Crise de l'hôpital public : trente chefs de service du CHU de Tours démissionnent de leurs fonctions administratives

Trente chefs de service de Tours ne rempliront plus leurs fonctions administratives. Photo d'illustration. / © DANIELLE LABORDE / MAXPPP
Trente chefs de service de Tours ne rempliront plus leurs fonctions administratives. Photo d'illustration. / © DANIELLE LABORDE / MAXPPP

Ils avaient prévenu, c'est désormais chose faite. Trente chefs de services tourangeaux ont remis leur "démission administrative" à la direction ce mercredi 12 février. Ils protestent contre le manque de moyens alloués aux hôpitaux.

Par Bertrand Mallen

"Que va devenir l'hôpital public ?" C'est la question que posaient collectivement plus d'un millier de médecins dont 24 en Centre-Val de Loire, parmi lesquels de nombreux chefs de service. Un mois après ce préavis, trente chefs de service tourangeaux ont remis officiellement leur "démission administrative" à la direction générale du CHU de Tours.

 

L'hôpital public "sacrifié"

"Malgré une entrevue vendredi 17 janvier de nos représentants avec la ministre Mme Agnès Buzyn, nous restons très mobilisés pour sauver l'hôpital public", précise la lettre. "Même si la Ministre a convenu que l'Hôpital public avait été sacrifié au cours des 10 dernières années par une politique d'austérité, Mme Buzyn n'a visiblement pas compris l'urgence de la situation."

A l'instar d'autres organisations de soignants, comme le collectif Inter-Urgences, les médecins demandent "une revalorisation significative des salaires des soignants" ainsi que 600 millions d'euros supplémentaires pour les hôpitaux. En outre, ils souhaitent voir une "révision profonde du mode de financement" afin que le corps médical soit davantage impliqué dans la gestion, et "une modification du mode de gouvernance impliquant plus les soignants" dans les prises de décision.
 

 

"Il n'y a aucune différence de prise en charge"

"La démission collective c’est, en tant que chef de service au sein de l’institution, de refuser le travail administratif" explique Evelyne Werner, reponsable d'un service de réanimation néonatale au CHRO d'Orléans et signataire de la lettre du 14 janvier. Un acte avant tout symbolique qui n'interrompt pas le soin prodigué aux patients : "il n'y a aucune différence de pris en charge." Cependant, le message se veut clair. Le 14 février, le collectif Inter-Hôpitaux a appelé à une nouvelle journée d'action pour "sauver l'hôpital".

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