"Objectif n°1 revenir vivant" : 20 pompiers de l'Indre et du Cher partent combattre les incendies géants en Gironde

D'un peu partout en Centre-Val de Loire, des effectifs de sapeurs-pompiers prennent la direction de la Gironde, où deux incendies hors de contrôle ravagent la forêt des Landes. L'un de ces volontaires est originaire de là-bas, et prend ce futur combat très à cœur.

"Vous partez à 20, l'important c'est de revenir à 20." Les mots de l'officier sont déterminés, et mesurent la dangerosité de la tâche qui attend cette poignée de sapeurs-pompiers du Berry. Ce mardi 19 juillet, ils ont quitté la caserne de Montierchaume, au nord de Châteauroux, pour prendre la direction des incendies géants qui ravagent la forêt des Landes, en Gironde.

Les effectifs -neuf du Cher et onze de l'Indre- partent relever une équipe déjà partie il y a quelques jours. Les soldats du feu berrichons partent tous ensemble avec quatre véhicules d'intervention. Les camions-citernes spécialisés dans les feux de forêts, permettant de s'aventurer au plus près du feu, sont déjà partis avec la précédente équipe.

Amis et famille évacués

Alors pour combattre des flammes qui ont déjà ravagé plus de 19 000 hectares, les sapeurs-pompiers envoyés sur place ont un profil bien particulier. Qu'ils soient professionnels ou volontaires, ils doivent être formés aux feux de forêt et à la conduite des camions hors chemin. "Il faut des compétences très spécifiques, pour approcher le feu le plus possible", explique le colonel Stéphane Calimache, directeur du SDIS 36.

Pour certains sapeurs-pompiers, au-delà du devoir, il y a la rage personnelle. Le lieutenant Florian Chainaud avait déjà voulu partir pour la Gironde lors du précédent appel. Originaire du bassin d'Arcachon, il a grandi et vécu jusqu'à ses 21 ans à La Teste-de-Buch, commune aujourd'hui menacée par l'un des deux feux de Gironde. Ses parents y habitent toujours, du moins y habitaient avant d'avoir été évacués, "comme mes amis, tous mes proches", raconte-t-il. C'est "entre autres pour ça que j'y vais".

Bien-sûr, il veut "participer à l'effort commun" en tant que soldat du feu, mais cet incendie là le "touche" plus que les autres. "C'est la forêt dans laquelle j'ai grandie, les plages où j'allais quand j'étais petit." D'autant que, aux dernières nouvelles, le feu se rapprocherait dangereusement des quartiers résidentiels de La Teste. Comme celui des Miquelots, en lisière de forêt, où Florian Chainaud a grandi. "Il y a des pins dans les jardins, il y a des pins dans mon jardin", poursuit-il.

"Le feu n'a pas de frontière"

Forcément, face à un tel "sinistre hors du commun", le colonel Stéphane Calimache se dit inquiet pour ses pompiers berrichons. Et doit déjà anticiper la multiplication de ce types de feux géants sous l'effet du réchauffement climatique, et plus seulement dans le sud. "Ca arrivera de plus en plus souvent, de manière assez étendue sur le territoire national", prévient le directeur du SDIS 36. Car "le feu n'a pas de frontière", et pourrait bientôt concerner le Centre-Val de Loire, avec des feux d'arrière-saison si la végétation reste sèche et l'humidité très basse. "Les risques d'éclosion de feux sont beaucoup plus importants qu'il y a une dizaine, y compris dans l'Indre qui avait été peu confrontée aux incendies jusqu'en 2019".

La mission en Gironde de cette nouvelle équipe devrait durer 48 heures. Durant lesquels les pompiers alterneront combat contre le feu et repos dans des conditions précaires.