Blois : l'acteur Jérémy Bellet, soutenu par plusieurs personnalités, dénonce son agression homophobe sur Instagram

L'acteur et mannequin Jérémy Bellet, originaire de Blois, a dénoncé l'agression verbale à caractère homophobe dont il a fait l'objet dimanche 16 mai sur Instagram. S'il confie en subir "deux ou trois par mois", cette dernière était particulièrement inattendue. 

Jeremy Bellet
Jeremy Bellet © Jeremy Baillet

"En cette journée internationale contre l'homophobie, je tenais à m'exprimer sur une agression dont j'ai été victime". A l'occasion de cette journée, Paris a annoncé vouloir se déclarer "zone de liberté LGBTQI+". En attendant, les agressions verbales à caractère homophobe continuent d'y perdurer. Jeremy Bellet, acteur et mannequin originaire de Blois, en a d'ailleurs témoigné sur son compte Instagram, ce dimanche 16 mai. Ne souhaitant pas revenir sur son agression, il a accepté de se confier à quelques rares médias, dont France 3.

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"Ah, mais t'es pd ? On veut pas de ça chez nous"

Dimanche 16 mai à Paris. Il est 18 heures. Le jeune homme de 23 ans sort d'une séance photo destinée à la promotion de son film. "Avec la crise sanitaire, les loges et salles de maquillage sont peu accessibles, donc je me suis démaquillé très rapidement avant d'aller prendre le métro. Mais en rentrant, j'ai vu qu'il me restait du crayon sur les yeux". S'il lui arrive de porter des tenues extravagantes, ce jour-là, il était habillé "de façon classique : des baskets, un jean, un pull".

Jeremy s'apprête à prendre le métro quand deux inconnus, "assez éloignés", commencent à lui poser des questions. Ils souhaitent connaître leur chemin. "Je ne vois pas de problème à les aider, donc je leur explique ce dont ils ont besoin". Au fur et à mesure de l'échange, les deux hommes l'interrogent sur ses attirances sexuelles. "C'était des questions hors sujet, donc j'ai préféré m'en aller". C'est à compter de ce moment là que les premières insultes sont lancées : "Ah, mais t'es pd ? On veut pas de ça chez nous" ... 

Ils étaient très bien habillés et de manière sophistiquée. Ce n'était pas des garçons de banlieue comme on pourrait le penser.

Jeremy Bellet, acteur et mannequin originaire de Blois

 

Les deux personnes ont continué de suivre Jérémy, qui "ne voulait pas rentrer dans le conflit, d'autant plus qu'elles étaient plus imposantes que moi". Il presse le pas jusqu'à arriver à hauteur d'un couple qui entendait les réfléxions. "Ils m'ont alors demandé si ça allait. Après leur avoir raconté ce qu'il se passait, le mari a vite calmé le jeu et les deux personnes sont parties". 

"Je sais que l'épisode de ce week-end ne sera pas le dernier"

Entre homosexuels, lorsqu'une personne est lynchée ou soumise à des coups, on s'unit et on entoure un maximum la personne". Suite à sa publication, il explique avoir reçu de nombreuses marques de soutien de la part de ses abonnés, mais aussi de personnalités, comme Pierre-Jean Chalençon ou encore Igor Bogdanov. "J'ai aussi eu au téléphone Pascal Soetens et Fiona Gélin, avec qui j'ai travaillé sur mon dernier court métrage, "Un dernier souffle". Ce dernier a justement pour but de dénoncer toutes les formes de discriminations. 

Des agressions verbales comme celle-ci, Jérémy Bellet dit en vivre "deux ou trois fois par mois". Après avoir pris du recul, il estime que son témoignage fait partie intégrante de son combat contre les discriminations et le harcèlement. "Je m'exprime pas mal dans la presse, notamment LGBT, en tant que porte parole d'une communauté minoritaire, alors forcément ça n'attire pas toujours du bon. Je dérange, et c'est quelque chose que je vis depuis que je suis jeune". 

"Je sais que l'épisode de ce week-end ne sera pas le dernier". Le jeune homme de 23 ans en est convaincu : le travail réalisé pour lutter contre les discriminations, l'homophobie et le harcèlement "sera un travail de longue haleine qu'il faudra recommencer à chaque génération". Si le 12 mai dernier, le ministère de l'Intérieur annonçait pourtant une baisse de 15% des actes anti-LGBT en 2020, ces chiffres restent à nuancer. Il prévient même qu'il y a du décalage entre ce bilan, basé sur le nombre de plaintes déposées, et la réalité des agressions.

 

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