la maire de la Chapelle-Blanche-Saint-Martin, Jean-Marie Vannier le maire de Vou, et la préfète d’Indre-et-Loire. Un rendez-vous prévu au départ pour faire le point sur le projet de parc éolien. "C’est là qu’elle nous a annoncé qu’elle avait signé le permis d’exploiter et les 5 permis de construire", raconte le maire de Vou. "Même si on se doutait qu’elle allait être amenée à le faire, on espérait qu’elle prendrait plus de temps. Elle nous a dit qu’elle n’avait pas eu le choix. Qu’elle devait suivre l’Injonction du tribunal de Nantes", détaille la maire de la Chapelle-Blanche-Saint-Martin.

Situé sur leurs deux communes, ce parc éolien de 5 éoliennes a fait l’objet de nombreux rebondissements judiciaires. Le Dernier date de septembre 2018. La cour administrative d’appel de Nantes avait rejeté un recours de la ministre de l’environnement Ségolène Royal. "Je pense qu’il y a des pressions au niveau national pour qu’il y ait des éoliennes en Indre et Loire", déplore Jean-Marie Vannier.
 


"On a l’impression que notre territoire est une proie facile malgré tous les avis négatifs".

Car malgré ce feu vert de la préfecture, deux enquêtes publiques menées en 2014 et 2019 ont démontré que les habitants des deux communes sont majoritairement contre ce projet. La dernière comptabilisait 260 avis contre et seulement 10 avis favorables. "Nos administrés sont très remontés", témoigne le maire de Vou. "Ils veulent aller au combat".

Des dons des habitants pour couvrir les frais de procédure

Les deux communes ont donc saisi leur avocat pour attaquer les arrêtés de la préfecture devant le tribunal administratif. Une nouvelle procédure qui a un coût pour ces villages de 699 et 208 habitants. Entre 10 et 15 000 euros. "Comme nos mairies ne peuvent pas recevoir de dons, certains habitants l’ont fait auprès des associations qui nous soutiennent pour nous permettre de couvrir les frais de procédures", explique Jean-Marie Vannier.

Le temps de la procédure devrait permettre de faire piétiner le projet encore 2 ans. Suivant le résultat, les premiers magistrats des deux communes sont décidés à épuiser tous les recours. "Je suis attristée mais comme je suis quelqu’un de combattif je ne vais pas lâcher l’affaire", lance Martine Tartarin. " On ira jusqu’au Conseil d’Etat si on peut le faire". Même détermination pour le maire de Vou :

"On monte au combat comme on l’entend dans la rue en ce moment.  On est une petite commune obligée de se battre contre des monstres mais on a de la volonté et on y arrivera."

Rendez-vous avec la ministre de l’environnement le 4 Février

En parallèle, les deux maires se rendront au ministère de la Transition écologique et solidaire  le 4 février prochain. Un rendez-vous prévu de longue date afin de trouver une issue au dossier et pourquoi pas, d’envisager un recours hiérarchique afin de contester les arrêtés de la préfecture d’Indre-et-Loire.
 

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