Traitement anti-VIH : la PrEP bientôt disponible en téléconsultation en Centre-Val de Loire

En janvier 2020, la région Centre-Val de Loire lancera des téléconsultations pour favoriser la mise sous PrEP. Difficile d’accès dans les zones rurales, ce traitement préventif contre le VIH pourra être prescrit à distance, via un smartphone.
 
La PrEP, abréviation de prophylaxie pré-exposition, est une méthode de prévention contre le VIH.
La PrEP, abréviation de prophylaxie pré-exposition, est une méthode de prévention contre le VIH. © Rungroj Yongrit / MaxPPP
Accéder à la PrEP sans passer par un service hospitalier, ce sera bientôt possible pour les personnes les plus vulnérables à l’infection au VIH (virus de l'immunodéficience humaine, responsable du SIDA). Le Centre-Val de Loire s’apprête à être la première région de France à prescrire ce traitement préventif à distance, par téléconsultation.

Si l’expérimentation est conduite dans notre région, ce n’est pas un hasard. Le Centre-Val de Loire affiche le taux de personnes séropositives le plus élevé de France, derrière l’Île-de-France.
 
La PrEP, pour prophylaxie pré-exposition, est un médicament destiné aux personnes qui ne sont pas porteuses du VIH afin d’éviter qu’elles ne le deviennent. En trois ans, il a été prescrit à 550 personnes dans la région.
 

Un traitement difficile d'accès dans les territoires ruraux


"Le nombre de PrEPeurs double chaque année en France", analyse le docteur Guillaume Gras, infectiologue au CHRU de Tours et président du comité régional de lutte contre le VIH. "Mais au niveau de la région, la PrEP est difficile d’accès pour certaines populations, surtout dans les territoires ruraux de l’Indre, de l’Eure-et-Loir, et du Cher." Seuls les médecins expérimentés dans la prise en charge du VIH peuvent prescrire ce traitement, soit dans un service hospitalier en charge du VIH, soit dans un CEGIDD*.
 

C'est au mois de janvier que la téléconsultation PrEP arrivera dans notre région. Piloté par l’Agence régionale de Santé, le dispositif fonctionnera via la plateforme informatique COVOTEM, grâce à un lien envoyé au patient. "Pas besoin de numéro de carte bancaire ni de carte vitale", rassure le Dr Gras avant d'ajouter : "Il suffit d’une adresse mail pour se connecter. Si besoin, on peut en créer une sur demande."

Pour repérer les personnes isolées et à risque, l’antenne régionale de l’association AIDES fera de la veille sur les réseaux sociaux. Une téléconsultation gratuite avec l’un des trois médecins du CEGIDD de Tours leur sera alors proposée.
 

Des ordonnances à distance


Après un premier échange sur les pratiques de la personne et ses motivations à prendre la PrEP, celle-ci doit aller faire une prise de sang, l’ordonnance étant directement envoyée au laboratoire. L’ordonnance du traitement, elle, est directement envoyée à la pharmacie.

Si la PrEP requiert un bilan et un suivi médical tous les 3 mois, la téléconsultation pourra permettre le renouvellement d’ordonnance à distance. "Si la personne habite à deux heures de route et que le suivi par téléconsultation se passe bien, ça me semble difficile de lui imposer un aller-retour", explique Dr Gras. "Bien sûr, ce sera du cas par cas, mais je reste optimiste quant à la qualité d'une prise en charge à distance."

> *CEGIDD : Centres Gratuits d’Information, de Dépistage et de Diagnostic.
 
 
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
santé société sida recherche sciences