Un kiné Tourangeau se lance dans la Route du Rhum

Laurent au large de Lorient / © Photo de Laurent Jubert
Laurent au large de Lorient / © Photo de Laurent Jubert

Pour Laurent, c’est presque un rêve de gosse qui va se réaliser bientôt. Dans un mois, il sera au départ de la mythique Route du Rhum. Une aventure solitaire, bien sûr, mais aussi solidaire puisqu’il veut avec ce défi alerter sur les méfaits de la cigarette.
 

Par Cyril DEVILLE

Laurent n’a jamais traversé l’Atlantique mais c’est un passionné de voile depuis longtemps. La plupart de ses étés, il les passe sur l’eau. C’est comme ça qu’un jour il a loué la Renaissance, une goélette de 50 pieds (15 mètres) tout en acier. Alors, l’idée a trotté dans sa tête : et si c’était avec ce bateau qu’il allait traverser l’Atlantique et participer à sa première Route du Rhum ? Quand il a soumis son projet au propriétaire, ce dernier a tout de suite dit banco. En échange de travaux à bord, le propriétaire a mis son bateau à disposition.

Et les symboles liés à cette goélette ne manquent pas. Déjà, elle a été construite en 1978, l'année de la première édition de la Route du Rhum. L'un comme l'autre fêteront cette année leur quarantième anniversaire. Son nom également, Renaissance, fait écho aux 500 ans de la Renaissance française, dont les fastes ont marqué la Touraine. Mais il se lit aussi à double sens, puisque Laurent va courir pour inciter les fumeurs à arrêter le tabac. Dans la course ce bateau symbolisera pour eux une sorte de re-naissance.


Prendre la mer pour faire lâcher la cigarette


Laurent a axé la pratique de son métier de kiné sur les pathologies respiratoires et beaucoup d’entre elles sont liées à la cigarette. Alors bien sûr, derrière lui il y a tous les patients qui viennent dans son centre tourangeaux, l’Espace du Souffle. Mais on retrouve aussi toute l’équipe qui travaille quotidiennement à ses côtés. C’est avec eux qu’il porte l’intégralité du projet, en fait la promotion ainsi que la recherche des financements. Pour l’instant, le budget n’est pas tout à fait bouclé. Il manque encore 80 000 euros qu’ils espèrent bien récolter grâce à leur site et grâce un financement participatif.
 

Un entraînement intensif


Depuis le 15 septembre, Laurent consacre l’intégralité de son temps à ce projet un peu fou. Ses journées sont bien remplies. Le kiné-marin alterne entre des exercices physiques intensifs et un entraînement au sommeil fractionné. Car, une fois à bord, il ne pourra faire que des coupures de 20 minutes pour se reposer. Et ce rythme, il devra le tenir pendant un mois, le temps de la course.

Bien sûr, Laurent sait qu’avec son navire « vintage », il ne pourra pas rivaliser avec les autres « turbos de la mer » aux coques affûtées. Mais, pour lui, l’essentiel n’est pas là. Avant tout, il prend la mer pour redonner du souffle et de l’espoir à tous ceux qui sont accros à la nicotine.
 

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