Pandora Papers : le compte aux Seychelles de Nicolas Perruchot, ancien député et ex-président du Loir-et-Cher

Ancien maire de Blois, ancien député du Loir-et-Cher et président sortant du conseil départemental, Nicolas Perruchot a bénéficié en 2012 d'une société basée au Seychelles et gérée par un prête-nom. L'ex-élu fait déjà l'objet d'une enquête préliminaire pour des mouvements financiers suspects.

La vaste enquête menée pendant plusieurs mois par 600 journalistes de 150 médias à travers 117 pays porte des révélations parfois très locales. Dans le Loir-et-Cher, l'ancien président (LR) du conseil départemental Nicolas Perruchot, déjà épinglé par une enquête de France 3 et de Radio France en juillet, est associé à un compte offshore aux Seychelles par la fuite des "Pandora Papers".

Le cabinet suisse SFM à la manoeuvre

"Un passeport, une quittance EDF, et deux factures d’un cabinet offshore" relient en effet l'ancien élu, qui fut également député du Loir-et-Cher et maire de Blois, à la création en 2012 d'une société baptisée Black Tree Holdings Incorporated, précise la cellule investigation de Radio France.

A l'époque, Nicolas Perruchot vient de perdre son siège de député mais reste conseiller régional. La Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), elle, n'a pas encore vu le jour et n'est créée qu'en 2013.

Une première facture de 2140 euros adressée à SFM Corporate Services, un cabinet suisse spécialisé dans les structures offshore, et l'une des 14 sociétés dont les données ont fuité dans les Pandora Papers.

Une société offshore et un compte bancaire à l'étranger

Les détails des prestations effectuées pour Nicolas Perruchot, identifé par son passeport et une quittance EDF, incluent la création d'une société aux Seychelles et la désignation d'un actionnaire et d'un gérant prête-nom. L'ouverture d'un compte bancaire, probablement en suisse, est également mentionnée.

Une autre facture, émise en 2014, concerne le renouvellement de la société pour la période allant d’octobre 2013 à septembre 2014 pour la somme de 1420 euros. Les Pandora Papers n'indiquent pas, en revanche, le montant des sommes qui ont été mises à l'abri par cette méthode coûteuse.

La transparence, cheval de bataille de l'élu Perruchot

Chantre de la "moralisation" de la vie publique, et notamment de l'activité syndicale, Nicolas Perruchot avait fait de la "transparence" l'un de ses chevaux de bataille.

Cosignataire en 2009 d'un rapport d'information sur les paradis fiscaux dirigé par Didier Migaud, président de la HATVP, Nicolas Perruchot a également dirigé la rédaction d'un "rapport interdit" sur les financements des syndicats en 2011. A l'époque, et depuis 2007, Nicolas Perruchot était vice-président délégué aux finances du groupe parlementaire d'amitié France-Seychelles.

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