"C'est du dialogue de façade" : le ministre Stanislas Guerini tente de convaincre les fonctionnaires avec sa réforme libérale

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Stanislas Guerini à Cheverny ©France télévisions

Le ministre de la Transformation et de la Fonction publiques était en Centre-Val de Loire ce vendredi 17 mai, pour rencontrer des fonctionnaires, et répondre à leurs questions sur la réforme qu'il envisage. Une réforme pour rendre plus attractive la fonction publique, au prix d'un changement complet de modèle.

Opération séduction ce vendredi 17 mai, pour le ministre de la Transformation et de la Fonction publiques. En déplacement à Cheverny, en Loir-et-Cher, Stanislas Guerini a fait face au feu nourri des questions d'une centaine d'agents de la fonction publique. Le (très large) sujet des débats du jour : la réforme libérale de la fonction publique, voulue par le ministre.

Des questionnements nombreux

Flexibilité, attractivité, valorisation des compétences, évolution des carrières, suppression des catégories, et même licenciement : Stanislas Guerini assume vouloir "faire bouger les lignes". Et "je comprends que ça puisse inquiéter", explique-t-il à France 3. Son déplacement en Loir-et-Cher ? Une volonté affichée de "répondre au dialogue, se soumettre aux questions".

Pendant deux heures, le ministre a défendu son projet, le micro circulant de main en main dans un public bien décidé à mettre les choses au clair. Et, au sortir de la réunion, qui s'est déroulée dans un respect républicain de mise, les réactions sont mitigées.

Psychologue de la fonction publique hospitalière, Marine Jullien estime que Stanislas Guerini a "plutôt bien répondu" dans la majorité des cas, notamment sur ses questionnements sur la suppression des catégories et sur les salaires. Elle attend cependant de voir "ce qui va être proposé dans la réforme pour revaloriser cette profession".

Pas de moyens supplémentaires

Semi-enthousiasme peu partagé par la sergente-cheffe Gäétane Ruellan, secrétaire de la section loir-et-chérienne du syndicat national des sapeurs-pompiers (SNSPP-PATS). "Je reste un peu sur ma faim", lance-t-elle. En entrant dans la salle, elle souhaitant entendre parler d'argent, "le nerf de la guerre, d'où découlent nos moyens pour nos interventions".

J'entends parler de carrières individuelles, de plan de carrière, de rémunération, de prime... Quand on fait le parallèle avec les infirmiers, qui ont touché 200 euros, ça ne fait pas pousser un troisième bras, ça ne nous donne pas plus de moyens pour travailler correctement.

Gäétane Ruellan, responsable syndicat SNSPP-PATS 41

Pour elle, la question de l'attractivité de la profession et de la fonction publique passe avant tout par "l'augmentation des effectifs" : "De quelle manière on nous permet de réaliser nos missions dans le service public ? Et quelle est la qualité de notre service public ? On a des problématiques liées... Mais on préfère redéfinir les missions et revoir les catégories", fustige-t-elle.

"Le ministre veut"

Stanislas Guerini, lui, assume :

J'entends parfois que notre système de gestion de la fonction publique serait parfait comme il est. Ce n'est pas exactement ce que j'entends sur le terrain. J'entends des agents qui ont envie d'évoluer plus facilement, des employeurs qui ont envie d'embaucher plus facilement. [...] On pose la question de l'efficacité de la fonction publique, des règles du jeu, de la gestion des agents.

Stanislas Guerini, ministre de la Transformation et de la Fonction publique

Une vision ministérielle qui ne plaît pas du tout à certains syndicats. Et notamment à la CGT et à la FSU, pas invitées à la réunion, et qui avait réservé "un comité d'accueil" au ministre. Résultat, les syndicalistes ont pu s'entretenir une demi-heure avec la cheffe de cabinet de Stanislas Guerini. Pour un "dialogue de façade", regrette Aline Pasnon, cosecrétaire départementale FSU-CGT 41. "Ils disent qu'ils reçoivent les organisations syndicales, mais rien ne change, et le projet sortira presque exactement comme l'a décidé Monsieur Guerini, regrette-t-elle. D'ailleurs, elle l'a dit : "le ministre veut". Donc le ministre va faire."

Des économies à venir ?

Aline Pasnon estime ainsi que "on vit dans deux mondes parallèles, celui de la réalité et celui du ministère". Selon elles, "on s'entend dire qu'ils sont d'accord avec nos revendications, qu'il faut rendre les métiers plus attractifs. On leur a dit que c'était eux, avec les gouvernements précédents, qui avaient contribué à rendre la fonction publique moins attrayante".

Si Stanislas Guerini se défend de faire "une réforme budgétaire", le ministre est au centre des attentions, alors que des coupes budgétaires de 10 milliards d'euros ont été demandées par le gouvernement à plusieurs grands ministères. Ce qui pourrait affecter leur fonctionnement, et leurs effectifs d'agents publics.

Une réunion de préparation de la réforme est prévue ce mardi 21 mai. Mais, alors que Stanislas Guerini arpentait le Centre-Val de Loire (après Cheverny, il s'est rendu à Amboise), quatre des huit syndicats de fonctionnaires ont annoncé qu'ils boycotteraient la rencontre. À savoir, la CGT, Force ouvrière, la FSU et Solidaires.

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