Innovation : succès régional pour la plateforme numérique de suivi post-réanimation créée par le CHRU de Tours

Débordé par la première vague de Covid-19, le CHRU de Tours lançait en mai 2020 "CO-VIE-APRES", le premier outil digital permettant un meilleur suivi des patients en post-réanimation. Utilisé par 90 patients, il tend aujourd’hui à se développer dans les hôpitaux de la région.

Le CHRU de Tours et La Mobilery ont lancé en mai 2020 une plateforme numérique innovante de suivi des patients en post-réanimation.
Le CHRU de Tours et La Mobilery ont lancé en mai 2020 une plateforme numérique innovante de suivi des patients en post-réanimation. © Lionel Le Saux/ MaxPPP

"Au milieu de chaque crise se trouve une grande opportunité". Il y a presque un an, l’équipe médicale du service de réanimation du CHRU de Tours donnait raison au physicien Albert Einstein. Submergés par la première vague de Covid-19 et par le chiffre grandissant de patients en réanimation - 300, contre 80 lors des grosses épidémies de grippe - quatre médecins du service décident en mai 2020 de mettre au point une plateforme numérique inédite, permettant un meilleur suivi des personnes en post-réanimation. 

La sortie de réanimation, un vrai enjeu médical

"Avant, on ne pouvait assurer un réel accompagnement que pour les cas les plus graves. Ce n’était pas possible de suivre tout le monde, ça demandait beaucoup de temps de faire revenir les gens en consultation, de leur faire des examens complémentaires... et avec la crise sanitaire c’était encore pire", raconte Charlotte Salmon, praticienne hospitalière en médecine intensive-réanimation au CHU Bretonneau.    

C’est donc de cette urgence qu’est né CO-VIE-APRES. Développé avec La Mobilery, une start-up implantée au MAME, cet outil interactif et sécurisé donne la possibilité à l’équipe médicale tourangelle de suivre au plus près l’évolution de l’état de santé post-réanimation de ses patients.

Un accompagnement essentiel, précise Charlotte Salmon : "Une telle hospitalisation peut causer de nombreux syndromes post-réanimation. On constate de la fatigue, du stress, des pertes de mémoire, des douleurs articulaires ou des difficultés respiratoires, encore plus nombreuses avec le Covid-19". Des séquelles souvent incomprises par les médecins traitants, mais qui concernent pourtant la moitié des malades, parfois jusqu’à cinq ans après l’intervention.      

"Garder un véritable lien" avec les patients 

Sur le site web, les patients peuvent poser des questions, demander une téléconsultation mais surtout ils peuvent remplir à leur rythme des auto-questionnaires, qui sont par la suite transmis à l’équipe médicale hospitalière. Un système bénéfique aussi bien pour les malades que pour les médecins. "Tout le monde gagne du temps : c’est où on veut, quand on veut et ça nous permet surtout de garder un véritable lien avec eux, ils ne se sentent plus abandonnés", développe Charlotte Salmon.

Après cinq semaines passées au service réanimation, la plateforme est pour Jean-Noël un vrai plus : "Pouvoir communiquer simplement avec les médecins à chaque fois que j’en ai besoin, c’est très rassurant pour ma famille et pour moi-même", raconte cet homme de 74 ans. Barbara avait quant à elle passé quatre semaines dans ce service. Rentrée chez elle il y a un mois, cette femme de 60 ans reprend peu à peu le travail : "A chaque fois que j’ai écrit un message au médecin du service, j’ai eu une réponse très rapide, me disant quoi faire. Je peux poser mes questions et être sûre d’avoir une réponse adaptée.

Depuis le début de l’épidémie, près de 90 patients ont déjà utilisé CO-VIE-APRES. Si deux tiers d’entre eux, dont des personnes âgées, se disent satisfaits de l’outil, d’autres l'abandonnent rapidement, préférant "oublier leur expérience en réanimation", nous apprend Charlotte Salmon. Une manière de rappeler que ce suivi dépend également de la volonté du patient.      

Encore en développement, la plateforme est déjà expérimentée par les hôpitaux de Blois et du Mans. D’autres CHU de la région ont par ailleurs manifesté leur intérêt. 

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