Coronavirus : la galère des étudiants confrontés à la pénurie de jobs d’été

À l’approche du mois de juillet, nombreux sont les étudiants à chercher un job d’été. Mais les offres sont devenues de plus en plus rares à cause du confinement et de la crise de Covid-19. À Tours, l'inquiétude règne.

Le secteur de la restauration est habituellement l'un des plus gros pourvoyeurs de jobs d'été.
Le secteur de la restauration est habituellement l'un des plus gros pourvoyeurs de jobs d'été. © Franck Boileau / MaxPPP

“J’ai postulé partout où je pouvais, dans tous les secteurs possibles et envisageables”. Ivan a 22 ans et est étudiant en master de philisophie à Tours. Depuis le mois d’avril, il multiplie les candidatures spontanées pour trouver un job d’été et scrute l’arrivée de nouvelles offres sur Indeed, le Bon Coin, LinkedIn… Et a même lancé un appel sur Facebook. Une chasse à l’emploi peu ordinaire : “Je passe cinq à six heures par jour à rechercher sur Internet. Financièrement, ça devient très compliqué, le mois de juin étant le dernier mois de versement de la bourse.” 

"On m'explique que ce n'est pas envisageable de recruter"

La fermeture obligatoire des restaurants, bars et hôtels, pourvoyeurs d’emplois étudiants, a bouleversé les plans de beaucoup de jeunes. À leur réouverture, Ivan est allé directement à la rencontre des restaurateurs de la place Plumereau qui l’ont stoppé dans son élan. “Certains m’ont donné leurs coordonnées, mais la plupart m’ont expliqué que ce n’était pas envisageable de recruter après cette période compliquée”. Par ailleurs, le jeune homme doit restreindre ses recherches dans les zones desservies par les transport en commun, n'ayant pas de voiture.

 

Et à cela s’ajoute le stress de valider l’année universitaire. C’est le cas de Matthias, 19 ans, en deuxième année de médecine à Tours. “Je dois absolument trouver un job en juillet, car en août, j’ai mes rattrapages à réviser”, confie le jeune homme originaire de Vendôme. Il y a deux ans, Matthias avait eu l’opportunité d’être embauché dans le groupe d’assurance où officie son père et comptait cette année sur le bouche-à-oreilles pour trouver un job. “Quand je vois la situation de mes amis autour de moi, c’est comme ça que ça marche habituellement... Mais cette année c’est très compliqué !” Matthias a décidé d’aller s’inscrire en agence d’intérim dès la semaine prochaine et se dit “prêt à tout accepter”.

Des offres qui commencent à arriver

Au Bureau information jeunesse (Bij) de Tours, on constate que de nombreux jeunes ont perdu leur job d’été, notamment dans l’animation. “Soit parce que les séjours ont été annulés, soit parce que les centres de loisirs embauchent moitié moins d’animateurs”, explique Françoise Dessables, documentaliste en charge de l’emploi au Bij. Néanmoins, cette structure qui organise chaque année un Forum job d’été, remplacé cette année par un forum virtuel, commence à recevoir des offres dans les domaines des services à la personne et de l’agriculture. Françoise Dessables conseille également aux jeunes de consulter le site de Pôle Emploi, rappelant que "les offres ne sont pas réservés qu’aux demandeurs d’emplois inscrits au chômage".

Suspendus aux annonces du gouvernement, les employeurs débloquent des offres petit à petit, mais les recrutements pour cet été devraient se faire au dernier moment, et dans l’urgence. Le découragement guette cependant les étudiants, et Ivan songe même à retourner vivre chez ses parents “pour ne pas avoir la charge de nourriture à payer”

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