Portrait. Sonia Bompastor, pressentie pour devenir sélectionneuse de l'équipe de France de foot féminin

Née à Blois, Sonia Bompastor est sur les rangs pour remplacer à la tête de l'équipe féminine nationale de football Corinne Diacre, lâchée par une partie de son staff, dont plusieurs des joueuses, et remerciée par la FFF le 9 mars dernier. Retour sur le parcours sans faute de l'ex-milieu de terrain.

La nouvelle est tombée le 9 mars : désavouée par une partie de ses joueuses, lâchée par son staff après le départ de Noël Le Graët de la présidence de la FFF, Corinne Diacre a été démise de ses fonctions de sélectionneuse de l'équipe de France de football féminin.

"Si elle est arrivée où elle est, ce n'est pas par hasard"

Depuis ce départ fracassant, beaucoup de noms circulent pour reprendre les rênes des Bleues : Sandrine Soubeyrand (Paris FC), Gérard Prêcheur, Patrice Lair (Bordeaux, ex-Lyon, ex-PSG), Éric Blahic (ancien adjoint de Diacre), Sonia Haziraj (France U19F), Sarah M'Barek (Lens, ex-Montpellier), Camille Abily, Hervé Renard, mais aussi Sonia Bompastor (Lyon), l'une des joueuses et entraîneuses les plus titrées du pays.

Attirée par le foot dès l'enfance, Sonia Bompastor accompagne souvent les week-ends son père arbitre aux matchs, tandis que son grand frère jouait dans l'équipe de Mer. Dès l'âge de 8 ans, elle pratique, en particulier au Tours Football Club. Elle s'y entraîne aux côtés d'Elodie Prat, actuellement secrétaire du club, qui se rappelle : "J'ai joué trois ans avec elle en D2, et je pense qu'elle a toutes ses chances pour remplacer Corinne Diacre. Exigeante, bosseuse, c'était une co-équipière exemplaire. Si elle est arrivée là où elle est, ce n'est pas par hasard. "

Une Blésoise en Coupe du monde

En 1998, à 18 ans, détectée lors des coupes régionales, Sonia Bompastor intègre tout naturellement l’Institut National du Football à Clairefontaine. Polyvalente, elle joue aussi bien arrière gauche que milieu défensif.

On la retrouve ensuite à La Roche-sur-Yon, puis à Montpellier, et enfin, en 2006, à l’Olympique lyonnais, avec lequel elle gagne trois titres de championne de France. Son expérience s’élargit lorsqu’elle est engagée aux Etats-Unis par le Washington Freedom, pour deux saisons de la WPS (Women's Professional Soccer).

Elle rentre en France en 2010, participe l'année d'après, pour la deuxième fois, à la Coupe du Monde, puis en 2012 aux Jeux olympiques de Londres. À 33 ans, elle lâche les crampons pour une retraite sportive, après 156 sélections en équipe de France.

À la tête de l'OL : écoute, expérience et rage de vaincre

Depuis avril 2021, elle entraîne l’équipe féminine de l'Olympique lyonnais. Première femme à occuper le poste, elle y démontre ses qualités de coach - écoute, exigence et rigueur - et remporte la Ligue des Champions.

Au sein du club rhodanien, elle a su équilibrer humanisme, autorité et abnégation. Delphine Cascarino, attaquante de l'OL la décrivait, combattive, dans un article du Monde : "Elle a l’ADN de la gagne, elle nous le transmet." Cette rage de vaincre, Élodie Prat confirme que Sonia Bompastor l'a toujours possédée : "Son parcours, tout comme sa carrière d'éducatrice, la positionne bien pour remplacer Corinne Diacre. Son relationnel est très bon avec les jeunes."

Plus que cinq mois avant la prochaine Coupe du Monde, organisée en Australie et en Nouvelle-Zélande. Autant dire l'urgence de désigner la nouvelle ou le nouveau coach de l'équipe de France. C'est le rôle d'une commission de quatre personnes, mandatée par le comité exécutif de la FFF, qui doit auditionner les candidats au poste.

On ne sait pas encore quand la réponse sera connue, mais une date approche : celle du 9 avril, où la France jouera un match amical contre la Colombie à Clermont. D'ici-là, il faut espérer que les Bleues se soient retrouvées un ou une coach.