Départementales 2021 dans le Loir-et-Cher : l'élection de Guillaume Peltier à Chambord crée la polémique

Élu de justesse à Chambord avec 50,91% des voix, Guillaume Peltier divise dans le Loir-et-Cher. Ses adversaires de gauche envisagent un recours en raison d'une vidéo postée sur sa page Facebook. Les prises de positions proche de l'extrême-droite du numéro 2 de LR a aussi fracturé son propre camp.
De gauche à droite, Joël Debuigne, Alexandre Avril, Nicolas Perruchot et Guillaume Peltier dans la vidéo publiée en fin de soirée ce 26 juin
De gauche à droite, Joël Debuigne, Alexandre Avril, Nicolas Perruchot et Guillaume Peltier dans la vidéo publiée en fin de soirée ce 26 juin © Capture d'écran Facebook / G. Peltier

La victoire serrée de Guillaume Peltier le 27 juin à l'élection départementale dans le canton de Chambord, avec un score de 50,91% (soit une différence de 136 voix avec le binôme de ses adversaires Gilles Clément et Hélène Pailloux) est-elle définitive ? Pour une partie de l'opposition, la réponse est non. En cause, une vidéo publiée à 21h53 par Guillaume Peltier sur sa page Facebook publique.

Dans cette vidéo, le numéro 2 de LR apparaît en compagnie du président sortant du département, Nicolas Perruchot (LR), du maire de Salbris Alexandre Avril (divers-droite) et du maire d'Huisseau-sur-Cosson Joël Debuigne. Face caméra, le président sortant prend la parole pendant un peu plus de 3 minutes, encourageant les électeurs à "mettre fin à 42 ans de gestion socialiste du canton". En particulier, Nicolas Perruchot avertit contre une éventuelle victoire de la gauche aux régionales, alliée à la France insoumise et aux écologistes : "Si vous faites ce choix, nous aurons beaucoup de difficulté à contrer l'envie des écolos d'une part de se séparer du nucléaire et d'autre part de faire fleurir des éoliennes sur notre territoire."

Une campagne dans une ambiance délétère

Pour une partie de la gauche, cette vidéo, postée à peine deux heures avant la période de réserve, est la dernière étape d'une campagne délétère, et serait susceptible de fonder une demande d'annulation du scrutin. Jérémie Demaline, candidat communiste battu au premier tour, estime par exemple que "toute communication de la part des candidats doit laisser aux adversaires le temps de formuler une réponse", et que son concurrent socialiste Gilles Clément serait fondé à déposer un recours.

Le candidat communiste a dénoncé au passage une campagne délétère dans le plus grand canton du département, sur fond de "mensonges éhontés" formulés par la droite, notamment au sujet de l'état de santé présumé de Gilles Clément. "On a voulu faire croire que la gauche et les Verts allaient arrêter la centrale nucléaire, interdire la chasse et la pêche, mettre des éoliennes partout, alors que ce n'est absolument pas dans le programme, et que ça ne dépend même pas des compétences du département !" s'agace le candidat communiste. "La ficelle est un peu grosse ! C'est logique qu'avec de telles méthodes l'abstention batte des records."

Que dit le code électoral ?

En réalité, la formulation d'un recours à ce stade serait pour le moins fragile. Deux articles du code électoral en particulier ont été invoqués : d'une part l'article L49 interdit la diffusion "par tout moyen de communication au public par voie électronique tout message ayant le caractère de propagande électorale". Publiée à 21h53 vendredi soir, la vidéo de Guillaume Peltier est donc techniquement en règle, à deux heures près.

D'autre part, Jérémie Demaline fait référence à l'article L48-2 : "Il est interdit à tout candidat de porter à la connaissance du public un élément nouveau de polémique électorale à un moment tel que ses adversaires n'aient pas la possibilité d'y répondre utilement avant la fin de la campagne électorale." Le problème ici réside dans le fait que Nicolas Perruchot, dans cette vidéo en particulier, lie l'alliance LFI / EELV / PS (et leurs prétendues conséquences sur le nucléaire et les éoliennes) au scrutin régional et non à l'élection départementale, et que par ailleurs le post Facebook de Guillaume Peltier ne semble pas faire intervenir d'élément nouveau auquel la gauche aurait pu et dû répondre.

De son côté, la préfecture du Loir-et-Cher a indiqué à France 3 qu'aucun recours n'avait encore été déposé concernant l'élection dans le canton de Chambord.

Sollicités le 28 juin, Gilles Clément et Guillaume Peltier n'ont pas donné suite à nos demandes d'interview.

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