"Usé, laminé, profondément meurtri" : Pascal Foussard, directeur général du Tours Volley-Ball, quitte ses fonctions en dénonçant le manque de soutien des collectivités

durée de la vidéo : 00h02mn21s
Pascal Foussard, au micro de France 3, dimanche soir, après la finale perdue contre Saint-Nazaire. ©Claire Gressieux / Adrien Gaulon / France Télévisions

Au TVB depuis 43 ans, Pascal Foussard est l'homme qui a hissé le club au plus haut niveau, et l'y a maintenu, depuis plus de 20 ans, avec 27 titres remportés ! À l’issue de la finale perdue contre Saint-Nazaire, dernier match d'une incroyable carrière, le directeur général s'est lâché au micro de France 3. En poussant un sérieux coup de gueule contre les collectivités publiques.

Tout est parti d'une question sur le soutien sans faille du public tourangeau de la salle Grenon à l'égard des joueurs du TVB, jusqu'à la dernière seconde de ce golden set maudit :

"Écoutez, on a un public incroyable, vraiment incroyable, approuve Pascal Foussard. Je n'ai qu'un souhait, c'est que les collectivités s'en rendent compte, parce qu'au bout d'un moment, on ne peut pas toujours séduire, toujours réussir et attendre qu'on nous récompense pour le travail qu'on fait, pour la ville de Tours, pour la Touraine."

Le TVB manquerait-il de soutien de la part de nos élus ? Un peu amer, au moment de tirer sa révérence, le directeur général en semble convaincu :

C'est mon plus gros regret, tous les ans il faut séduire, ça m'a usé, laminé, j'aurais pu continuer 1 ou 2 ans de plus, mais je n'en pouvais plus ! C'est une grosse déception, je ne suis pas arrivé à convaincre les collectivités de l'intérêt du volley-ball à Tours. J'en suis profondément meurtri...

Pascal Foussard, directeur général du Tours Volley-Ball

Aux yeux du directeur général, les travaux de la salle Grenon, dans l'enceinte du Palais des Sports, étaient bien nécessaires, mais ils ne sont pas suffisants. L'argent reste le nerf de la guerre (sportive) :

"On a une super salle, un super outil de travail que nous a donné la ville de Tours, mais derrière, on a besoin d'autres aides, financières, sinon on ne progressera pas. Je sais que c'est dur pour les collectivités aujourd'hui, mais tous les ans on perd des aides financières..."

Le Tours Volley-Ball pourrait-il disparaître ?

Visiblement marqué par ces décennies de combat pour la reconnaissance du (très) haut niveau de son club, Pascal Foussard semblait tenir, au moment du départ, à cette mise au point :

"Je suis ému parce que c'est un travail de 43 ans qui, par moments, a donné à la ville une notoriété et une médiatisation incroyables. On a pourtant l'impression, et je parle ici de l'ensemble des collectivités, de ne pas être reconnus."

Si on continue à ne pas nous aider à la hauteur de ce que nous valons, le club disparaîtra. C'est aussi simple que ça. C'est dur de dire ça en partant, mais c'est la réalité.

Pascal Foussard, directeur général TVB

Le volley-ball est-il le parent pauvre des sports collectifs en France ?

"J'ai l'impression qu'à un moment donné le club de foot qui va monter en nationale 3 sera plus considéré que nous ! Oui nous ne sommes que du volley, mais du volley qui amène 70 à 80 000 personnes par an dans la salle Grenon. Alors, voilà, c'est peut-être un coup de gueule en partant, j'espère que cela servira mon club, que cela ne le desservira pas, le Tours Volley-Ball souffre, il souffre...Ce n'est que ça depuis quelques années, j'espère qu'un jour ça s'arrêtera, pour moi, c'est fini !".

Interview réalisée par Claire Gressieux et Adrien Gaulon