Bras de fer à l'Association des maires de France : le maire d'Issoudun dénonce une "mise sous tutelle"

Fait rare, deux listes briguent ces 16 et 17 novembre la succession de François Baroin à la tête de l'Association des maires de France. André Laignel, maire PS d'Issoudun et vice-président sortant, a rejoint en binôme le maire LR de Cannes David Lisnard face au maire UDI de Sceaux Philipe Laurent.

L'élection du successeur de François Baroin a débuté ce 16 novembre, en marge du 103e Congrès des maires. Mais le scrutin, généralement occupé par une liste unique négociée entre la droite et la gauche, s'avère très tendu cette année.

Une promenade de santé devenue un bras de fer

En effet, François Baroin avait désigné, à son départ au mois d'août, le binôme David Lisnard (LR) et André Laignel (PS), tous deux vice-présidents de l'AMF, pour lui succéder. Mais c'était sans compter la liste de Philippe Laurent, maire UDI de Sceaux et secrétaire général de l'association.

Pour André Laignel, cette liste concurrente est une manœuvre de l'État et de LREM pour aboutir à "une mise sous tutelle de l'Association des maires de France". "Voulons-nous une Association des maires de France indépendante ou une simple courroie de transmission du gouvernement ?", interroge le maire d'Issoudun.

"L'AMF n'a de sens que si elle est libre"

A l'inverse, André Laignel défend le principe d'une liste d'union droite-gauche, qui permet de défendre l'indépendance des communes vis-à-vis de l'État au-delà des partis. Or "l'AMF n'a de sens que si elle est libre et indépendante", insiste l'édile. Il évoque même, dans le cas "malheureux" où la liste de Philippe Laurent arriverait en tête, la possibilité d'un délitement et de démissions au sein de l'AMF. "Mais je suis un optimiste, donc je pense que cela n'arrivera pas."

Un procès en macronisme que Philippe Laurent a contesté lors d'une interview donnée à nos confrères des Echos. "Dans mon conseil municipal, j'ai une majorité UDI-LR et ma principale opposition, c'est En marche" a souligné le maire de Sceaux. "Ce sont eux qui politisent le scrutin, pas moi."

Les scrutins se tiendront du 16 novembre à 17h au 17 novembre à 15h, via un vote électronique. Aucun sondage n'ayant été réalisé, le suspense est complet.

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