Îles de Loire polluées à l'amiante : les travaux engagés par Tours-Métropole reprennent sur l'île aux Vaches

Après l'île Aucard en 2020, la seconde phase de travaux de retrait de l’amiante sur les Îles de Loire a débuté. Elle concerne cette fois l'île aux Vaches, un peu plus en amont, où les déchets sont dispersés sur une superficie de 8000 m2. Un chantier complexe qui devrait durer environ 6 semaines

Cette pollution de l'île Simon provient de puits de captage de l'eau, constitués à l'origine de tubes en fibro-ciment (amiante). Des travaux de rénovation ont eu lieu en 2008, ces tubes ont bien été enlevés, mais, pour une raison encore inexpliquée, les déchets amiantés ont été abandonnés sur place !

"C'est un cadeau empoisonné que nous avons découvert lorsque nous avons récupéré la compétence eau en 2017, regrette Bertrand Ritouret, vice-président de Tours Métropole Val de Loire. Auparavant, l'eau était gérée par la ville de Tours, mais le désamiantage, qui aurait pu être facilement réalisé lors des travaux, n'a pas été fait. Pour y remédier, le chantier semblait énorme et complexe, on parlait de sommes astronomiques..."

Après des études, un diagnostic complet en lien avec les services de l'Etat, des solutions moins onéreuses ont été trouvées, une méthodologie mise en place.

L'île aux Vaches, zone classée Natura 2000

Sur l’Île Aucard, 330 m3 de terres polluées, répartis en 4 tas, ont été extraits via un passage à gué aménagé. Mais pour l’Île aux Vaches, la situation est nettement plus compliquée : les déchets sont dispersés sur 8000 m2, et les contraintes environnementales sont très fortes (le site est classé en zone NATURA 2000).

"Si l'on devait retirer toute la terre qui contient des déchets amiantés, cela entrainerait des dégats environnementaux considérables, explique Vincent Soulard, directeur du cycle de l'eau à Tours Métropole VDL. On est donc obligé de filtrer, de trier pour ne retirer que l'amiante. Un tamisage fin, manuel qui fait intervenir beaucoup de personnes. Mais la terre et les alluvions nettoyés pourront rester sur place."

Et, contrainte supplémentaire due au niveau de la Loire, le passage à gué est impraticable, il a fallu affréter une barge pour transporter les engins de chantier et évacuer les déchets.

L'île aux Vaches reste à l'heure actuelle, un site de production d'eau potable, dont la qualité n'est menacée, selon Tours Métropole, ni par l'amiante ni par le chantier en cours :

"Un hydro-géologue agréé est venu sur place, reprend Vincent Soulard, pour s'assurer qu'il n'y ait aucun risque de pollution de l'eau potable. L'eau est puisée suffisamment en profondeur, 10 à 15 mètres, et ce qui est en surface ne migre pas dans le sol."

D'un coût de 265 000 €, les travaux de désamiantage sur l'île aux Vaches doivent durer environ 6 semaines.

 

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