Dans un village de l’Indre 4/5 : Pellevoisin : quand l’apparition de la Vierge relance le tourisme

© J.Roché / France Télévisions
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Le sanctuaire Notre Dame de la Miséricorde s’est modernisé au début des années 2000 pour accueillir plus de pèlerins. Une aubaine pour la commune et pour le diocèse de Bourges qui voit en ce sanctuaire l’occasion de relancer sa présence à Pellevoisin. 

Par Juliette Roché

En passant par Pellevoisin, personne ne peut ignorer le sanctuaire Notre Dame de la Miséricorde. Des croix immenses et des panneaux à la gloire de la Vierge Marie annoncent la présence de ce lieu quelques kilomètres avant d’entrer dans la commune. Un bâtiment austère construit par la famille de la Rochefoucault trône en plein coeur du bourg. Cette maison bourgeoise ne paye pas de mine et pourtant. C’est là que la Vierge serait apparue à quinze reprises dans la pièce qui servait de chambre à Estelle Faguette à la fin du 19ème siècle. 
 

Le sanctuaire en quelques photos


De domestique à miraculée


Estelle Faguette est une jeune domestique au service de la Comtesse de la Rochefoucault. A 32 ans, atteinte d’une grave maladie et désespérée, la jeune femme écrit à la Vierge pour obtenir guérison. En 1876, à la cinquième apparition de la Vierge, Estelle se dit guérie. Rapidement le miracle de la guérison d’Estelle Faguette commence à se faire connaître en France. Dès 1877, sa chambre devient un lieu pèlerinage. De riches pèlerins font construire un grand hôtel, aujourd’hui le bâtiment de Moissons Nouvelles, pour accueillir les visiteurs toujours plus nombreux. 

Quinze ans plus tard, les soeurs Dominicaines construisent un monastère autour de la maison originelle et s'y installent. En 1983, l’archevêque de Bourges Monseigneur Vignancour reconnaît officiellement le miracle de la guérison d’Estelle. C’est à ce moment que l’ancienne chambre d’Estelle Faguette est transformée en chapelle. Pellevoisin devient un lieu de pèlerinage incontournable au début du 20ème siècle.  
 
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La reprise par la congrégation des Frères de Saint-Jean 

Dans les années 90, le sanctuaire tombe un peu dans l’oubli. « Qu’est-ce que vous voulez, la dévotion à la Vierge Marie n’avait plus de succès à la fin du 20ème siècle », explique Frère Jean-Emmanuel, recteur du sanctuaire. Le lieu est moins fréquenté et les pèlerins se font rares sauf au 15 août.

Au début des années 2000, les soeurs Dominicaines laissent place aux soeurs contemplatives de Saint-Jean. Le diocèse de Bourges décide de miser sur ce sanctuaire. En France, la Vierge est apparue dans cinq lieux : rue du Bac à Paris en 1830, La Salette (Isère) en 1946, Lourdes en 1858, Pontmain (Mayenne) en 1871 et enfin à Pellevoisin (Indre) en 1876. Sur une carte de France, si on rejoint ces points en fonction de la chronologie des apparitions, un M majuscule traverse l’hexagone. Pellevoisin se trouvant alors au milieu du M.
 
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En 2004, les Frères de Saint-Jean obtiennent la gérance du sanctuaire. Les Frères sont présents depuis plus de 30 ans aux Besses, un monastère à l’extérieur de Pellevoisin où ils accueillent des personnes toxicomanes pour un programme de sevrage et d’insertion. Ils reprennent l’accueil des pèlerins et lancent une campagne de rénovation et de construction des bâtiments pour l’hôtellerie. Grâce aux dons des pèlerins et des riverains, le lieu s’aggrandit et se modernise en se dotant d’une boutique. En parallèle, les Frères rénovent plusieurs maisons de la commune qui avaient été données au diocèse. Aujourd’hui, le sanctuaire peut accueillir 80 personnes. C’est peu quand le pèlerinage annuel attire près de 800 croyants. 


Un succès qui bénéficie à la commune?

D’après le Frère Jean-Emmanuel, le sanctuaire commence à se faire connaître à l’étranger grâce au site internet. Les Frères modernisent l'institution. Ils organisent de nombreux événements pour attirer le public. En plus des pèlerinages, ils mettent en place des retraites, des week-end de réflexion réservés aux familles, aux couples, aux enfants ou aux mères. L’arrivée du nouvel Archevêque de Bourges Monseigneur Beau dynamise aussi le lieu. Le diocèse voudrait faire de Pellevoisin un haut lieu spirituel.  

Seule critique formulée à demi-mot par les riverains, c'est la capacité de vivre en autarcie des Frères. Du bout des lèvres, Gérard Sauget s'accorde à dire qu'il « aimerait bien que le sanctuaire fasse un peu plus vivre la commune en général. » Pour la nourriture, les frères se fournissent à la Ferme des Besses en viande et légumes. Mais ils font aussi appel aux commerçants de la commune. Le boulanger est témoin : « Les Frères nous font des commandes régulières pour le sanctuaire, » insiste Mickaël Amy le boulanger de Pellevoisin. Et de préciser que le boucher aussi travaille avec le sanctuaire. Les critiques sont peu nombreuses car le lieu est une belle opportunité pour attirer les touristes à Pellevoisin. D'ailleurs, le maire est fier de montrer les fascicules de présentation du sanctuaire qu'il présentera au salon de l'Agriculture. 

Pour la confrérie de Saint-Jean, le travail n'est pas terminé. Ils souhaiteraient voir reconnue par le diocèse les quinze apparitions de la Vierge ainsi que la béatification d'Estelle Faguette. Ce qui prendra le temps qu'il faut... Dans l'immédiat, les Frères devraient débuter la restauration de La Chapelle des apparitions fin 2020 début 2021. Le Saint des Saints du sanctuaire. 
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