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Blois : l'élu communiste soupçonné de viol est suspendu de ses fonctions municipales

Mairie de Blois dans le Loir-et-Cher / © France 3 Centre
Mairie de Blois dans le Loir-et-Cher / © France 3 Centre

Après avoir été suspendu de toute fonction par le Parti Communiste, l'agresseur présumé d'une militante et étudiante des Pyrénées-Orientales, le blésois Alexis Bouchou vient d'être suspendu de toutes ses fonctions de conseiller municipal par le maire de Blois, Marc Gricourt.

Par Alain Heudes

Alexis Bouchou nie les accusations portées contre lui par Léa Tytéca, une étudiante qu'il a côtoyé au Parti Communiste et qui l'accuse de l'avoir violée en juillet 2016.

La jeune femme a porté plainte en octobre 2018 pour ses faits qui se seraient produits à Paris, mais l'élu communiste blésois évoque des "accusations calomnieuses".

Ses dénégations n'ont pourtant pas empêché son parti de le suspendre de ses fonctions au sein du P.C du Loir-et-Cher et ce jeudi c'est le maire de Blois, Marc Gricourt, qui l'a reçu pour lui apprendre sa mise à l'écart du groupe majoritaire au sein du conseil municipal.

Marc Gricourt a ensuite rendu cette décision publique dans un communiqué;
 

il résulte qu'Alexis Bouchou a fait savoir qu’il contestait le viol et toute autre agression. La Ville n’a pas à se prononcer sur les suites judiciaires qui seront données aux accusations portées. Monsieur Bouchou, comme chaque citoyen, a droit au respect de la présomption d'innocence. La Ville n’entend évidemment pas y porter atteinte.

 


Suspension jusqu'à une éventuelle décision judiciaire


En dépit de ce préambule appaisant, le maire de Blois a pris une décision semblable à celle du Parti Communiste du Loir-et-Cher. Marc Gricourt utilise le calendrier, la journée internationale des femmes ce vendredi 8 mars, pour rappeler que son conseil municipal est engagé aux côtés des femmes victimes de violence et que la perception de cet engagement ne doit pas être troublée.

D'où la suspension d'Alexis Bouchou de ses responsabilités de conseiller de la majorité, jusqu'à une éventuelle décision judiciaire.

 

 
 

La chronologie de "l'affaire Alexis Bouchou"

Le 24 février, le journal "L’Obs" publiait le témoignage d'une étudiante des Pyrénées-Orientales dans un article titré « La vague MeToo déchire les jeunes communistes» Léa Tytéca, elle-même militante communiste, y accuse un conseiller municipal, sans le nommer, de l’avoir violée en juillet 2016 à Paris.

Evidemment les réseaux sociaux s’emballent. Et le 28 février, le nom du fameux conseiller municipal est dévoilé sur Twitter.
Il s’appelle Alexis Bouchou, il a 23 ans, il est membre du Parti communiste. Il s'avère être aussi le benjamin du conseil municipal de Blois. 

Le 2 mars, la victime présumée du viol décide de réagir sur twitter. Elle explique à nouveau avoir été violée il y a plus de deux ans par Alexis Bouchou, qu’elle cite cette fois nommément. Elle parle d’un camarade, même d’un ami, en qui elle avait confiance.
 
"Il y maintenant plus de 2 ans et demi, Alexis Bouchou m'a violé. Il était mon camarade, et même si j'ose dire mon ami. Je lui faisais confiance. J'ai longtemps culpabilisé à ce sujet d'ailleurs. Avant de comprendre que je n'avais pas à culpabiliser. Car je n'ai rien fais de mal."

3 000 partages, les réactions s’enchainent ! Le Mouvement des Jeunes communistes du Loir-et-Cher demande la démission immédiate du conseiller municipal. Lundi 4 mars, le PCF a annoncé avoir suspendu le militant.

"Ce militant n'a plus le droit de prendre part au vote interne du parti. Il avait des fonctions au niveau local au sein de la fédération PC du Loir-et-Cher. Il ne peut plus les exercer jusqu'à nouvel ordre" -  Emmanuel Leonard, secrétaire départemental du PC 41. 

Enfin ce jeudi 7 mars c'est le maire de Blois qui suspend Alexis Bouchou de toute fonction d'élu municipal.
 

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