Tours : le Collectif Cycliste 37 ne veut plus d'accidents graves ou mortels dans les rues de la ville et de la métropole

Le 22 mai dernier à Tours, une femme âgée de 63 ans est morte, renversée sur un passage piéton, alors qu'elle traversait la rue de la victoire avec sa petite-fille. Plusieurs associations, qui militent pour des modes de déplacement doux (marche, vélo), estiment que de tels accidents sont évitables.

Photo d'illustration/ Zone partagée limitée à 20 Km/h
Photo d'illustration/ Zone partagée limitée à 20 Km/h © Richard Villalon/ BELPRESS/ MAXPPP

 Les accidents ne sont pas une fatalité, ils sont évitables. 


Ainsi commence le communiqué signé par le Collectif Cycliste 37, mais aussi par l’association nationale Rue de l’Avenir. Correspondante locale de cette association, Laurence Picado explique :

" Plus une ville est aménagée pour mettre en sécurité les personnes, moins il y a d’accidents, et moins ils sont graves. Cela passe notamment par des aménagements favorables aux personnes les plus vulnérables. "

Et selon David Sellin, du Collectif Cycliste 37, les aménagements proposés jusqu’à présent ne sont pas à la hauteur du problème, le sentiment d’insécurité des cyclistes et des piétons :

"Est-il normal à Tours d’avoir des boulevards urbains qui traversent la ville, des 2x2 ou 2x3 voies ? Il s’agit là d’un vrai choix politique, de conception de la ville et il faut prendre le problème à bras-le-corps. Il y a une vraie pression automobile que l’on subit tous les jours et on ne se sent pas en sécurité. C’est un frein pour le développement de la marche ou du vélo. "

"La signalisation seule ne suffit pas"


Principaux aménagements à envisager : voierie à largeur réduite et élargissement des trottoirs, diminution de la vitesse des voitures. Sur ce dernier point, les associations reconnaissent que la ville de Tours a fait des efforts ces dernières années en limitant à 30 Km/h une grande partie de sa voierie. Mais il faut aller plus loin :

"30 Km/h, c’est prendre en compte la distance de freinage, mais c’est surtout la vitesse à laquelle un être humain peut à peu près résister à un choc, précise  Laurence Picado. Au-delà il y aura des dégâts, peut-être irréversibles. Donc limiter la vitesse, poser des panneaux, c’est bien, mais, attention, il faut ensuite aménager et contrôler. La signalisation seule ne suffit pas."

La correspondante de Rue de l’Avenir revient sur un type précis d’aménagement :

"En réduisant le nombre de voies, on réduit la distance à parcourir pour un piéton et donc, la durée pendant laquelle il est exposé au danger. Quand on a des capacités physiques moindres, 5 mètres de plus ou de moins à traverser, ce n’est pas anodin. "

Ce que David Sellin traduit en une formule :

Concrètement, il faut privilégier l’apaisement plutôt que le trafic routier

 

Des engagements forts demandés aux candidats


Les deux associations réclament aux candidats aux municipales des engagements forts pour une politique « Vision zéro », expérimentée d’abord dans les pays nordiques puis adoptée notamment par le Canada (Montréal).

"L’objectif, c’est de n’avoir aucun accident grave de piéton, de cycliste et aussi d’automobiliste, explique David Sellin. Mais il n’y a pas un seul facteur dans les accidents et il faut jouer sur tous les tableaux. La sécurité en ville, c’est un tout : le comportement des usagers et la façon dont on conçoit la ville et la voierie. Mais c’est aussi de la pédagogie, la communication, la sensibilisation… "

Laurence Picado conclut ainsi :

" L’espace public n’est pas seulement un espace de circulation, c’est aussi un espace de vie. Il ne s’agit pas d’éradiquer complètement la voiture du centre-ville, mais de rééquilibrer l’espace et les forces. "
 
 
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