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“J'ai passé 350 heures avec ce personnage, et je le vois enfin !” : le cosplay expliqué aux profanes

Les participants au concours de cosplay de la Dreamhack 2019, à Tours. / © Yacha Hajzler / France 3 CVDL
Les participants au concours de cosplay de la Dreamhack 2019, à Tours. / © Yacha Hajzler / France 3 CVDL

Cette année, la Dreamhack de Tours accueillait une étape de la Coupe de France de cosplay. Présidente du jury, la cosplayeuse Chouchou Geek Art nous raconte ce qui fait vibrer les passionnés. 

Par Yacha Hajzler

Dreamhack de Tours, jour 2, 13h30. Face à la grande scène, les spectateurs attendent l'arrivée de leurs personnages préférés : vampires, guerriers ou soigneurs sortis tout droit de leurs jeux vidéos. C'est l'heure du concours de cosplay, une étape de la coupe de France, dotée à hauteur de 1000 euros pour le vainqueur. 

Audrey Marchal, 34 ans, est au civil directrice d'un office de tourisme. Dans le milieu du cosplay, elle est Chouchou Geek Art, grand prix de la prestation scénique de la dernière coupe de France, grâce à un changement de costume surprise sur scène. Elle est aujourd'hui présidente du jury. 
 
A gauche, Audrey Marchal incarne Ana, un personnage du jeu Overwatch. / © Yacha Hajzler / France 3 CVDL
A gauche, Audrey Marchal incarne Ana, un personnage du jeu Overwatch. / © Yacha Hajzler / France 3 CVDL
 
Le cosplay, c'est cette discipline, contraction de "costume" et "roleplay", qui consiste à incarner jusque dans les moindres détails un personnage, le plus souvent issu du jeu vidéo ou du manga. A l'occasion de la compétition, "Chouchou" nous explique ce qui mobilise les quelque milliers de Français qui partagent sa passion.


Comment a démarré votre passion pour le cosplay ? 


Audrey Marchal : Je fais du cosplay depuis 4 ans seulement. Je fais de la couture depuis longtemps, je bricole beaucoup, j'ai fait du médiéval... Et je joue aux jeux vidéos depuis très longtemps aussi.

Mais je ne connaissais pas le cosplay, à part le côté japonisant qui n'est pas trop mon truc. Je n'avais pas fait le lien entre ma passion pour la couture et ma passion pour le jeu vidéo
 

Vous passez combien de temps sur un costume ?


Moi je fais des costumes un peu complexes, en général, c'est minimum 150 heures, mais ça peut être beaucoup plus. Quand j'ai un événement qui approche, je peux facilement y passer 30 heures par semaine. C'est un deuxième boulot

Le plus gros stress, c'est de ne pas finir son costume à temps, on se retrouve la veille à 5h du mat' avec encore plein de trucs à faire...
 

Pour la fabrication, les cosplayeurs ont des astuces ? 


Moi j'aime beaucoup les costumes qui mixent le craft (les travaux manuels), et la couture. J'achète beaucoup sur internet, par exemple la mousse pour les accessoires, il y a quelques sites français. Pour ce qui est tissu, la difficulté c'est de trouver le tissu qui va le plus ressembler au personnage, donc là... On écluse internet et les petites boutiques, il faut beaucoup chercher.

Pour le reste, Bricomarché est ton ami ! C'est assez drôle quand on s'intéresse à des éléments de plomberie et que le vendeur arrive en disant : "Je peux vous renseigner ?" Huuum... Je ne suis pas sûre, non (rires) ! 
 
 

En compétition, sur quoi on juge un cosplay ? 


Il faut savoir qu'en France, on a la particularité de juger à la fois sur la qualité du costume et sur la prestation scénique. Aux Etats-Unis, il n'y a pas de note de prestation, c'est un défilé. Alors qu'au Japon, par exemple, le costume peut être acheté, mais la prestation est hyper importante. Nous, on fait 50/50.

Pour ce qui est du costume, on juge le le choix des matières, le respect de l'image de référence, puisque le cosplay c'est incarner un personnage. On regarde le degré de finition : les fils qui pendent, les traits de colle, les traces de ponçage... 
 
Ce jeune homme a choisi de reconstituer une cinématique de combat pour sa prestation scénique. / © Yacha Hajzler / France 3 CVDL
Ce jeune homme a choisi de reconstituer une cinématique de combat pour sa prestation scénique. / © Yacha Hajzler / France 3 CVDL

Sur la prestation, on va juger l'originalité, est ce qu'on va ressentir l'histoire du personnage, est ce qu'on va rire ? On voit aussi si le personnage est à l'aise sur scène, son côté théâtral. Il faut aussi faire attention que la prestation soit accessible à tous, on n'est pas hyperspécialistes de chaque jeu.

En général, il y a toujours de beaux costumes, donc c'est ça qui fait pencher la balance. 
 

Quel regard portent les gens sur le cosplay ?


Ah..! Dans le milieu de l'Esport, les gens sont très bienveillants, polis. Ils sont contents de voir leur personnage prendre vie. Dans les conventions plus japonisantes, il y a parfois un regard qui est un peu plus critique : "oui mais elle n'a pas exactement la même tête", "elle est plus petite", "elle est plus maigre"... Il y a plus de jugement sur les événements "grand public". 

Pour le reste, j'ai toujours eu de super retour, en général les gens sont très contents. Je sais que ça arrive que quelqu'un vienne te voir pour te dire : "t'es moche". Moi je ne l'ai jamais vécu, mais je sais que ça arrive.

Il faut dire que je suis un peu plus vieille, c'est plus difficile de m'attaquer moi qu'une jeune fille de 17 ans un peu mal à l'aise dans son costume. 
 

En quoi jeu vidéo et cosplay sont indissociables ?


Le jeu vidéo fait partie de notre vie, y prend beaucoup de temps, et on est entourés de personnages pour lesquels on a parfois un affect très très fort, parce qu'on peut vivre des émotions très fortes à travers le jeu vidéo. 
 
Pourquoi les gens vont à Disney ? Parce qu'ils peuvent voir en vrai les personnages qui ont marqué leur enfance. Ils voient Mickey et ils sont ouf, alors qu'il savent très bien que c'est pas vraiment Mickey. Nous on se dit : j'ai passé 350 heures sur ce jeu avec ce personnage, et là je le vois, c'est trop bien ! 
 

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