Tours : non, le projet immobilier validé par la mairie ne "mord" pas sur un bois classé

La nouvelle équipe municipale de Tours a été accusée d'avoir validé un projet immobilier qui aurait empiété sur un bois classé. Or, le projet en question, dont le permis de construire a été signé par la précédente majorité, respecte bien le plan local d'urbanisme (PLU).

En France métropolitaine, la forêt couvre environ 16 millions d'hectares. Photo d'illustration
En France métropolitaine, la forêt couvre environ 16 millions d'hectares. Photo d'illustration © Richard Villalon / Maxppp
Dans un article publié le 20 septembre, nos confrères du Parisien affirmaient qu'Emmanuel Denis, le maire de Tours, avait signé un projet immobilier empiétant sur un bois classé, une information reprise avec fougue par la presse d'extrême-droite, dont Valeurs Actuelles et Fdesouche. "Un projet immobilier va mordre sur un bois classé à Tours", écrit le Parisien. "Malgré l’opposition des riverains, le maire écologiste valide le projet, parce qu’il comprend la rénovation d’un institut pour jeunes handicapés."

Or, si l'opposition de certains habitants du quartier est bien réelle et s'appuie sur plusieurs arguments, et si le maire lui-même a déploré le "déficit de concertation" autour du projet encadré par l'équipe municipale précédente, il est faux de dire que le projet "mord" sur le parc de la Cousinerie. Le périmètre du projet et celui du parc de la Cousinerie ne se recoupent tout simplement pas, comme l'expliquent à la fois le promoteur immobilier Ataraxia et la Ville. D'après le plan local d'urbanisme consultable en ligne, l'IME et le projet d'Ataraxia sont en revanche bien voisins d'un "espace boisé classé" d'un peu moins de deux hectares et du parc de la Cousinerie.

Un manque de concertation avec les riverains

La genèse de cette polémique vient de la vente par l'Institut médico-éducatif Saint-Martine de Douet d'une parcelle d'un hectare et demi au promoteur immobilier Ataraxia, afin de réaliser des travaux de rénovation. De son côté, Ataraxia prévoit de construire 127 logements (et non pas "plus de 150") le long de l'allée Roger Lecotté.

Au mois de février, la municipalité du maire sortant, Christophe Bouchet, signe le permis de construire, ce qui inquiète un certain nombre d'habitants ainsi que l'opposition qui déplore un manque de concertation. Une pétition est alors publiée sur Change.org à l'initiative du comité de quartier pour critiquer le projet, et Emmanuel Denis fait partie de ses signataires. Élu maire le 28 juin 2020, il se retrouve dans une situation où il ne peut guère, légalement, revenir sur les autorisations déjà délivrées au promoteur.
 
 

"Pas de péril pour le bois classé"

"On est en dehors du périmètre du bois classé, heureusement !" confirme le maire de Tours élu le 28 juin, Emmanuel Denis, au micro de France 3 Centre-Val de Loire. "Il n'y a pas de péril à court terme pour la zone classée, ni à long terme car on n'en changera pas le périmètre." La Ville a par ailleurs précisé dans un communiqué de presse que des rencontres et une "médiation" avaient eu lieu entre "l'IME, l'architecte, le promoteur ainsi que le comité de quartier".

"Ce n'est pas un projet qu'on a vu naître", a justifié ce dernier au micro de France 3 Centre-Val de Loire. "Peut-être que nous l'aurions fait modifier, mais maintenant on a le devoir de prendre la suite. Quand le permis de construire est conforme au Plan local d'urbanisme, on ne peut pas refuser le projet." En revanche, la nouvelle municipalité espère "engager un dialogue avec les promoteurs" pour les projets à venir en ville, et plus particulièrement à Tours nord "qui a subi certaines constructions dommageables pour le quartier", estime le maire.

De son côté, l'IME a dû interrompre ses propres travaux de reconstruction de l'internat, conditionnés à la cession définitive du terrain au promoteur immobilier. Une réunion publique doit être organisée par la mairie le 6 octobre prochain.
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