Tours : un financement participatif pour faire avancer la recherche contre l'hépatite B

Dans le laboratoire de Julien Marlet et ses équipes, à Tours, on cherche à détecter les résistances de l'hépatite B. / © France 3 Centre-VDL
Dans le laboratoire de Julien Marlet et ses équipes, à Tours, on cherche à détecter les résistances de l'hépatite B. / © France 3 Centre-VDL

Julien Marlet veut lutter contre les résistants que développent les virus à certains antiviraux. Mais l'enveloppe budgétaire est un peu légère... 

Par Yacha Hajzler

La recherche, elle aussi, se met au financement participatif. C’est le cas de Julien Marlet, doctorant à l’INSERM (Institut national de la santé et de la recherche médicale), pour la faculté de Tours.

Lui et son équipe, chercheurs en infectiologie tentent de comprendre pourquoi le virus de l’hépatite B finit par résister aux traitements de longue durée, dégénérant alors en cirrhose ou en cancer du foie.

L'écueil de l'échec thérapeutique 


Ils travaillent, en laboratoire, sur des cellules de foie de patients atteints.

"On part de prélèvements qui viennent de divers hôpitaux de la région. Nous, on va récupérer le génome du virus, son ADN. Notre travail, c’est de détecter cette résistance et de comprendre ses mécanismes pour pouvoir proposer des alternatives et traiter efficacement ces patients."

En France, 300 000 personnes sont suivies pour une hépatite B chronique, et 1000 personnes en meurent chaque année.

En cause, en partie : l’échec thérapeutique, c’est-à-dire l’inefficacité des traitements sur certains patients. Des tests permettent normalement de détecter les résistances du virus, mais ils ne seraient pas complètement efficaces.

Un nouveau test


"Nous émettons l’hypothèse que pour ces patients en échec thérapeutique inexpliqué, il existe une résistance du virus conférée par une mutation encore inconnue", explique Julien Marlet sur le site thellie.org, consacré aux financements participatifs pour la recherche.

Il propose de mettre sur point un nouveau test, qui consiste à recréer l’infection en laboratoire et à observer le développement du virus en présence de certains antiviraux (le type de médicaments utilisé pour traiter l’hépatite B). Les premiers essais de ce test ont été concluants, le laboratoire veut donc maintenant les améliorer.

Le budget coince 


Pour ce faire, Julien Marlet et son équipe ont besoin de 7 500 euros supplémentaires, détaillés comme suit. Chaque budget correspond à une étape de la réalisation de ce nouveau test. Les chercheurs doivent en effet se procurer des enzymes (une sorte de protéïne) spécifiques et des réactifs, pour la plupart rares et coûteux.

Le découpage du budget nécessaires aux recherches de l'équipe d'infectiologie. / © thellie.org / Julien Marlet
Le découpage du budget nécessaires aux recherches de l'équipe d'infectiologie. / © thellie.org / Julien Marlet

Le projet a déjà récolté 5910 euros, soit près de 80% de son objectif. Il reste encore 18 jours pour participer et faire avancer la recherche. Les chercheurs s’engagent en retour à partager leurs avancées avec les contributeurs.

"On est déjà citoyens, conclut Julien Marlet. On prend aussi du plaisir à expliquer au grand public ce que l’on fait, ça apporte du concret, ça permet de sentir que ce que l’on fait est compris et a une application directe au-delà du laboratoire."

Si la somme n’était pas atteinte, l’argent récolté serait rendu aux donateurs. 7500 est une somme pallier : en-dessous, rien n’est faisable.

Pourquoi un financement participatif ? En savoir plus sur le financement de la recherche en France

Qui finance la recherche en France : https://bit.ly/2IOTLuH
Le CNRS face à un "besoin urgent de financement"https://bit.ly/2HZsXGI
La France, mauvaise élève du financement de la recherche : https://bit.ly/2udfsRI
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