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L'e-sport et les femmes : “Mais pourquoi on ne les voit pas ?” #Dreamhack

Dans la LAN-Party de la Dreamhack 2018, l'immense majorité des joueurs sont des hommes... mais pas tous ! / © Yacha Hajzler / France 3 CVDL
Dans la LAN-Party de la Dreamhack 2018, l'immense majorité des joueurs sont des hommes... mais pas tous ! / © Yacha Hajzler / France 3 CVDL

Nous avons rencontré, à la Dreamhack de Tours, les représentantes de l'association Women in Games France. Il s'agit d'une association professionnelle qui oeuvre pour une meilleure représentation des femmes dans le domaine du jeu vidéo et de l'e-sport.

Par Yacha Hajzler

"Je suis dans la LAN !" Au milieu des rangées de joueurs alignés à la Dreamhack de Tours pour cette grande partie de jeu en réseau, Noémie Grout et ses coreligionnaires. Elles sont là pour s'adresser à un type précis de joueurs : les joueuses.

Noémie Grout est une des membres et représentants de l'association Women In Games France. Fondée en septembre 2017, cette association professionnelle a pour but d'assurer une meilleure visibilité des femmes dans le domaine du jeu vidéo et de l'e-sport, et de faire progresser la mixité dans ces domaines.
 

Où sont-elles, puisqu'elles y sont ?


Selon les chiffres de l'association, on trouve jusqu'à 50% de femmes chez les éditeurs de jeu vidéo, mais ce chiffre tombe à 25% dans les écoles, et 15% dans les studios de développement. Moins intéressées, les femmes ? Elles sont pourtant 46% à déclarer jouer aux jeux vidéos. En compétition, elles sont les grandes absentes.

Noémie Grout, comptable de métier, et rédactrice spécialiste de l'e-sport par passion, a pris conscience de cette incohérence en évoluant dans le milieu. "En fait, je n'ai pas remarqué tout de suite. Et puis, au bout d'un moment, je me suis rendu compte que j'interviewais toujours des messieurs. J'ai commencé à m'intéresser de plus en plus à la problématique : mais pourquoi il n'y a pas de joueuses ? Pourquoi on ne les voit pas ?"

Arrivée chez Women in Games France peu de temps après la création de l'association, elle s'emploie aujourd'hui à y créer un pôle dédié à l'e-sport. Et avance quelques pistes pour expliquer l'invisibilisation des joueuses à partir d'un certain niveau.
 

"Je pense que les femmes s'intéressent souvent plus tard au jeu vidéo. Si je prends mon expérience, jusqu'à mes dix-sept ans, je me sentais un peu à part dans mon groupe d'amies. C'est après que j'ai commencé à m'épanouir, à dire que je jouais aux jeux vidéos. On rencontre encore de gros problèmes de stéréotypes, et peut-être aussi que les femmes savent plus facilement se déconnecter d'un jeu vidéo. Résultat, quand on arrive sur la scène compétitive, il n'y a pas le même niveau."
 

Pousser mémé dans l'e-sport


Alors il faut pousser, pour créer de bonnes conditions. Avec Woman In Games, Noémie Grout travaille actuellement sur un projet qui vise à aider les joueuses à entrer dans le domaine compétitif. En recherche de sponsors, elle ne peut en dire plus pour le moment.
 
Noémie Grout intervient dans la LAN auprès des joueuses, avec d'autres représentantes de Women In Games, Servane Fischer et Lucie Prunier. / © Yacha Hajzler / France 3 CVDL
Noémie Grout intervient dans la LAN auprès des joueuses, avec d'autres représentantes de Women In Games, Servane Fischer et Lucie Prunier. / © Yacha Hajzler / France 3 CVDL

Autre initiative : la naissance de la Ligue féminine, un projet lancée par Sonia “NiwaaSan” Allam, qui a permis la tenue en février de la première compétition de League of Legends exclusivement féminine.

Controversé pour son aspect communautaire, comme tous les événements de son cru, le projet a eu le mérite de permettre la constitution de quinze équipes féminines, dont l'une est présente à la Dreamhack ce weekend.
 

Sommée de faire ses preuves


Women In Games a pris le parti d'ouvrir à toutes et tous ses adhésions. Une manière de réfléchir ensemble, mais aussi de pousser l'ensemble des acteurs du milieu à la réflexion. Car ce seront aussi les hommes qui devront apprendre à réserver une place différente aux femmes. Place pas tout à fait encore très confortable.

"Dans l'e-sport la femme a toujours été bien accueillie... Mais on doit toujours faire ses preuves. Montrer qu'on est pas là pour draguer les joueurs, ou pour streamer avec un petit débardeur qui va bien tout mettre en valeur. Il faut montrer qu'on a un travail et qu'on le fait comme les autres. C'est dommage en un sens, la femme doit toujours en faire deux fois plus" réfléchit Noémie Grout.

Et de citer l'exemple de Geguri, joueuse coréenne d'Overwatch qui - jouant sans doute trop bien pour une femme - avait dû faire face à des accusations de se montrer alors que son petit amie jouait, puis de tricherie. Tricherie depuis démentie formellement par Blizzard, créateur du jeu.

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