Au CHRU de Tours, des tablettes distribuées en gériatrie pour rompre l'isolement des personnes âgées

En mars, le fonds de dotation du CHRU de Tours a lancé une collecte solidaire Covid-19, qui a recueilli à ce jour environ 27.000 euros. Grâce à ces dons, les services de gériatrie sont équipés de tablettes destinées aux personnes âgées, très isolées avec l'interdiction des visites.

Des tablettes sont distribuées dans les services gériatriques pour rompre l'isolement des personnes âgées.
Des tablettes sont distribuées dans les services gériatriques pour rompre l'isolement des personnes âgées.
Les 27.000 euros collectés dans le cadre de cette crise sanitaire proviennent essentiellement de dons de particuliers.

La Responsable du mécénat au CHRU de Tours, Élodie Gaspard précise : "On équipe en fait tout l’hôpital en tablettes numériques, tous les services qui en font la demande. Gériatrie, bien sûr, mais aussi pneumologie, cardiologie... quasiment tous les services d’hospitalisation."

Les enfants hospitalisés n’ont pas été oubliés : "En parallèle, on a pu fournir 4 ordinateurs portables à l’hôpital Clocheville afin de faciliter le travail scolaire, grâce notamment à l’association "Un sourire pour tous", qui a décidé de soutenir spécifiquement cette action."

Le professeur Bertrand Fougère est chef de service des trois unités gériatriques du CHU de Tours : courts séjours, soins de suite et de rééducation (SSR) et EHPAD de l’Ermitage.
Le Professeur Bertrand Fougère au CHRU Tours – Service de Gériatrie
Le Professeur Bertrand Fougère au CHRU Tours – Service de Gériatrie © CHRU de Tours
Selon lui, les tablettes sont forcément un outil précieux pour garder du lien avec les proches, la famille, quand les visites ne sont plus possibles : "On dispose de tablettes dans toutes nos unités."

On donne aux familles les coordonnées du compte Skype et on prend des rendez-vous, car on ne dispose pas d’une tablette par patient. Certains de nos patients ont leur propre téléphone et contactent eux-mêmes leur famille.

"Mais on est quand même sur une population particulière, des personnes de plus de 75 ans pour l’essentiel, qui souvent ne maitrisent pas ces nouvelles technologies."

"Les soignants sont aussi un peu aujourd’hui les aimants"

Et il n’y a pas que les tablettes pour recréer ce fameux lien : "On reçoit de nombreuses marques d’affection, des dessins, des poèmes nous arrivent par mails envoyés par exemple par les enfants des écoles de Tours. On les imprime, on les donne aux patients, on les affiche dans le service. Et puis la place des soignants a beaucoup évolué avec la fin des visites. Les soignants sont aussi un peu aujourd’hui les aimants", poursuit le professeur Bertrand Fougère.

Une personne âgée et fragile peut mourir très rapidement du Covid-19. Mais le professeur relève d’autres effets tragiques dans cette crise sanitaire : "Toutes les personnes qui ont des pathologies chroniques, diabète ou insuffisance cardiaque par exemple, ont des difficultés pour se faire suivre car il n’y a plus de consultations, donc elles peuvent aussi en mourir."

Enfin le troisième effet est l’aspect psychologique du confinement. Les personnes complètement isolées peuvent se laisser glisser, parce que la vie ce n’est pas que le cœur qui bat, c’est l’interaction avec la société, avec les gens. C’est à ça qu’on doit vraiment s’atteler en gériatrie : maintenir au maximum le lien social.

Des tablettes sont distribuées dans les services gériatriques pour rompre l'isolement des personnes âgées.
Des tablettes sont distribuées dans les services gériatriques pour rompre l'isolement des personnes âgées. © CHRU de Tours
Sur la reprise des visites dans les EHPAD annoncée par le ministre de la Santé, le professeur Fougère se veut toutefois très prudent : "Oui, c’est important parce que ça a le mérite, justement, de remettre du lien entre les résidents et leur famille. Mais il va falloir s’organiser pour éviter que le loup ne rentre dans la bergerie."

Les visites devront se faire dans des conditions de grande sécurité et d’hygiène. On se donne une semaine pour s’organiser et reprendre les visites la semaine prochaine selon des règles très strictes.

Il n’a eu pour l’instant ni épidémie, ni décès au sein de l’EHPAD de l’Ermitage. Mais le SSR, lui, a comptabilisé 50 cas pour 7 décès.

Le chef de service estime toutefois que les conditions de travail sont satisfaisantes :"On a un accompagnement positif de la part de la direction du CHRU. Je ne peux pas dire que l’on soit en manque au niveau du personnel ou du matériel. Mais il n’en va pas de même dans les EHPAD du département, hors CHRU, clairement sous-dotés en personnel soignant et non armés pour faire face à une charge de soins aussi importante. C’est une catastrophe annoncée."
Une course virtuelle pour financer la recherche sur le Covid-19
Le fonds de dotation du CHRU de Tours souhaite également soutenir les projets de recherche visant à trouver un traitement ou un vaccin pour le Covid-19.

"Le CHU va bientôt lancer une étude visant à trouver un traitement, mais sans financement spécifique de l’État ou de partenaires extérieurs, explique Elodie Gaspard. Nous avons donc décidé d’organiser des évènements caritatifs pour soutenir les chercheurs."

Ainsi, une "course confinée virtuelle" de 5 kilomètres sera organisée les 1er, 2 et 3 mai prochains :
"Les gens sont invités à courir sur leur tapis de course, dans leur jardin, sur leur terrasse, dans leur zone de confinement… L'inscription à la course est de 6 euros, somme qui sera reversée à la recherche sur le coronavirus. Une course certes virtuelle, mais avec dossards, chronomètre, podium, etc.", explique la responsable du mécénat.

Toutes les informations concernant les conditions de participation et les modalités d’inscription seront diffusées très prochainement sur les réseaux sociaux.
 
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