REPLAY. Départementales 2021 : les 3 choses à retenir du débat de l'Indre

France 3 Centre-Val de Loire se mobilise pour vous faire vivre la campagne des élections départementales 2020. Retrouvez en replay le débat animé par F. Leroy de France 3 et C. Dechâtre de France Bleu, réunissant cinq candidats dans des cantons de l'Indre. Le point sur les trois choses à retenir.

François Avisseau, Marc Fleuret, Antoine Léaument, Dominique Viard et Mylène Wunsch sur le plateau de France 3 Centre-Val de Loire le 16 juin 2021.
François Avisseau, Marc Fleuret, Antoine Léaument, Dominique Viard et Mylène Wunsch sur le plateau de France 3 Centre-Val de Loire le 16 juin 2021. © France 3 Centre-Val de Loire

Dernier débat, et dernier récapitulatif. Ce mercredi 15 juin, France 3 Centre-Val de Loire a donné la parole à cinq candidats aux élections départementales dans l'Indre :

Alors que les journalistes en plateau engageaient le débat sur la solidarité, Mylène Wunsch a tout de suite souhaité protesté contre la présence de trois candidats de gauche sur le plateau. "Nous allons nous retrouver avec une inéquité de temps de parole", a-t-elle estimé, s'interrogeant : "Que représentent ces trois messieurs ?" "Nous représentons la gauche", s'est défendu Antoine Léaument, rappelant l'existance d'un "pacte de non-agression" des forces de gauche dans l'Indre pour ces élections. Ainsi, seul un binôme de gauche (PS, LFI, EELV...) est présent par canton. 

1. Solidarité et services publics

Ce pacte de non-agression s'est bien matérialisé sur le plateau, chacun des trois candidats n'adressant les deux autres que pour approuver leurs dires. Une première fois déjà, quand il s'est agi d'évoquer la solidarité, la première prérogative du département et son principal budget (139 millions sur 269 en 2020). Les trois sont tombés d'accord sur un constat dressé en premier par François Avisseau : "A cause de la crise Covid, on a eu une augmentation des bénéficiaires du RSA de 10%. L'Etat, qui aime bien promettre, n'est pas bon payeur. Néanmoins, notre engagement est insuffisant.

Une dernière partie de phrase approuvée par le candidat France insoumise, qui regrette : 

Des gens ont droit à des aides mais ne les demandent pas. Le département ne les aide pas. Dans la logique de la droite, ça serait dépenser plus. Pour moi, c’est aider des gens qui en ont besoin.

Antoine Léaument, La France insoumise

Marc Fleuret soutient de son côté que "nos comptes très sains permettent de répondre à l'augmentation [du nombre de bénéficiaires du RSA] sans faire du social une variable d'ajustement". Le candidat de la majorité de droite sortante a ensuite été vivement attaqué sur ce que les candidats de gauche ont estimé être des manquements de la part du département. 

Antoine Léaument a en premier mis sur le tapis l'idée d'un RSA pour les jeunes : 

Ce qui, pour Marc Fleuret, est une fausse bonne idée :

Le candidat de la majorité départementale sortante a également défendu "une mesure soutenue par les missions locales, pour les jeunes en difficulté importante" : "600 euros pour aider à s'insérer au niveau travail". Cette allocation mensuelle est en réalité de 497 euros pour un taux plein au sein de missions locales, et est une mesure gouvernementale datant de 2013.

Pour Dominique Viard, le département a néanmoins "les moyens d’améliorer ces dispositifs de soutiens aux personnes âgées, handicapées, jeunes et aux victimes de violences", et a mis l'accent sur la situation des personnes âgées. Le candidat écologiste s'est prononcé pour la revalorisation des salaires et des formations des aides à domicile, "en s'appuyant sur le tissu associatif". Une mesure qu'approuve Mylène Wunsch, pour qui il faudrait que soit "plus systématique" une aide permettant aux personnes âgées de rester chez elles. "En Ehpad, les personnes n'ont pas la même qualité de vie", assure-t-elle. 

Sur le plan des aides sociales directes, la candidate Rassemblement nationale s'est démarquée par son intention de "faire que la fraude sociale soit d'avantage filtrée". 

2. Accès aux soins

Les candidats se sont tout autant écharpés sur la question de la santé, chacun se rendant compte de la hauteur de l'enjeu. Ainsi, même si Marc Fleuret a tenté de défendre l'Indre comme "l'un des départements qui résistent le mieux à la diminution des médecins" en Centre-Val de Loire, le territoire reste le 8e département le moins bien doté en médecins de France (217 médecins, toutes spécialisations confondues pour 100 000 habitants en 2018). De plus, le candidat a mis en avant les 41 médecins arrivés cette année sur le territoire, dont 24 généralistes. Soit "un solde positif", a-t-il affirmé. Il y avait ainsi 140 généralistes dans le département en 2018, contre 156 en 2021. Mais sur dix ans, le nombre d'inscrits a chuté de 20% dans l'Indre, selon le conseil national de l'ordre des médecins, soit une trentaine de médecins de moins, comme souligné par Dominique Viard.

Ce besoin en médecins est "écrasant", estime François Avisseau :

Nous avons eu la chance d'installer un dentiste dans ma commune. La première chose qu'il a constatée, c'est l'état des dents de ses patients. Quand les gens n'ont pas de médecins, est-ce qu'ils se déplacent ? Non, ils arrêtent de se soigner.

François Avisseau, Parti socialiste

Pour lui, il faut utiliser "tous les leviers", pour faire revenir les médecins sur le territoires, y compris le salariat :

Une mesure critiquée par Marc Fleuret, relayant la même donnée que Marc Fesneau (MoDem) et Aleksandar Nikolic (RN) au débat des régionales : "François Bonneau avait promis en 2017 150 médecins salariés. Aujourd'hui, il y en a sept." En réalité, la promesse ne date que de 2019, et le processus de recrutement a officiellement été lancé en ce début d'année, après une approbation tardive du ministère de la Santé. Sur le chiffre de sept salariés, il faut aussi être prudent. La région revendique neuf signatures, dont un départ depuis et un médecin déjà salarié par une communauté de communes, et affirme avoir une dizaine de CV très prometteurs pour des installations prochaines.

Marc Fleuret a en tout cas promis "un deuxième plan santé", avec "beaucoup de mesures" et l'assurance selon lui d'attirer "dix nouveaux médecins chaque année" dans l'Indre. Il a également défendu les constructions de maisons de santé pluridisciplinaires sur le territoire. "On a mis les briques, il faut mettre l'humain."

Toujours dans la palette de solutions contre la désertification médicale, Dominique Viard a été interrogé sur la télémédecine. Une mesure qu'il juge intéressante et dont "il ne faut pas se priver", tout en soulignant que "la moyenne d'âge est très élevée" dans le département, limitant la pertinence du dispositif. "L'humain est un élément fondamental", a-t-il ajouté, avant d'axer sa réflexion sur la prévention sanitaire "dans les collèges, sur l'alimentation". Une prévention qui permettrait, selon lui, de mettre une bonne quantité de problématiques de santé publique "derrière nous". 

La suite des débats s'est enflammée autour de la fermeture de la maternité du Blanc. A en croire Antoine Léaument, "pour faire venir les médecins, il faut rendre le département attractif". Une attractivité qui passe, selon lui, par le maintien des services publics, à l'instar de la maternité en question. Sa fermeture, "Gil Averous aurait dû s'y opposer", a-t-il estimé. 

Mylène Wunsch a de son côté justifié cette fermeture par "des couacs et un manque de réactivité à le moderniser, dont on paie les pots cassés", mettant en cause "la gestion de l'hôpital, l'ARS et le département". 

3. Attractivité du territoire

"Si vous dites aux jeunes comme moi de venir au Blanc mais qu'il n'y a pas de maternité, jamais ils ne viendront", a argué Antoine Léaument, mettant donc sur le tapis la question de l'attractivité du territoire. Marc Fleuret a rapidement tenu à défendre l'Agence d'attractivité de l'Indre, qui regroupe "des chefs d'entreprises, des associations, des Indriens individuels qui travaillent sur l'attractivité", notamment sur les questions de tourisme et d'aide aux entreprises. Optimiste, il assure qu'il y a, dans le département, "de nombreux chefs d'entreprises qui ont besoin de main-d'oeuvre".

Pragmatique, Dominique Viard a réclamé à la majorité d'"arrêter de bercer d'illusions les Indriens" avec des grands projets, citant notamment la coquille ville d'Ozans, dans laquelle le département a investi 15 millions d'euros pour une mise en double-voie. Le candidat écologiste a préféré promouvoir une action d'urgence en faveur de l'agriculture, qui représente 6% des emplois du département :

40% des agriculteurs vont partir à la retraite dans les dix ans qui viennent. Il faut se préoccuper de la reprise des exploitations et mettre en place un système qui permet aux jeunes de reprendre.

Dominique Viard, Europe Ecologie-Les Verts

François Avisseau, approuvant les dires de son quasi-allié écologiste, défend le levier de l'alimentation, jugeant les Français "prêts à payer un peu plus cher s'ils savent que ça va dans la poche d'un agriculteur qu'ils connaissent et en qui ils ont confiance". Le socialiste souhaite accompagner les agriculteurs dans la valorisation de leurs produits. Une mesure également défendue par Mylène Wunsch :

On doit mettre en avant nos spécificités : la poule noire du Berry, les élevages bovins. Un label Berry doit être mis en avant davantage.

Mylène Wunsch, Rassemblement national

La candidate RN souhaite notamment utiliser la cantine des collèges, compétence départementale, pour faire consommer local. Antoine Léaument va plus loin, et estime que la cantine peut "inciter à transformer la production et faire davantage de bio". Il espère ainsi faire d'une pierre de multiples coups : "On épand 540 tonnes de glyphosate par an. On crée de l'activité et de l'emploi grâce au bio ,et on améliore la qualité de l'eau.

Sur cette question de l'agriculture biologique, Dominique Viard estime qu'elle doit faire partie d'un questionnement plus général de la part du conseil départemental :

Sur le sujet des transports, "on ne peut pas accepter que les trains disparaissent du département", affirme-t-il en référence à la bataille autour de la gare d'Argenton-sur-Creuse. Une gare que Mylène Wunsch juge "emblématique". "On ne vous y a pas beaucoup vue", rétorque du tac-au-tac François Avisseau. 

La candidate Rassemblement national souhaite, de son côté, que "le réseau routier soit un petit peu mieux entretenu", et promet de faire plus qu'actuellement :

En face, Marc Fleuret s'étrangle : "On y met beaucoup d'investissements" (23,5 millions d'euros en 2020), parce que "le déplacement se fait par la route, et sinon les gens ne peuvent pas se déplacer". Quant à la défense du ferroviaire, le conseiller sortant a mis en avant le financement par le département de l'enlèvement de passages à niveau pour "réduire le temps de trajet entre Paris et Châteauroux". En conclusion, François Avisseau a prié pour que "les mobilités douces [et notamment le développement de pistes cyclables] fassent partie du projet" départemental.

 

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