Loir-et-Cher : des parents portent plainte contre le Samu après la mort de leur fils

Samu 41. / © M.Mouamma/France 3 Centre
Samu 41. / © M.Mouamma/France 3 Centre

Décédé en 2014 d'une tumeur cérébrale, le jeune Amaury Boyer était âgé de 13 ans. Selon ses parents, une mauvaise prise en charge du Samu 41 serait à l’origine de sa mort.

Par AJ

Ghislaine et Roger Boyer en sont persuadés : c'est une mauvaise prise en charge du Samu du Loir-et-Cher qui est à l’origine de la mort de leur fils.

L'affaire Naomi Besunga, jeune femme de 22 ans décédée après ne pas avoir été pris au sérieux par le Samu en décembre 2017, à Strasbourg, va convaincre les deux parents d'agir. 

Touché par cet évènement tragique dans lequel elle revoit la situation qu'elle a vécu, la famille Boyer a décidé de porter plainte pour atteinte involontaire à la vie contre le CHRU de Tours, le CH de Romorantin, le CH de Blois, le médecin régulateur du Samu 41 et contre le Docteur Van Roomen, qui exerce à Romorantin.

12 novembre 2014

Tout remonte fin octobre 2014. La famille, qui réside à Langon-sur-Cher, apprend que le jeune Amaury est atteint d’une tumeur cérébrale. Suivi par le CHU de Tours, le garçon va se faire opérer une première fois début novembre, Avant de subir une ponction lombaire le 10 novembre.

Après ce passage à l'hôpital, Amaury Boyer est autorisé à rentrer chez lui,"pour reprendre des forces et se reposer en attendant les résultats [...] un retour à [l'hôpital de] Clocheville était prévu le 18 novembre" selon les mots employés par sa mère. Mais dès le lendemain, l’état de santé du garçon de 13 ans se dégrade. "Il a vomi de la bile, il en a vomi toute la nuit. Il a très mal à la tête", explique Ghislaine Boyer.

En urgence, la mère de famille décide alors d'appeller le CHU de Tours, où Amaury est pris en charge, et le médecin traitant de son fils. Ce dernier la dirige vers le Samu pour qu'une ambulance puisse transporter son enfant au CHRU de Tours. Conseil qu'elle applique immédiatement. L'horloge affiche 08h24.

Fichier audio

Extrait de l'appel du 12 novembre 2014 de Ghislaine Boyer au Samu du Loir-et-Cher

Dans un enregistrement de 5 minutes 41 de l'échange entre Ghislaine Boyer et le samu du Loir-et-Cher du 12 novembre 2014, qui nous a été transmis avec l'accord de la mère de famille, on peut entendre cette dernière s'exprimer le souffle court d'une voix paniquée et tremblante.

La femme détaille l'état de santé de son fils. "Je suis la maman d'un petit garçon, Amaury Boyer, atteinte d'une tumeur au cerveau, certainement d'origine germinale." Elle appuie également sur le fait que le médecin traitant de son fils a affirmé qu'il fallait "rapatrier" Amaury "de suite à Clocheville".



Transporté à Romorantin

Mais en dépit des explications et de sa demande, le médecin du samu qu'elle a au bout du fil décide d'envoyer une ambulance pour emmener son fils, non pas au CHRU de Tours, mais au Centre hospitalier de Romorantin.

Une heure après l'échange téléphonique entre Ghislaine Boyer et le Samu 41, à 09h30, Amaury arrive aux urgences de Romorantin. Il est dans le coma.

Selon nos confrères de France Bleu Orléans, devant la gravité de la situation, "le médecin des Urgences de Romorantin décide lui aussi d'appeler le Samu pour demander un transfert à Tours". Démarre alors un échange téléphonique de huit minutes dans lequel l'interlocutrice du médecin "lui répond qu'aucun médecin n'est disponible pour l'instant et qu'il faut attendre. Toujours selon France Bleu Orléans, le médecin de Romorantin "ne dira jamais à son interlocutrice qu'Amaury se trouve entre la vie et la mort, mais préférera parler de la météo et de sa coupe de cheveux".

Finalement, Amaury Boyer va être amené en hélicoptère au CHRU de Tours. Il est 12h32. Soit quatre heures après l'appel de la famille Boyer au Samu 41. Le garçon est dans un état critique. Et la chimiothérapie qui est lancée les jours suivants n'y changera rien. Amaury Boyer décède le 1er décembre 2014.

Enquête préliminaire ouverte

Selon le rapport d’expertise de la Commission de Conciliation et d’Indemnisation des accidents médicaux, l’écoute de l’appel permettrait d’affirmer que le Samu « a refusé de mettre en jeu les moyens nécessaires lors de l’appel de Madame Boyer pour transférer Amaury en neurochirurgie ».

A la suite de cette plainte, le procureur de la République de Blois, Frédéric Chevallier, a ouvert une enquête préliminaire.

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