Châteauroux : la taxe terrasse diminuée de 50% pour les restaurants et les bars de la ville

Le conseil municipal a voté ce mercredi 24 juin une exonération à hauteur de 50% des droits de terrasse pour les restaurateurs et les cafetiers castelroussins, et ce,  jusqu'à la fin de l'année. L'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie du Berry juge l'effort insuffisant.

Ouverture restaurant mardi 2 juin 2020.
Ouverture restaurant mardi 2 juin 2020. © Benoît Bruère
Le 2 juin dernier, les bars et restaurants du Centre-Val de Loire ont enfin pu rouvrir, après deux mois et demi de fermeture obligatoire pour cause de confinement.

Mais une réouverture à conditions : la distanciation physique et les consignes sanitaires supplémentaires à respecter ont creusé un peu plus les caisses, déjà bien entamées par le confinement, des restaurateurs et cafetiers de la région.

En plus des aides de l'Etat, certaines communes ont ainsi décidé de voler au secours des établissements de bouche. A Bourges, la Ville a ainsi exonéré tous les commerçants de leurs droits de terrasse, cette redevance payable à l'année et au mètre carré en fonction de la surface d'espace public utilisé par les terrasses de certains établissements.
 

Entre 68 et 90 euros le mètre carré

A Châteauroux, le maire Gil Avérous a accédé en avril dernier à la demande de l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (Umih) du Berry, d'annuler la taxe terrasse pendant toute la durée de la fermeture administrative des cafés et restaurants. Dans la Nouvelle République du 24 avril, le maire ajoutait : "Nous devrons décider sur combien de temps."

La décision vient d'arriver. Ce mercredi 24 juin, lors d'un très long conseil municipal, les élus castelroussins ont ainsi voté la baisse de 50% des droits de terrasses de tous les commerces de la commune et ce jusqu'à la fin de l'année. 

A Châteauroux, le droit annuel de terrasse se situe entre 68 et 90 euros le mètre carré, suivant le quartier de la ville pour les terrasses à l'année, et entre 29 et 34 euros pour les terrasses estivales.
 

"Beaucoup d'établissements ne pourront pas survivre en fin d'année"

"C'est une démarche importante pour aider à la reprise du secteur", se félicite Chantal Monjoint, déléguée au Commerce à la mairie de Châtauroux. Un geste important pour les restaurateurs "qui ne représente pas une somme astronomique" à assumer pour la Ville, poursuit-elle. En 2019, les droits de terrasse ont ainsi rapporté 63 000 euros à la commune, sur un budget total d'un peu moins de 70 millions d'euros.
Ce geste a pourtant été reçu avec amertume par l'Umih du Berry, comme en témoigne sa présidente, Véronique Gaulon, dans un courrier adressé au maire, Gil Avérous :
 

Si vous souhaitez conserver les cafés et les restaurants qui égayent votre ville, il est urgent de revoir votre position, car j’ai bien peur que, sans toutes les aides possibles, il y ait beaucoup d’établissements qui ne pourront pas survivre en fin d’année, une fois que les comptes seront faits.

Véronique Gaulon

En effet, selon Véronique Gaulon, le vote d'une exonération à hauteur de 50% "ne correspond pas à ce qui nous avait été annoncé", en l'occurence une "exonération totale". Ainsi, un courrier de Gil Avérous, que la présidente de l'Umih du Berry tient pour preuve, promet "l'exonération des redevances d'occupation du domaine public". 
 

50% de chiffre d'affaires en moins pour les restaurateurs

"Dans ce courrier, le maire ne parle pas d'exonération à 100%,, et ne prononce par le mot "gratuit"", estime de son côté Chantal Monjoint, estimant que "si on exonère à 100% la taxe terrasse, on va devoir faire du gratuit dans tous les domaines". Ce dont la Ville n'aurait pas les moyens financiers.

"Les restaurants et cafés sont ouverts, et il va faire beau, donc il vont avoir des rentrées", ajoute l'adjointe au Commerce.

Un argumentaire que réfute Véronique Gaulon dans son courrier à Gil Avérous :
 

Ce n’est pas parce-que, actuellement, les terrasses vous paraissent remplies [...] que cela va résoudre tous les problèmes financiers de ces entreprises, après 3 mois de fermeture.

Véronique Gauron

Elle ajoute qu'un sondage, réalisé auprès de ses adhérants par l'Umih du Berry, révèle que le chiffre d'affaires moyen des restaurateurs sur le mois de juin est en baisse de 50% par rapport à 2019. "La situation des cafés et des restaurants est catastrophique", conclue-t-elle. 

En attendant, les mesures de distanciation physique dans les cafés, et les restaurants restent en vigueur, le virus circulant toujours dans le pays. Le gouvernement n'a pas encore manifesté son intention de les assouplir, ce qui serait synonyme d'une clientèle potentiellement plus importantes chez les restaurateurs et cafetiers du Centre-Val de Loire.
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