PORTRAIT : L'humoriste Mehdi Djaadi donnera sa dernière représentation de "Coming out" à Tours, sa nouvelle maison

Aux côtés de Raphaël Quenard dans la série "Citoyens clandestins", le comédien et humoriste Mehdi Djaadi vient de s'installer à Tours. Hasard du calendrier, c'est au Palais des Congrés Vinci qu'il donnera la toute dernière représentation de son seul en scène " Coming out", dans lequel il parle de religion sans filtre mais avec bienveillance.

Le sourire franc, la bienveillance dans les yeux… Mehdi Djaadi appartient à cette catégorie de personnes qu’on a l’impression de connaître depuis toujours.

"Pour une dernière, je suis content d’avoir une belle salle," en découvrant la salle du Vinci à Tours où il va jouer l’ultime représentation de son spectacle "Coming out" le 12 avril 2024. "Elle a vraiment une belle acoustique, ça va être pas mal", se réjouit l’humoriste.

Mehdi Djaadi tourne avec ce spectacle depuis quatre ans tout en participant à deux films ou séries par an. Il interprète notamment un extrémiste religieux dans la série "Citoyens clandestins" diffusée sur Arte tirée du roman éponyme de DOA aux côtés de Gringe et Raphaël Quenard.

Dans ce seul en scène, le comédien raconte sa conversion de l’Islam au catholicisme de façon drôle et subtile. Un sujet délicat qui lui a valu d’être encensé par la critique. "Un spectacle de haute volée" pour Topito, "un texte ciselé et une interprétation bluffante" selon Télérama, un spectacle qui "brise les stéréotypes" estime The New York Times.

"Un spectacle qui rassemble"

Les éloges ne sont pas montés à la tête du fils d’immigrés algériens né à Saint-Etienne. Après 4 ans avec ce spectacle dont l’écriture lui était nécessaire, il ne revient toujours pas du succès rencontré et en même temps, il l’explique par le côté universel du sujet : "D’après les retours, c’est un spectacle qui fait du bien, qui montre qu’on peut parler de religion en montrant sa beauté, mais aussi en riant de ses limites avec bienveillance. C’est aussi une grande aventure humaine qui est un peu la mienne. C'est l’histoire d’un fils d’ouvrier né à Saint-Etienne qui rêve d’être acteur et qui va tout faire pour le devenir. Et tout ça avec beaucoup d’autodérision."

Autodérision et bienveillance sont certainement les clés du succès de cette belle aventure. "C’est un spectacle qui rassemble. J’ai eu la chance d’avoir des gens de toutes confessions, des gens athées, avec des parcours très différents. On se retrouve ensemble pour rire et dans une période un peu compliquée notamment sur ces sujets-là, d’avoir cet espace au théâtre et de réussir ce pari de pouvoir rire ensemble, ça m’a fait beaucoup de bien et c’est ce qui fait que le spectacle a duré aussi longtemps." 

La liberté d’expression, une richesse à préserver

"Je suis un fils de France, citoyen, catholique, pêcheur, qui ne regrette rien de son passé, qui ne renie rien de ce qu’il a reçu de beau de l’Islam et qui aujourd’hui profite de la liberté d’expression pour raconter son histoire… "

Ce passage extrait du spectacle "Coming out " mis en scène par Thibaut Evrard exprime toute la gratitude qu’éprouve l’humoriste pour la France et sa liberté d’expression.  "Je suis très attaché à la laïcité et à la République et ces quatre ans avec ce spectacle m’ont fait me rendre compte à quel point on a de la chance de vivre en France, un pays avec une grande diversité culturelle et cultuelle. C’est un équilibre qui est précaire avec plein de combats à mener, mais il y a cette espèce d’exception française. Il faut absolument préserver cette richesse et en faire la promotion plutôt que de regarder uniquement ce qui ne va pas."

Depuis l’écriture du spectacle en 2020, jamais l’humoriste n’a été confronté à une réaction hostile de spectateurs. "Personne n’a jamais quitté ma salle ", s’amuse-t-il. "Et pourtant, je tape vraiment sur tout le monde sur tous les extrémistes, même les extrémistes athées en prennent pour leur grade dans le spectacle. Mais c’est fait avec bienveillance et légèreté. On peut utiliser cette liberté d’expression et de conscience à bon escient sans blesser."

Il raconte qu’il a joué ce spectacle dans des écoles et même en prison : "À chaque fois, ça donne plutôt lieu à des interrogations et à des discussions plutôt qu’à des crispations"

Le quartier Velpeau à Tours, nouveau cocon de Mehdi Djaadi

Cette toute dernière représentation au Palais des congrès aura une saveur particulière pour Mehdi Djaadi. Depuis un an, c’est à Tours qu’il a choisi de vivre. "Il y a la Loire, la qualité de vie et la proximité de Paris, bien sûr. Mais surtout c'est une ville avec une grande richesse culturelle. Et ça c'est essentiel pour moi", confie-t-il en grimpant sur son vélo comme tout bon Tourangeau.

Direction le quartier Velpeau où Mehdi Djaadi a décidé de s'installer. "On m'avait dit que c'était le meilleur quartier de Tours. On a visité une maison et on est tombé sous le charme du quartier", confie-t-il, assis à la terrasse de l'incontournable bar le Vel'Pot. "C'est un ancien quartier ouvrier de cheminots qui se gentrifie avec les deux gares de chaque côté. Il y a une vraie vie de village ici avec le marché le dimanche. Ce que j'aime c'est la diversité multiculturelle et cultuelle. C'est hyper vivant."

Et d'ajouter : "Le Vel'Pot, c'est une institution. Ils font le meilleur couscous du quartier. Bon, il n'est pas meilleur que celui de ma mère mais quand même il est top". 

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