• FAITS DIVERS
  • SOCIÉTÉ
  • DÉCOUVERTE
  • ECONOMIE
  • CULTURE
  • POLITIQUE

Dreamhack de Tours : Frédéric Zolfanelli, animateur inimitable

Au milieu du tumulte, Frédéric Zolfanelli et son éternel sourire. / © Yacha Hajzler / France 3 CVDL
Au milieu du tumulte, Frédéric Zolfanelli et son éternel sourire. / © Yacha Hajzler / France 3 CVDL

Il y a presque 10 ans, il incarnait le prêtre Sparadrap dans "Noob", une web-série devenue culte sur internet. Il est maintenant animateur professionnel de compétitions Esportives et autres événements du jeu vidéo.

Par Yacha Hajzler

Fred Zolf monte sur scène, et c'est parti. Grand sourire, belle portée de voix, il assure le spectacle dans un costume bleu impeccable. A 39 ans, Frédéric Zolfanelli en a eu plusieurs, des costumes. 
 

"Sparadrap, on t'aime"


A la Dreamhack de Tours, beaucoup le connaissent pour son rôle dans la web-série "Noob" (abréviation péjorative de néophyte, dans le jargon du jeu vidéo). Il y incarne Sparadrap, prêtre dans le jeu fictif Horizon, et archétype du joueur nullissime qu'on abandonne en cours de partie. Bientôt 10 ans, et 9 saisons. La série a dépassé les 100 millions de vues, et a explosé en 2017 le record de financement participatif d'Europe, en engrangeant 1,25 million d'euros. 
 
 La notoriété acquise via la série a ouvert à Frédéric Zolfanelli les portes du métier d'animateur sur la scène du jeu vidéo, y compris professionnel. "Evidemment, ça a été plus simple. Les gens me connaissent, certains joueurs aussi. Maintenant, je suis connu via une web-série, mais dans le milieu de l'Esport, c'est à moi de me faire connaître, et ça se forge sur une longue durée" explique-t-il humblement. 

C'est la joueuse professionnelle Kayane qui l'introduit dans ce milieu. Le bouche-à-oreilles fait le reste, jusqu'à son premier événement officiel, sur une compétition Overwatch, à la Paris Games Week, il y a trois ans. "On n'était pas du tout sur une scène, et moi je ne suis pas un gros joueur d'Overwatch, se souvient "Fred of the Dead"'. Mais on s'est bien amusés, on a mis du fun, et c'est grâce à ça que j'ai fait ma première scène à la Dreamhack !"
 

Animateur, pas commentateur


Son activité se partage entre les événements, qui lui apportent de la visibilité, et les partenariats, où c'est lui qui apporte la visibilité. "Je ne suis pas le roi du pétrole, je fais beaucoup de petits salons, car il y a peu de gros événement Esport en France. Mais c'est le travail dont je vis, l'animation gaming."

Il tient tout de suite à faire la distinction entre son métier, host, dans le jargon, et celui de caster, commentateur. "Je suis la pour chauffer le public, présenter les équipes, annoncer certaines choses, mais c'est ce n'est pas moi qui commente les parties. Je n'ai pas la prétention d'être caster et je suis sur que je le ferais très mal", s'amuse-t-il.

La routine de l'animateur commence, déjà, par arriver en avance, pour les répétitions. Petit tour des caster et des joueurs pour quelques précisions, il débarque à l'heure H sur scène, enflamme le public et revient pour les interviews en fin de compétition. Très peu d'heures de travail, donc. En apparence. 
 
"Je travaille la plupart du temps les weekend, donc la semaine je stream (jouer en direct sur internet, ndlr), principalement aux jeux sur lesquels je vais host, mais pas que. Je me renseigne sur les jeux, sur leur actualité. Quand tu arrives sur une scène et que tu ne connais pas ton sujet, ça se voit sur le langage, sur certains codes... C'est important de se renseigner pour proposer une vraie qualité."
 

Continuer


Les compétitions Esport, c'est son terrain de jeu favori. Un milieu organisé, carré, plans de scène et tout le toutim, "l'impression de jouer dans la cour des grands" porte Frédéric Zolfanelli.

Une prestation de qualité, c'est la clé pour nouer une relation avec ce public d'initiés. "En général, ils sont un petit peu "troll", mais les communautés sont très gentilles, très sympa. Par contre, si tu fais de la merde, on saura te le dire. Ce que je préfère, c'est cette relation avec le public. J'ai beaucoup aimé la compétition Rainbow 6, à la Paris Games Week de 2018. Pour le coup, c'est une très très bonne communauté."
 C'est sur les gamers qu'il lui faudra compter, dans ce milieu où il est difficile de se projeter. "On a une épée de Damoclès au-dessus de la tête, ça se rapproche d'un métier d'artiste. Mais j'aimerai continuer, faire plus d'événements, trouver plus de partenaires. Et faire plus de stream, même si c'est parfois difficile avec la vie de famille. Voilà : continuer, continuer."

Sur le même sujet

Agathe Fournigault : "Le Grenelle des violences conjugales de Marlène Schiappa ? Une supercherie !"

Les + Lus