Malgré l'appel aux dons, "nous allons être amenés à refuser certaines personnes" expliquent les Restos du Cœur

Les inscrits sont de plus en plus nombreux, mais les dons ne semblent pas vraiment augmenter, obligeant les Restos du Cœur à installer des barèmes d'admission plus spécifiques.

Trois semaines après le cri d'alerte de Patrice Douret, président des Restos du Cœur, quelle est la situation en région Centre-Val de Loire ? Au bord de l'effondrement début septembre, l'espoir est toujours là, mais la situation prend du temps à s'améliorer.

Pas d'augmentation de dons

Comme au début du mois, la situation reste compliquée. En effet, au niveau local, "nous n'avons pas forcément constaté d'augmentation de dons", assure Jean-Pierre Béreau, président des Restos du Cœur 37. Par contre, "certaines enseignes de grandes distributions proposent de faire des collectes, pas encore concrétisées pour le moment", ajoute-t-il. 

Un barème de "sélection" modifié en novembre

De plus en plus de personnes s'inscrivent, on constate +25% par rapport à septembre 2022. Une augmentation de bénéficiaires difficile à gérer quand les quantités de denrées, certes suffisantes pour le moment, n'augmentent pas. Alors, à l'approche de l'hiver, le barème de "sélection" des bénéficiaires va être modifié à partir de novembre. "Nous allons être amenés à refuser certaines personnes", note Jean-Pierre Béreau, sans pouvoir encore mesurer l'impact à venir. Une mesure en amenant une autre où "les quantités distribuées à chaque famille seront réduites", poursuit-il. 

Pour répondre à une demande croissante, les bénévoles sont attendus, mais n'arrivent pas vraiment "malgré les appels que j'ai pu faire dans les médias locaux", précise amèrement le président des Restos du Coeur d'Indre-et-Loire. Néanmoins, "des candidatures spontanées arrivent toutes les semaines, mais on n'a pas constaté une augmentation du nombre de candidats bénévoles". À ce jour, plus de 7 000 bénévoles font tout de même partie de l'association tourangelle. 

Le plan pauvreté du gouvernement suffira-t-il ? 

Lundi dernier, le 18 septembre, le gouvernement a présenté un nouveau plan pour lutter contre la pauvreté. Ce "pacte des solidarités", bénéficiera d'une "augmentation de 50% des crédits liés à la lutte contre la pauvreté par rapport à la stratégie précédente", précisait la Première Ministre Elisabeth Borne. Un précédent plan chiffré à environ huit milliards d'euros. Un plan qui s'ajoute à l'enveloppe de 156 millions d'euros promise par le gouvernement début septembre.

À court terme, il faut que la générosité du public augmente, que la grande distribution se mobilise davantage, éventuellement que les pouvoirs publics ou les collectivités locales augmentent leurs contributions. Mais ça ne règlera pas (au moyen et long terme) l'augmentation de la précarité que l'on constate.

Jean-Pierre Bereau, président des Restos du Coeur 37

"On attend de voir ce qui va être décidé concrètement. Si des financements sont octroyés à des associations caritatives, ça aidera bien sûr notre trésorerie à résorber le déficit", répond Jean-Pierre Béreau. "Il y a vraiment un problème concernant notamment les personnes avec des salaires très bas. Nous accueillons pas mal de personnes qui ont des emplois à temps partiel, des fractions de Smic qui ne leur permettent plus de supporter toutes leurs charges", ajoute-t-il. 

Malgré la hausse du coût de la rentrée étudiante en septembre 2023, le président de l'association ne présente pas une augmentation de jeunes inscrits dans ses centres en Touraine, "ils étaient déjà là avant la rentrée", conclut-il. 

Pour contacter les Restos du Cœur, composez le 02 47 47 03 78. 

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