VIDEO. Tours : les pompiers en grève boycottent le discours de la Sainte-Barbe

Les pompiers ont entamé un mouvement de grève le 26 juin dernier. / © Alexis Sciard / Maxppp
Les pompiers ont entamé un mouvement de grève le 26 juin dernier. / © Alexis Sciard / Maxppp

En grève depuis cinq mois, les pompiers tourangeaux qui célébraient la Sainte-Barbe ce 7 décembre au collège Anatole France ont quitté les lieux juste avant le discours des élus, pour manifester leur exaspération.

Par Bertrand Mallen

Drôle d'ambiance à Tours, alors que les pompiers étaient réunis pour la Sainte-Barbe, la fête de leur corps de métier. Au collège Anatole France, dans le centre-ville, les capitaines Nicolas Barnault et Fadi Chami se sont succédés à la tribune pour saluer le travail de leurs équipes, mais aussi relever les difficultés auxquels elles faisaient face.

"Nous avons réalisé depuis  le début de l'année 9.900 missions de secours ; le cap des 11.000 devrait être atteint à la fin de l'année", a déclaré le capitaine Chami selon nos confrères la Nouvelle République présents sur place. Mais dans le même temps, les pompiers ont fait face à des contraintes inédites : "Nous avons déposé plainte à huit reprises depuis le début de l'année. Il y a 48 heures, deux équipages ont été menacés par une arme à feu à Tours Centre."

 

"Rien n'a changé !"

En grève depuis le 26 juin, les sapeurs-pompiers réclament davantage de moyens et d'effectifs pour accomplir leurs missions. Particulièrement suivi dans l'Indre-et-Loire et le Cher, le mouvement s'était illustré en peignant des slogans comme "Effectifs en baisse = danger" ou "Feux de révolte" sur les véhicules. "Année après année, concertation après concertation, nous avons tenté de vous informer, de vous alerter...", a déploré Anthony Moreau, représentant départemental du syndicat SPASDIS-CFTC. "Rien n'a changé !"
 

 

Un geste fort et des élus médusés

Pour marquer leur mécontentement, les sapeurs-pompiers ont ensuite quitté les lieux en masse, alors que les élus devaient prendre la parole à leur tour. Premier à devoir prendre la parole, le maire de Tours Christophe Bouchet a assisté, médusé, au départ silencieux des soldats du feu. "Nous ne nous permettrions pas de venir expliquer à un élu, agriculteur de profession, son métier, alors qu’il ne vienne pas nous expliquer le nôtre ou tenter de nous expliquer comment se passer des besoins exprimés", a commenté le syndicat SPASDIS-CFTC sur les réseaux sociaux.
 

Absents de la fin de la cérémonie, les sapeurs-pompiers ont également boudé le vin d'honneur et mis en place des affiches mentionnant leurs revendications, rapporte également la Nouvelle République. Le 5 décembre, les pompiers grévistes étaient dans la rue avec d'autres corps de métiers du mouvement interprofessionnels initié la semaine dernière contre le projet gouvernemental de réforme des retraites.
 

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