Inédit : la région Centre-Val de Loire va salarier 150 médecins pour lutter contre la désertification médicale

Le projet sera présenté mardi 26 novembre au cours d’une session extraordinaire du conseil régional qui se tiendra à la faculté de médecine de Tours. / © GUILLAUME SOUVANT / AFP
Le projet sera présenté mardi 26 novembre au cours d’une session extraordinaire du conseil régional qui se tiendra à la faculté de médecine de Tours. / © GUILLAUME SOUVANT / AFP

C’est une première en France. La région Centre-Val de Loire va salarier 150 médecins d’ici 2025 pour répondre au problème de désertification médicale.

Par Amélie Rigodanzo

La région Centre-Val de Loire a annoncé vouloir créer d’ici 5 ans 150 postes de médecins salariés afin de lutter contre la pénurie de praticiens. Une mesure qui sera progressive, à hauteur de 30 postes créés chaque année jusqu'en 2025.

Le projet consiste à créer des "centres de santé régionaux" répartis sur tout le territoire où les médecins seraient directement payés par la région elle-même. Un dispositif qui se veut complémentaire des MSP (maisons de santé pluridisciplinaires), financées elles en majorité par les communes et les intercommunalités, et où travaillent des médecins libéraux ou salariés.

"C’est un pari qui s’appuie sur un constat. Si par le passé le nombre de jeunes sortants des facultés de médecine était très limité à penser au salariat, aujourd’hui avec la diversification des profils, un certain nombre montre leur intérêt. C’est un constat partagé avec le doyen de la faculté de médecine de Tours, et nous voulons sans retard prendre ce cap parce que le déficit de médecins est réel aujourd’hui et risquerait d’être plus lourd encore puisqu’il y a un grand nombre de médecins qui partent à la retraite. Il nous faut donc être attractif par toutes les formes d’exercice qui peuvent exister, salarial et libéral", explique le président du conseil Régional du Centre-Val de Loire.


François Bonneau ajoute que l’implantation de ces structures se ferait en priorité sur les territoires les plus carencés en offres de soins. "Il peut y avoir des centres de santé qui, comme le font les MPS, associent des paramédicaux (infirmières etc.). Il peut y avoir aussi des centres de santé plus axés sur le diagnostic et le travail du médecin. Ce sont des choses qu’on va co-construire avec l’agence régionale de santé, avec le ministère et avec les territoires."

La région en appelle à l’Etat pour l’aider à recruter des médecins

Il faudra désormais à la région Centre-Val de Loire, qui a déjà participé au financement d’une centaine de maisons de santé (125 à l'horizon 2022) à hauteur de 6 millions d’euros, co-financer avec l'Etat la construction des 30 centres régionaux qu'il envisage de créer d’ici 2025.

Quant aux coûts de fonctionnement, la région explique qu’elle récupèrera le montant des consultations versé par la sécurité sociale et estime donc à environ 10 à 15 000 euros par an et par médecin le montant restant à financer. Cela comprend, entre autres, les salaires des praticiens.

Le principal défi de ce projet reste donc d’attirer les médecins et pour cela, la région va mener des action avec les collectivités territoriales afin de "montrer les avantages qui vont etre proposés aux medecins" (aide à la recherche d'un logement, accompagnement vers l'emploi pour le conjoint, disponibilité de places en crèche ...).

François Bonneau demande aussi à l’Etat de lui donner un coup de main en mettant en place un dispositif expérimental pour affecter des praticiens sur ces postes.

"L’équation est simple : la région s’engage comme aucune autre collectivité pour la création des 125 maisons de santés pluridisciplinaires, mais aussi sur la formation d’infirmiers et maintenant, sur la création de ces centres de santé. Donc nous demandons à l’Etat de prendre toutes les dispositions nécessaires pour que les jeunes, ou les médecins en exercice qui veulent évoluer vers le salariat, viennent vers ces postes. Je pense qu’on ne peut pas dire simplement qu’il y a un principe de liberté d’installation et qu’il faut le préserver, il faut aussi regarder le besoin des usagers, des habitants. "


Le projet sera présenté et débattu mardi 26 novembre au cours d’une session extraordinaire du conseil régional qui se tiendra à la faculté de médecine de Tours.
 

 

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