Indre : Départementales 2021. Face au casse-tête d’une campagne amputée par la pandémie

Les 20 et 27 juin prochains, les électeurs devront voter pour des élections régionales et départementales, où la stratégie de campagne est chamboulée. Aux candidats de faire passer quand même leurs propositions.

Un masque avec déposé par dessus en lettre de scrabble le mot "VOTE"
Un masque avec déposé par dessus en lettre de scrabble le mot "VOTE" © Glen Carrie / Unsplash

Ce n’est un secret pour personne, ces élections 2021 ne ressembleront pas aux précédentes. Les électeurs devront se renseigner sur les programmes, autrement qu’en rencontrant les candidats, au cours de débats de proximité. La crise sanitaire est passée par là, et dans les états-majors, où les deux scrutins se juxtaposent, il faut bien improviser. Finalement, la plupart des candidats de l’Indre iront quand même à la rencontre des électeurs, au cours de tractages, de boitages, ou sur les marchés. Car tous ont conscience que le contact direct, particulièrement pour les départementales, est un temps de partage apprécié des électeurs.

La majorité départementale mise sur le terrain et les réseaux sociaux

Marc Fleuret, chef de file de la Majorité départementale s’est beaucoup investi, dit-il, dans le projet pour le département. Actuel premier Vice-Président en charge du tourisme, et maire de Déols, cet ancien sportif de 53 ans part avec l’ambition affichée de faire gagner son camp.

Il faudra attendre début juin, pour que le programme sur lequel tous les binômes ont travaillé et fait des propositions, soit officiellement dévoilé au cours d’une conférence de presse. Mais les grandes lignes de la campagne de terrain elles, sont définies. Outre la création d’une page Facebook départementale dédiée à ces élections, chaque binôme sera chargé d’organiser sur son terrain la campagne. "On a des gens qui se présentent, qui sont des gens de terrain, au plus proche des habitants de cantons, on est identifié, les gens savent où nous trouver, et ça c’est plus facile, c’est un point fort", estime-t-il.

Mais le numérique a aussi toute sa place à jouer. "Depuis le début de la crise sanitaire, les gens se renseignent beaucoup à travers Facebook en local et ceci de manière intergénérationnelle… Sur chaque canton on ira faire un peu de tractage, parce que c’est important de voir les gens en direct, par contre les réunions publiques  on ne peut pas, pour des raisons sanitaires." 

C’est un moyen de communiquer qu’on n’avait pas forcément  avant, notamment avec les anciens, qui, s’ils ne peuvent pas sortir ont quand même un lien avec la vie, on va faire des live, des direct live.

Enfin dernier aspect de ce scrutin "Pour la première fois, on a une charte graphique commune aux 13 cantons, les affiches, les professions de foi etc. sont chartées de la même façon avec le logo de la majorité départementale, on a une vraie identité… l’ensemble des candidats a adhéré, et ça, c’est très très bien" se félicite Marc Fleuret.

Le Rassemblement National mise sur le contact direct

Mylène Wunsch, la déléguée départementale du Rassemblement National, candidate et chef de file de ces élections veut privilégier le contact direct avec les électeurs pour cette campagne. Depuis des années qu’elle bataille sur le terrain, son opinion est faite. Rien ne vaut la discussion. "Sur les réseaux sociaux on a des groupes qui s’occupent de faire passer les informations sur Twitter, Instagram et Facebook. On a un site sur internet régional, car tout cela se chevauche entre les départementales et les régionales. Au niveau des cantons on a des opérations de tractage, de boitages, mais tout cela restera en lien avec les régionales, car les compétences de la Région et du département se complètent".

la présence sur le terrain, ça va être surtout pour motiver les électeurs à venir aux urnes, parce que c’est essentiel.

Pour elle, la présence sur le terrain est indispensable. "Les gens sont un peu blasés de la politique et quand on voit les petits arrangements de droite et de gauche, ça peut laisser perplexe ceux qui souhaitaient aller voter… On va donc se concentrer sur des actions de terrain, c’est ce que l’on préfère. Internet c’est bien, mais techniquement on préfère le contact direct, quand on fait un boitage sur une commune, discuter avec les gens, c’est quand même plus agréable, et ça correspond davantage à nos communes rurales".

Et la gauche unie ?

Après bien des négociations, les militants de quatre partis et de collectif citoyen ont abouti à un pacte de "non-agression" pour ce premier tour de Départementales. Mais qui dit non-agression dit aussi autonomie dans la conduite de la campagne au niveau cantonal.

Par exemple la France Insoumise sera alliée au Parti Communiste et aux verts. Antoine Léaument nous explique comment cela va se passer. "Chacun fait campagne avec les mots d’ordre qu’il choisit. Moi par exemple je suis avec les communistes. Chacun se met d’accord sur les mots d’ordre qu’on veut porter, sur la façon de faire campagne, sur les actions qu’on fait, le matériel qu’on fournit. Dans le canton où le binôme est entièrement Insoumis, on fait ce qu’on veut, dans celui où on est avec les verts, c’est différent, et je pense que dans tous les cantons c’est comme cela que ça fonctionne. Effectivement il n’y a pas d’expression unique, de porte-parole unique, mais l’objectif est d’emporter un maximum de cantons pour la gauche." 

Pour cela pas de secret, la campagne de terrain est privilégiée, boitages et porte à porte "On respecte les gestes sanitaires, on fait très attention, on va essayer de faire quelques actions de campagne médiatiques, et moi j’aimerais bien qu’on fasse un meeting le dernier jour de la campagne, on verra si c’est possible ou pas" conclue-t-il.

 

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