"Ce projet doit aboutir" : le maire de Blois réagit à l'enquête préliminaire ouverte par le parquet

Le parquet de Blois a ouvert une enquête préliminaire suite à un signalement d'Anticor, s'alarmant d'un possible détournement de fonds autour du chantier du Clos Saint-Saturnin. Le maire de la ville, Marc Gricourt, a réagi au micro de France 3.

Le 19 novembre, France 3 Centre-Val de Loire révélait qu'une enquête préliminaire avait été ouverte par le parquet de Blois, suite à un signalement de l'association anticorruption Anticor visant la ville de Blois. Selon les documents et les observations de l'association, la réhabilitation et la revente de l'ancienne emprise de l'hôpital psychiatrique, au sud de la ville, pouvaient constituer un détournement de fonds publics.

"Une accusation grave, qui n'est pas fondée"

Ce 21 novembre, c'est également au micro de France 3 que le maire (PS) de la ville Marc Gricourt a réagi à cette enquête, dont il ne savait pas l'existence. "Nous l'avons appris, ce qui est assez surprenant, par France 3", s'étonne l'édile, qui aurait trouvé "intéressant" que la ville soit informée de l'ouverture d'une enquête. Pour lui, "c'est une accusation grave, et qui selon nous n'est pas fondée".

Nous aurons l’occasion de démontrer que tout ce qui s’est fait dans ce périmètre a respecté la législation, les réglementations d’urbanisme et les règles qui s’appliquent dans ce genre de projet.

Marc Gricourt, maire de Blois

Le fond du dossier concerne les sommes importantes englouties par le chantier de réaménagement du Clos Saint-Saturnin, où se trouvait l'ancien hôpital psychiatrique. Après avoir englouti 4,8 millions d'euros d'argent public, ce terrain serait ainsi revendu par la Ville à un promoteur pour la somme de 80 000 euros. Ce dernier prévoit d'y construire 14 logements.

Une démarche vertueuse, mais coûteuse

"Nous avons un projet qui va, il ne faut pas le nier, coûter très cher à la Ville et aux Blésois", reconnaît Marc Gricourt, qui en défend toutefois la nécessité. "C'était une démarche vertueuse dès 2008 de reconstruire la ville sur elle-même." Sur ce périmètre urbain, ce terrain constituerait en effet "le dernier endroit où nous pourrons construire quelques logements". "On est sur un projet coûteux, mais qui doit aboutir", assène Marc Gricourt, qui maintient un "engagement fort" de Blois, "on ne peut pas l'abandonner".

Si certains coûts, comme l'a fait valoir la Ville dans notre article, étaient incompressibles, pourquoi le prix de revente de ce vaste terrain est-il si faible, de l'ordre de 8€ par mètre carré ? Ce rabais n'est "pas exceptionnel", balaie le maire de Blois qui évoque des "accusations surprenantes".

"Une opération d’habitats s’équilibre en fonction du nombre de logements", expose Marc Gricourt. "Avoir repensé le projet pour qu’il réponde mieux aux aspirations du périmètre urbain, notamment les riverains constitués en collectif, a eu cette conséquence de diminuer le nombre de logements prévus et donc d’avoir un équilibre plus difficile à obtenir pour le porteur du projet."

En effet, l'opération, telle que prévue initialement, devait reposer sur deux projets, l'un de logements collectifs porté par un bailleur privé, et l'autre de logements sociaux avec un bailleur social. Mais, devant l'impossibilité d'équilibrer ses comptes, ce dernier s'est retiré, obligeant la Ville et le promoteur privé à revoir leur copie avec une proposition "mixte" compotant moins de logements et un espace végétalisé.

Si vous additionnez la réalité du coût du foncier, de par tous les éléments liés à l'acquisition, à la dépollution [...] si l’on devait additionner tout ça et diviser au m², nous sortions un prix qui n'est pas envisageable pour un promoteur. Et qui ne donne pas en sortie un prix moyen au mètre carré accessible aux acquéreurs. 

Marc Gricourt, maire de Blois

Pour l'heure, il appartient toujours aux enquêteurs de rendre un rapport à la procureure de la République sur ce dossier. La magistrate devra ensuite décider s'il y a lieu d'ouvrir une information judiciaire ou, au contraire, de classer l'affaire sans suite.

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