Départ de Nicolas Perruchot : "Je suis triste pour le Loir-et-Cher", réagit le président de la majorité départementale

Après l’annonce du président du Conseil départemental de Loir-et-Cher de quitter la politique à l’issue de son mandat, les présidents des groupes majoritaires et d’opposition réagissent.

"J’arrête la vie politique, j’ai adoré ça, mais c’est le moment de dire stop", a annoncé Nicolas Perruchot le 4 janvier 2021.
"J’arrête la vie politique, j’ai adoré ça, mais c’est le moment de dire stop", a annoncé Nicolas Perruchot le 4 janvier 2021. © Vincent Isore/IP3/MAXPPP

"J’arrête la vie politique, j’ai adoré ça, mais c’est le moment de dire stop ", a annoncé Nicolas Perruchot dans les colonnes de la Nouvelle République le 4 janvier dernier. Une nouvelle qui a sonné tous les élus du Conseil départemental, et tout particulièrement les membres de la majorité. "Je pense que ceux qui étaient là avec moi autour de la table étaient surpris", raconte Pascal Bioulac, le président du groupe majoritaire au département et maire de Lamotte-Beuvron, qui explique que l’annonce s’est faite au cours d’une réunion de l’exécutif. "Ma première réaction c’est de la tristesse et du regret mais aussi de la compréhension par rapport à la décision d’un homme blessé."

J’arrête la vie politique, j’ai adoré ça, mais c’est le moment de dire stop.

Nicolas Perruchot - Président du Conseil départemental de Loir-et-Cher

Deux affaires agitent violement la fin de mandat de Nicolas Perruchot. La première révélée en septembre, rend publique un enregistrement audio réalisé durant une réunion et au cours de laquelle le président du Conseil départemental aurait déclaré que 80% des électeurs sont "des cons". 

Le coup de massue est porté par le Canard Enchaîné fin décembre lorsque l’hebdomadaire révèle que Nicolas Perruchot se ferait construire une villa en corse grâce à un prêt bancaire supposé très avantageux. Visé depuis par des insultes sur les réseaux sociaux et des dégradations sur son domicile, le chef du département, en accord avec sa famille, a donc décidé de se retirer de la vie politique a l’issue de son mandat.

"C’est un ensemble qui fait qu’à un moment ca craque, analyse Pascal Bioulac. Il a un instinct de sauvegarde de sa famille et je comprends sa décision même si je la regrette. Moi je trouve que c’est dommage parce qu’on gâche des talents. Je suis triste pour le Loir-et-Cher et ses habitants. On va se priver de quelqu’un qui a des compétences et une bonne vision des choses."

Le maire de Lamotte-Beuvron voit dans ces scandales à répétition "de l’acharnement". Ce mercredi 6 janvier encore, l’hebdomadaire satirique publiait un nouvel entrefilet pour rappelle que Nicolas Perruchot avait omis de déclarer sa résidence à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique. "On tire sur l’ambulance. On en remet une louche sans avoir rien de nouveau et pas plus de précisions que ce que l’on disait 15 jours avant", dénonce Pascal Bioulac.

Lorsqu’on l’interroge sur la provenance de ces attaques, le chef du groupe UPLC (Union pour le Loir-et-Cher) regrette ne pas savoir d’où elles proviennent : "C’est difficile de monter sur un ring et de ne pas savoir contre qui on se bat. Mais il semblerait qu’il y ait une certaine orchestration. Il y a quelque chose qui n’est pas naturel."

Cette fin de mandat en pleine crise sanitaire, sans échéance précise après le report des élections régionales et départementales et entachée par ces affaires, promet donc d’être difficile pour les élus départementaux, mais selon Pascal Bioulac, cela ne perturbe en rien le travail en cours : "Nicolas Perruchot n’a pas dit qu’il arrêtait, il a dit qu’il ne se représenterait pas donc il est toujours en place et c’est lui qui pilote le navire. Chacun est au travail, il n’y a pas péril en la demeure. Le mandat n’est pas finit, et on va au bout."

" La LIGUE des traitres, des jaloux, des frustrés ... tourne au carburant de la perversité narcissique !" 

L’opposition n’a pas été moins stupéfaite par l’annonce du patron du Loir-et-Cher. "Je l’ai appris par la bouche de Nicolas Perruchot lui-même qui m’a appelé dimanche soir, raconte Geneviève Baraban du groupe Loir-et-Cher Autrement. C’était très inattendu dans la mesure où il est vraiment très engagé. Les projets qui sont lancés le sont dans la durabilité et il y avait mis beaucoup d’engagement et de cœur."

Dans un communiqué publié sur le site internet du groupe des élus de gauche, la cheffe de l’opposition ne mâche pas ses mots pour qualifier "la cabale organisée pour le déboulonner": "La LIGUE des traitres, des jaloux, des frustrés ... tourne au carburant de la perversité narcissique !", écrit-elle, visant les commanditaires des attaques dont elle dit également ignorer de qui il s’agit. "Dans le Loir-et-Cher, c’est complètement inédit ! Et je pense que les réseaux sociaux n’y sont pas pour rien. Je pense que le montage est un petit peu complexe. Il y a les gros bonnets sans doute et les petites mains… c’est très pervers."

Je trouve ça ahurissant, au 21e siècle, de procéder encore par des méthodes souterraines, sournoises, perfides. C’est juste insupportable.

Geneviève Baraban - Présidente du groupe Loir-et-Cher Autrement

Geneviève Baraban reconnait ne pas avoir de grande affinité avec Nicolas Perruchot avec qui elle a eu un parcours en face à face compliqué lorsqu’elle était dans l’opposition municipale et que ce dernier était maire de Blois. Mais elle confesse que depuis, leurs rapports ont évolué "d’une opposition frontale vers une opposition constructive". "J’ai un profond respect pour son engagement. Nous sommes dans une période d’autant plus difficile et dieu sait s’il s’est investi. Et qui dit investissement dit fatigue, renoncement à un cadre familial… et je pense qu’il en a été d’autant plus affecté."

Elle espère désormais que le report des élections, bien que regrettable, permettra de "laisser le temps de déjouer des plans malsains et de rabattre un peu les cartes."

Réaction de Marie-Hélène Millet, groupe Les Démocrates (Centre)

Le groupe LES DEMOCRATES 41 prend acte de la décision de Nicolas Perruchot de se retirer de la vie politique à l’issue de son mandat actuel en juin prochain. Il le fait dans l’objectif de protéger les siens et cette décision doit être respectée pour ce qu’elle est.

Au-delà des polémiques et de procédés regrettables qui se sont développés depuis plusieurs mois contre le Président de notre département, notre groupe tient à saluer l’action conduite sous sa présidence avec la majorité tant en termes de développement économique, d’action sociale, d’aménagement du territoire ou de lutte, au quotidien, contre la COVID-19.

C’est avec cette exigence de poursuite de l’intérêt du Loir-et-Cher et de ses habitants que nous conduirons notre action dans les mois et les années qui viennent. Notre conseil départemental a besoin, plus que jamais, de rassembler ses forces, de se mettre à l’abri de toute manoeuvre politicienne et de trouver les voies de l’apaisement. C’est ce que sont en droit d’attendre tous ceux qui croient en l’action publique et en l’intérêt général.

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