Municipales 2020 : jeune et militant chez les LR, “L'engagement politique, ça ne se réfléchit pas, ça se fait”

© Hugo Corazza (à droite) / DR
© Hugo Corazza (à droite) / DR

L’admiration pour une personnalité politique, l’indignation ou encore la volonté de voir un parti perdurer, les raisons qui poussent les jeunes à devenir militants sont multiples. Nous sommes allés à leur rencontre pour qu’ils nous content leur histoire avec la politique.

Par Flore Caron

Hugo Corazza s’est engagé en politique avec comme père spirituel Nicolas Sarkozy. Un monde "grisant" dont il a souhaité faire son métier. Il croit au mérite et au leadership de la France.

"Mon premier souvenir en politique, c’est l’élection de Sarkozy, raconte Hugo Corazza. Je trouvais qu’il dégageait une force et un engagement qui m’ont plu". À l’époque, le jeune homme était encore au collège et ne savait guère peu de chose sur "ce qu’étaient la droite et la gauche". Mais il n’était pas rare que l’adolescent qu’il était alors, se plonge dans la lecture d’articles dégotés par-ci par-là ou de passages tirés de "La politique pour les nuls". Activité témoignant d’une curiosité naissante envers cet univers qui, au fil des années, est devenu le sien.

Son admiration d’alors pour l’ancien président de la république, ne s’est pas étiolée depuis – à part peut-être durant "la période bling bling de ce dernier" – bien au contraire. Nicolas Sarkozy est resté l’idole du jeune homme, et même le fil conducteur de sa jeune carrière politique. "Maintenant, le discours est complètement aseptisé, regrette Hugo Corazza. Sarkozy, lui, il crée le débat. Il n’hésite pas à nommer les choses."
 

 

"C'est un monde très grisant"

Veste de costume, chemise et jean, Hugo Corazza est paré du fameux cocktail chic et décontracté. Aujourd’hui âgé de 26 ans, il est le directeur de campagne du maire sortant de Tours, Christophe Bouchet. Rôle qu'il porte après avoir travaillé au sein du cabinet de celui-ci pendant un peu plus d'un an. Comme sa profession peut laisser le deviner, ses journées sont ponctuées de multiples rendez-vous entre lesquels il glissera le nôtre.

Nous avons moins d’une heure, top chrono, mais cela suffira à Hugo pour nous raconter son histoire d’amour avec la politique. En effet, le jeune homme sait placer beaucoup de mots dans une phrase, en peu de temps et de manière distincte. De toute évidence, il ne manque pas d’assurance, ni de passion. Dès qu’il évoque la politique, ses yeux pétillent, son ton redouble d’enthousiasme et ses bras se mettent en branle. Il le dit lui-même : "C’est un monde très grisant."

À 17 ans, Hugo se rend en tant qu’observateur à une réunion dans le cadre des élections régionales. "À la fin, je me suis retrouvé sur scène avec un t-shirt du parti", se souvient-il en souriant. Puis, c'est fin 2011, "sur un coup de tête", qu'il se jette à l’eau et prend sa carte. "L’engagement ça ne se réfléchit pas, ça se fait", déclare-t-il. Après des études de droit – voie suivie "sans grande conviction" - il fera de la politique son métier. 

Je considère que s’il faut s’engager, c’est tôt parce que quand on est jeune on a envie de bouger. La jeunesse, c’est la vitalité et si on aime ça on va s’y mettre à fond. Instinctivement, on fait les choses différemment. Les jeunes ne s’engagent pas assez mais c’est parce qu’ils n’ont pas les clefs. Aujourd’hui les partis sont dépréciés et ils ne vont pas assez chercher les jeunes.

Hugo Corazza a un cheval de bataille : le mérite. "Il est transcendent à tout, affirme-t-il. En ce moment on tend sur l’égalitarisme. On descend le niveau de tous au lieu de le monter." Prêt à accompagner les français, il ne veut pas pour autant que l’Etat tienne quiconque par la main. Sinon "c’est les enfermer dans une vision caricaturale de qu’est le chômage".
 

La France comme leader mondial

"Ce n’est pas pour rien que quand il y a des attentats en France, tout le monde est touché. La France est un pays leader, dans tous les domaines. Et il FAUT un leader". Petit-fils de gaullistes, Hugo se dit lui aussi inspiré par celui qui fut le président de la France pendant plus de dix ans. "La France doit garder sa grandeur. En 2011 [sous le mandat de Nicolas Sarkozy, ndlr], la France était une voix qui comptait. Sarkozy avait su géré la crise de 2008 en France, il est intervenu en Lybie, etc. Pour le Gaulliste que j’étais, j’étais fier de ce pays."

De son engagement, Hugo Corazza a aussi tiré des bénéfices personnels : "L’engagement m’a complètement changé.

La politique c’est de l’adrénaline. On est porté par un truc qui nous dépasse. Tout est décuplé.

Au fil des années, le jeune homme s’est créé un personnage et "Maintenant, c’est peut-être un Hugo multiplié par 10."

Carte intéractive. Partez à la rencontre de jeunes militants de la région Centre-Val de Loire 
 


 

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