"France Relance" : le fond séduit, la méthode beaucoup moins

Tout les feux sont au vert. "France Relance" comme on l’appelle, le nouveau plan de relance du gouvernement est axé écologie, compétitivité et cohésion.

Conseil des Ministres du 3 septembre 2020 au Palais de l'Élysée. De droite à gauche : Jean Castex, premier Ministre, Jean-Michel Blanquer, Ministre de l'éducation nationale de la jeunesse et des sports et Bruno Le Maore, Ministre de l'économie des finances et de la relance.
Conseil des Ministres du 3 septembre 2020 au Palais de l'Élysée. De droite à gauche : Jean Castex, premier Ministre, Jean-Michel Blanquer, Ministre de l'éducation nationale de la jeunesse et des sports et Bruno Le Maore, Ministre de l'économie des finances et de la relance. © Arnaud Journois / MaxPPP

Ils n’ont rien compris à la façon dont on doit gérer cette patrie. Ce plan a été confectionné par des Enarques, il est complètement déconnecté du réel.

Guillaume Peltier


Le cadre est posé. L’interview commence fort. Guillaume Peltier récuse la méthode plus que le fond. "Les provinces, les départements, les territoires… tous les acteurs locaux sont tenus à l’écart. Au lieu de nommer des hauts commissaires, il serait temps de s’appuyer sur les forces vives des territoires. Je note que ce sont encore des Enarques ce qui nous donne une indiction de la manière dont ils voient la France, mais Bercy n’est pas la France et Paris ne résume pas les français !".

Manque de concret

Pour le numéro 2 des LR, le gouvernement est passé à côté de son objectif.

"Que la compétitivité des entreprises, la cohésion et l’écologie soient des axes centraux ; on est tous d’accord. Mais ça manque de concret. On annonce des milliards, des filières, mais quand on regarde dans le fond, y’a pas grand chose."

"Que fait on pour que les jeunes médecins viennent s’installer dans les déserts médicaux ? Pourquoi la refonte complète du système de santé n’est pas à l’ordre du jour ? Il a beaucoup d’oubliés dans ce plan."

Mieux vaut tard que jamais

Le constat est moins dur pour Antoine Bonneville, ancien président du Président de la Chambre Régionale de Commerce et d'Industrie du Centre Val de Loire.

"Globalement, je suis content car je considère que le gouvernement à pris la mesure du problème. C’est à la hauteur de l’urgence. Peut-être un peu tard, notamment pour les impôts de production, mais -mieux tard que jamais- me direz-vous. Ca va dans le bon sens. L’aide à la compétitivité, nous en avons besoin, nous devons recréer de l’industrie, tout ce qui est relocalisation est indispensable."

"Côté entreprise, on a beaucoup avancé. Aide à l’embauche, chômage partiel de longue durée… cela permet une souplesse indispensable car nous ne sortirons pas de la crise avant 6 à 9 moins minimum."

Ne pas attendre de contreparties

"Engager notre pays dans la transition écologique est nécessaire, mais le gouvernement ne doit pas etre trop exigent. L’industrie aura un tiers de l’enveloppe pour se transformer c’est très bien, nous ne les avons pas attendu pour avancer la dessus, mais avant de transformer leur business modèle, elles doivent d’abord sortir de la crise. Elles œuvrerons après pour la transition écologique."

Action, réaction

Le gouvernement veut que les choses avancent, et vite. Le premier ministre a prévenu : si les projets ne sont pas menés à bien rapidement, l’argent sera redistribué aux autres ministères.

Et comme l’administration française est plus connue pour sa lenteur que pour sa rapidité, tous les projets seront centralisés à Bercy afin d’engager 30% des sommes d’ici à la fin de l’année 2021. La grande difficulté de ce plan ne sera pas d’avoir de l’argent mais bien de le dépenser efficacement et rapidement.
 
 
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