MHE ou "Covid de la vache" : "Le plus compliqué avec cette maladie est de savoir la diagnostiquer"

Depuis samedi 18 novembre, les éleveurs bovins de 56 communes du sud de l'Indre-et-Loire ont été placés en zone de surveillance de la maladie hémorragique épizootique (MHE). Si aucun cas n'a été détecté pour le moment en Touraine, cette précaution a été prise par la Préfecture d'Indre-et-Loire afin de limiter la propagation de cette maladie virale dont le foyer le plus proche est en Vendée.

"C'est surtout pour les éleveurs de vache à viande qui doivent exporter leurs bêtes que c'est inquiétant", alerte Alex Dufresne, vice-président du groupement de défense sanitaire d'Indre-et-Loire et éleveur de vaches laitières à Cravant-les-Coteaux dans la zone de surveillance. "Tant qu'on ne doit pas exporter en dehors de la zone de surveillance, ça va. Et comme moi je n'exporte que des veaux, il suffit que le véhicule soit bien désinfecté pour obtenir une dérogation." 

Comme tous les éleveurs, Alex Dufresne est inquiet par la vitesse de propagation de la maladie hémorragique épizootique, la MHE appelée aussi le Covid de la vache. "Vu la vitesse à laquelle la maladie progresse c'est inquiétant. Notre seul espoir pour la ralentir c'est le rafraîchissement de la météo."

Il est important de rappeler que cette maladie n'est pas transmissible à l'homme. Elle est virale et affecte les ruminants

Carine Bar, Directrice de la protection des populations d'Indre-et-Loire

France 3 Centre-Val de Loire

Une propagation rapide de la maladie

Apparue pour la première fois en France en septembre 2023 dans le sud-ouest, la MHE a connu une propagation rapide et touche aujourd’hui une quinzaine de départements.

"Il est important de rappeler que cette maladie n'est pas transmissible à l'homme. Elle est virale et affecte les ruminants", précise Carine Bar, directrice de la Direction départementale de la protection de populations d'Indre-et-Loire. La maladie est apparue en 1955 aux Etats-Unis puis elle s'est répandue en Asie, en Australie et en Afrique dans les pays plutôt chaud. Avec le réchauffement climatique, elle est arrivée en Europe. "Le seul vecteur de cette maladie est un moucheron piqueur. Les vaches ne se transmettent pas la maladie entre elles". 

Les éleveurs et les vétérinaires sont sensibilisés à rechercher les symptômes les plus courants pour les
animaux qui développent une forme clinique de cette maladie. "Le plus compliqué avec cette maladie est de savoir la diagnostiquer. Les symptômes se confondent avec ceux de la FCO, la fièvre catarrhale ovine qui touche les bovins. Seul le vétérinaire peut différencier les signes cliniques", explique l'éleveur. 

"Quand les animaux l'attrapent ils ont des difficultés respiratoires et de la fièvre,ça dure quelque jour et seuls les symptômes peuvent être traités. Il n'existe pas de vaccin. Mais il y a une très faible mortalité," rappelle Carine Bar de la Direction de la protection des populations d'Indre-et-Loire. "L'enjeu est plutôt économique pour les éleveurs."

Une zone régulée de 150 kms autour de chaque foyer détecté

 Afin d’éviter la diffusion de la maladie et protéger les élevages, une zone dite « régulée » est
systématiquement mise en place dans un rayon de 150 kilomètres autour de chaque foyer détecté. D'où l'enjeu économique puisque la mise en place d'une zone de surveillance limite l'exportation des animaux.

Dans un communiqué du samedi 18 novembre, la Préfecture d'Indre-et-Loire a listé les 56 communes concernées par la zone de surveillance ainsi que les mesures de lutte et de prévention qui doivent être respectées au sein de cette zone régulée comme le renforcement de la surveillance sanitaire par les vétérinaires et l'encadrement des mouvements d'animaux pour les espèces sensibles.

"Le principe général est que les bovins, ovins, caprins ou cervidés d’élevages (espèces sensibles) ne puissent pas sortir de la zone régulée. Une liste de dérogations est toutefois établie pour des mouvements spécifiques d’animaux, tel que l’envoi à l’abattoir par exemple", explique la Préfecture d'Indre-et-Loire.

Tester et désinctiser

Mais il existe des exceptions pour que les animaux puissent circuler. Il faut respecter deux conditions : un test PCR négatif et la désinctisation des bêtes et du véhicule. "On a mis en place des mesures qui permettent d'assurer la sécurité. Les mesures sont la désinctisation de l'animal, on pulvérise un produit partout sur l'animal, ce qui tue le moucheron, seul vecteur de la maladie, la désinctisation du véhicule qui transporte l'animal et en parallèle on fait un test sanguin sur l'animal. S'il est négatif, l'animal peut sortir",  explique Carine Bar de la DDPP d'Indre-et-Loire.

L’évolution de la situation sanitaire nationale est actualisée régulièrement par le ministère de
l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire. Le tableau de bord est accessible en suivant ce lien.

À la date du 16 novembre, 3340 foyers de maladie hémorragique épizootique (MHE) ont été recensés en France dans des élevages. Ces foyers concernent les 14 départements suivants : Pyrénées-Atlantiques, Hautes-Pyrénées, Haute-Garonne, Gers, Landes, Ariège, Aude, Tarn, Lot-et-Garonne, Gironde, Tarn-et-Garonne, Dordogne, Corrèze et Vendée.

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