Loir-et-Cher : les élèves, les parents et les enseignants de l'école de Fréteval réalisent une vidéo pour les soignants

C'est un projet pédagogique original qu'ont réalisé les enseignants, les élèves et les parents de l'école de Fréteval dans le Loir-et-Cher. Pour le 100 ème jour d'école, chaque enfant a réalisé un coeur en Land'art et les enseignants en ont fait une vidéo en hommage notamment aux soignants. 

Exemples de création en Land'art des élèves de l'école primaire de Fréteval dans le Loir-et-Cher
Exemples de création en Land'art des élèves de l'école primaire de Fréteval dans le Loir-et-Cher © Ecole primaire de Fréteval DR

A l'origine, on voulait réaliser une oeuvre collective mais on ne savait pas comment faire passer le message. Une vidéo sur les réseaux sociaux nous a semblé idéal. 

Tania Boulay est la directrice de l'école élémentaire de Fréteval dans le Loir-et-Cher qui compte 104 élèves de la grande section de maternelle au CE2. Pendant le confinement, l'équipe enseignante a voulu maintenir l'événement très attendu dans les écoles élémentaires : le 100ème jour d'école.

"Chaque année, début avril, c'est un jour de fête et de travail qui rassemble les élèves de toutes les classes et leurs parents autour du nombre 100. Les projets vont du dessin aux mathématiques en passant par l'éducation physique. Comme cette année nous ne pouvions pas l'organiser à l'école nous avons décidé de lancer le défi à distance."
 
Ecole primaire Alphonse Daudet à Fréteval dans le Loir-et-Cher pendant le confinement.
Ecole primaire Alphonse Daudet à Fréteval dans le Loir-et-Cher pendant le confinement. © Tania Boulay/DR

De là est partie l'idée de demander aux enfants et leurs parents de réaliser 100 coeurs en Land'art à destination des soignants et de toutes les personnes qui travaillent pendant l'épidémie.

"Dans notre école rurale, presque tous les enfants ont un jardin. Du coup, il était assez simple pour chacun de trouver des éléments de la nature pour créer un coeur avec," explique Cécile Balan, professeur des écoles chargée de la classe de CE1 à l'école Alphonse Daudet de Fréteval. 

"C'est un travail mutuel des enfants, des parents et des enseignants avec un objectif pédagogique", raconte Tania Boulay, la directrice de l'école chargée de la classe des grandes sections de maternelle. "Ce projet permet de développer l'esprit de solidarité avec les soignants mais aussi de travailler sur les gestes barrières qui sont rappelés dans la vidéo par de petites infographies. Ce projet a un double intérêt en arts plastiques et en éducation citoyenne.
 
Ecole maternelle de Fréteval dans le Loir-et-Cher pendant le confinement.
Ecole maternelle de Fréteval dans le Loir-et-Cher pendant le confinement. © Tania Boulay/DR
 

Un projet collectif en plein confinement

Si cette idée est venue aux enseignantes c'est aussi parce qu'elles savent que beaucoup souffrent de cette période de confinement. "Ce projet collectif est une vraie prouesse car presque tous les enfants ont répondu présents. Quand on a vu les photos des créations des enfants et de leurs parents, on s'est dit qu'il fallait les partager en dehors de l'école."

Alors la directrice a trouvé une chanson sur internet sur le Coronavirus de "BOGZ et Mégot". Elle a demandé l'autorisation à son auteur qui est enseignant de l'utiliser pour la vidéo de l'école et avec l'aide d'un infographiste, l'équipe a pu réaliser cette vidéo partagée sur les réseaux sociaux.

"Nous sommes contents parce qu'elle est beaucoup partagée. C'est une belle reconnaissance pour les enfants et leurs familles," raconte Cécile Balan, enseignante dans la classe de CE1. 


Retour d'expérience après un mois et demi d'enseignement à distance

Si l'enseignement à distance se passe plutôt bien pour les enseignants de l'école de Fréteval ce n'est pas toujours simple : "Certaines familles n'ont qu'un téléphone portable comme moyen de communication. Alors je les appelle régulièrement pour savoir comment ça va," confie Cécile Balan.

"On avance pas à pas sur le programme avec des petits tutos, des petites vidéos artisanales", raconte Tania Boulay. " Au moins on entretient le lien avec les enfants. Ce qui est important c'est de ne pas laisser d'enfants en difficulté sur le bord de la route. Avec l'investissement des familles, on avance."


Cécile Balan complète : "On se met à la place des familles et des parents qui travaillent. Ils ne peuvent pas remplacer l'enseignant. On évalue le temps que les parents auront à consacrer aux devoirs. On considère que rien n'est obligatoire. On varie les supports pour que les enfants ne soient pas trop sur un écran. L'objectif est de faire un peu de maths, un peu de lecture et de production d'écrit mais c'est compliqué."

Quant à une reprise le 11 mai ? Cécile Balan, l'enseignante chargée des CE1 à l'école de Fréteval est très inquiète : "Je comprends que les parents aient besoin de reprendre le travail mais j'ai peur d'être contaminée et de contaminer ma famille. C'est aussi une grande source d'angoisse pour les enfants. On ne sait pas quels enfants seront présents et s'ils apprendront mieux qu'à la maison."

Et d'ajouter : "La question qui se pose à tous les enseignants c'est l'équité. Vais-je enseigner à tous les enfants de la même façon entre ceux qui restent à la maison et ceux qui viennent à l'école. Sans parler des heures de travail. C'est très inquiétant". 

 
 
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