Les députés votent la création d'un statut pour les enfants de soignants morts du Covid-19, une idée partie de l'lndre

L'Assemblée nationale a voté à l'unanimité ce mardi 26 mai la proposition de François Jolivet, député LREM de l'Indre, de créer un statut de reconnaissance nationale, semblable à celui de pupille de la Nation, pour les enfants dont les parents personnels soignants sont morts du coronavirus.

L'hémicycle de l'Assemblée nationale. Photo d'illustration (février 2020).
L'hémicycle de l'Assemblée nationale. Photo d'illustration (février 2020). © Thierry THOREL/MAXPPP
Sur les 573 parlementaires présents, tous ont voté pour la création d'un statut de reconnaissance nationale pour les enfants de soignants décédés des suites du coronavirus, ce mardi 26 mai à l'Assemblée nationale. Un texte "fédérateur" porté par François Jolivet, député LREM de l’Indre. Le vote à l'unanimité de cette proposition de résolution ne signifie cependant pas qu'un tel statut sera créé ou que le dispositif de pupille de la Nation sera étendu aux enfants de soignants pour le moment. Mais c'est un message adressé par les parlementaires au Gouvernement pour que ce dernier fasse quelque chose : "C'est une incitation, une injonction à l’action", précise François Jolivet. 
 

Une aide-soignante décédée laisse 4 orphelins

Tout est parti d'une tragique histoire : "Dans l’Indre, à Châteauroux, une aide-soignante de 48 ans est décédée et laisse dans son sillage quatre orphelins", est-il écrit dans un appel lancé par François Jolivet, député LREM de l’Indre, le 15 avril.

"Le père était décédé, cela m'a posé un problème de conscience et donc un problème politique, explique le parlementaire. C'est la raison pour laquelle j'ai émis cette idée."

Comment fait-on pour protéger ces gamins qui n'ont pas fait le choix du métier de leurs parents mais qui en sont victimes ?
 

Morts pour la France

L'idée en question, c'était de créer "un statut de reconnaissance nationale, pour accompagner les enfants de nos soignants morts pour la France". C'est d'ailleurs ainsi que s'intitulait l'appel du député de l'Indre et signé dès le départ par 40 parlementaires de la majorité et du centre, dont François Cormier-Bouligeon (LREM) et Nadia Essayan (MODEM), représentants du Cher. En tout, ils sont 111 à avoir rejoint l'appel.
 
Dans ce texte, les députés soulignent que ces soignants, qui sont aussi des pères et des mères de famille, "sont au combat au profit de leurs semblables, au péril de leur vie", et qu'ils "méritent toute la reconnaissance de la Nation, parce qu'ils sont morts pour elle".

Ils demandent donc qu'un statut particulier pour leurs enfants, semblable à celui de pupille de la Nation. "Ce dispositif devra les protéger, par des mesures concrètes, pour leur garantir un avenir avec comme père ou mère : l'Etat."

Statut de pupille réservé aux militaires

Les députés ont préféré demander la création d'un statut car "le statut de pupille de la Nation est réservé aux enfants des militaires décédés en opération et est géré exclusivement par les militaires et l'Office national des anciens combattants (ONAC)", détaille François Jolivet.

Il a cependant existé des précédents avec des policiers ou après les attentats terroristes en France. Mais pour le député de l'Indre, "on est sur quelque chose de beaucoup plus grand. Je ne suis pas sûr que ce soit le meilleur moyen et que cela permettra l'intégration du personnel médical, d'ambulanciers, etc."

"Si le gouvernement s'en saisit et peut convaincre la communauté de défense, ce sera une bonne solution, estime François Jolivet. En tout cas ce qu'il fallait, c'était lancer l'idée et qu'elle fasse son chemin."

14 décès et 6 019 cas possibles

Pour l'instant, “nous ne connaissons pas précisément le nombre de familles concernées par cette proposition”, avoue François Jolivet. Selon l'AFP et france info, au moment de l'appel lancé mi-avril, 14 médecins et personnels soignants étaient décédés du Covid-19.

Hors Ile-de-France, 2 703 cas confirmés et 6 019 cas possibles ont été rapportés parmi les membres du personnel dans les établissements sociaux et médico-sociaux, d'après un bilan du 9 avril de Santé Publique France
 
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